‹ La science géologique: ses méthodes, ses résultats, ses problemes, son histoire. 2. éd., rev. et augm. d'un index alphabétiqueChapitre 222 sur 356 · CIIAP. XII. — PALEO-GEOGRAPHIE. — ÉVOLUTION DES CLIMATS · texte numérisé non relu

CIIAP. XII. — PALEO-GEOGRAPHIE. — ÉVOLUTION DES CLIMATS

sommet au pôle Sud et sa base au pôle Nord, expliquerait l'accumulation des cocilinents en trois grandes masses boréales avec une mer au pôle arctique et l'élévation de l'Antarctide.

Si l'on voulait absolument trouver dans l'hémisphère Nord des faces de polyèdre, on pourrait les voir dans les massifs primitifs de noire planche I, que séparent des arêtes méridiennes phis récemment plissées. \ers le pôle Sud, c'est, au contraire, le dessin des arêtes saillantes que semblent faire ressortir les chaînes montagneuses.

B) L'ÉVOLCTION DES CLIM.\TS. HISTOIRE DES ZONES CAHACTÉRISTIQUES MAR- QUÉES PAR LES CORAUX, LES FORMES VÉGÉTALES OU LES PHÉNOMÈNES GLACIAIRES.

— Les formes de la vie sont directement subordonnées aux conditions climatologiques de température plus ou moins élevée, d'humidité plus ou moins grande, d'air plus ou moins pur, etc. Aussi, constatant pour les organismes animaux et végétaux l'évolution, qui nous a servi à établir notre série slratigraphiquc, est-il intéressant de rechercher dans quelle mesure cette évolution a pu être déterminée, ou influencée, par les variations générales ou locales des climats au cours de l'histoire géologique. On est conduit, par ailleurs, à imaginer que la soudaineté apparente de certaines étapes brusquement franchies dans cette évolution, tient souvent à ce qu'un phénomène nouveau a, tout à coup, apporté, en des régions où les anciens êtres s'étaient perpétués, des espèces, qui, en un point plus favorable, avaient évolué pendant le même temps ; il faut pouvoir se rendre compte dans quelle mesure un changement de température, le soulèvement d'une chaîne montagneuse ou sa disparition, l'arrivée d'un courant boréal ou une communication nouvelle établie avec la mer des tropiques, ont pu favoriser ces accidents. Enfin, les grands changements généraux, subis par la température, par le régime des pluies, par les actions magnétiques, etc., à la surface de la Terre, ayant des chances pourprovenir inilialementd'unecause solaire, toute constatation précise à ce sujet pourra nous servir plus tard à tenter ces évaluations en années, qui sont une des ambitions, pour le moment les plus irréalisables, de la géologie. Quand on cherche à apprécier la température de 1 air ou des eaux à d'anciennes époques géologiques, c'est toujours par l'examen des êtres ayant vécu à cette époque et par leur comparaison avec des êtres actuels que l'on opère. On fait ainsi, tout d'abord, une constatation importante, c'est que, depuis le moment où nous trouvons des traces de vie sur la Terre, les températures maxima n'ont jamais dû être très supérieures à celles que nous observons, puisque des êtres analogues ont pu vivre, c'est-à-dire qu'entre le précambrien et la fin du

tertiaire où nous vivons, un refroidissement notable des zones chaudes du globe ne s'est jamais fait sentir : ce qui correspond avec celte observation importante que certaines formes vivantes se sont perpétuées sans modilication à travers toute l'histoire géologique.

Cependant cela ne veut pas dire que les climats terrestres soient restés toujours les mêmes. Ils ont dû, au contraire, constamment changer, comme nous le constatons aisément pour les périodes très récentes dont la faune terrestre nous est mieux connue. Mais, quoi qu'on en ait dit, la plupart de ces changements ont dû être des manifestations locales, ayant leur contre-partie ailleurs par un déplacement des courants atmosphériques, plutôt que des phénomènes généraux'. Dans l'ensemble, on admet d'ordinaire que les climats auraient commencé par être uniformes d'un bout à l'autre de la Terre, sans différence sensible entre les pôles et l'équateur; la température équatoriale actuelle aurait existé approximativement sur toute la superficie terrestre : ce que l'on a voulu expliquer par un diamètre apparent du Soleil assez grand pour que les rayons aient pu arriver partout parai lèlement. Peu à peu, les diverses portions de la Terre ont pris une individuahté de plus en plus grande et les changements de la faune et de la flore y sont alors devenus déplus en plus indépendants les uns des autres (ce qui contribue à rendre très difficile la synchronisation précise des niveaux tertiaires). Chaque grand plissement montagneux a, en outre, déterminé un abaissement local de la température, qui a fait sentir son influence plus ou moins loin.

Nous allons essayer de suivre cette transformation en recourant, à la fois, pour les continents, à la flore et, pour les mers, à la distribution des organismes coralliens, qui sont à la fois très caractéristiques d'un climat déterminé et très faciles à suivre dans les terrains géologiques. Nous verrons, en môme temps, comment l'observation des phénomènes glaciaires aux divers âges apporte un utile enseignement.

Les récifs coralliens sont aujourd'hui localisés dans une zone tropicale, qui ne s'étend pas à plus de 30 degrés des deux côtés de l'équateur. Les organismes coralliens ne peuvent vivre que dans une eau tiède et pure, à une température d'au moins 20° et à une profondeur moindre de 37 mètres. En admettant, comme c'est très logique, qu'ils aient toujours exigé des limites de température à peu près semblables, on se trouve très précisément renseigné, par leur présence dans un terrain, sur les conditions où celui-ci s'est déposé.

En ce qui concerne les premiers âges, leur présence générale ne fait

1. On peut également faire intervenir la teneur variable de l'air en acide carbonique.

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