CHAP. XII. — ÈRE DES MOUVEMENTS PRIMITIFS (ALGONKIEN
rÉcosse; la chaîne calédonienne dans les Grampians d'Ecosse ; la chaîne hercynienne dans le Plaleau Central; enfin la chaîne tertiaire dans les Alpes.
III. — Description de la Terre pendant les diverses périodes géologiques ^
A) Erb des mouvements primitifs, PRÉcAMBniExs ET CALÉDONIENS. Archécn et Algonkien (1). — C'est à la période, dite précambrienne, ou algonkienne*, que l'on peut faire commencer la stratigraphie précise et fondée sur l'évolution des organismes. Toute trace de vie antérieure échappe à nos recherches; par conséquent tout essai d'équivalence slratigraphique, portant sur des terrains plus anciens, reste forcément conventionnel et hypothétique. Du précambrien lui-même, nous ne connaissons, à coup sûr, sous ce nom, quune très faible fraction, celle où des circonstances particulièrement favorables se sont trouvées préserver de la destruction quelques restes organisés'; partout ailleurs. les terrains, qui représentent en réalité l'époque précambrienne, nous apparaissent, comme les étages antérieurs au.xquels on réserve le nom d'archéens, masqués et rendus méconnaissables par les effets du métamorphisme, sous la forme de gneiss, micaschistes, etc. ; il faut donc apporter une extrême prudence dans l'appréciation de ce qu'a pu être, pendant une période aussi mal connue, la répartition des continents et des mers, et l'idée môme d'une géographie précambrienne pourra paraître singulièrement prématurée. On doit cependant déjà à Dana un essai de ce genre pour l'Amérique du Nord, où apparaît, entre deux mers, une zone continentale, courbée à peu près suivant la traînée des lacs et, pour les autres pays, l'élude des plissements rattachés à cette période peut aider à préciser cette géographie primitive.
1. En dehors des traités de géologie classique, on trouve une bonne description des diverses périodes géologiques dans Ebnst Koke.n, Die Vorwelt und ihre Entwickelungggeschichte, Leipzig, 1893.
2. Pour raconter cette histoire des mers, il est nécessaire d'employer les noms géologiques des terrains; je rappelle qu'on en trouvera le sens et l'ordre de succession dans le tableau de la page iii bis, dont les numéros d'ordre sont ici reproduits entre parenthèses. On désigne souvent les terrains antérieurs aucambrien sous le nom de série azoïque, ou agnoslozoTque. On peut également y distinguer : !• un orc/iéen, ou crislallophyllien, dans lequel on a séparéaux Etals-Unis un faciès granitolde {laurentien) cl un autre schisteux (keewatin), et i' un algonkien. qui est notre précambrien. Celui-ci, dansla région desGrands Lacs Américains, commence parle huronien et se termine par le keweenawien. On lui a parfois appliqué aussi le nom de laconique.
3. On trouvera, page 200 et, plus loin, page 670, l'histoire sommaire des êtres organisés.
Dans les régions septentrionales, nous avons déjà vu' comment, avant môme celte époque précambrienne, puis surtout vers la fin de cette période, une grande chaîne plissée avait dû s'étendre depuis le Lac Supérieur aux États-Unis, jusqu'aux Highlands d'Ecosse, à la Dalécarlie suédoise et à la région du lac Onega, en Finlande -. Dans toutes ces régions, la mer précambrienne est venue recouvrir du gneiss plissé, tandis que ce gneiss, plus au Sud, était resté horizontal ; les sédiments précambriens y prennent, en outre, un caractère détritique de grès grossiers et conglomérats, qui n'existe pas plus au Sud et qui accuse la proximité d'un rivage vers le Nord (conglomérais cuprifères du Lac supérieur, sparagmite de Scandinavie, conglomérat Karélien de Finlande, etc.) Mais le premier mouvement du sol, sur lequel nous ayons des notions d'âge réellement précises, est celui qui, dans les mêmes régions septentrionales, a séparé le précambrien (1) du cambrien (2) et qui constitue ce qu'on appelle souvent la chaîne huronienne (bien que son âge principal soit postérieur au huronien).
Camhrien ("2). — A partir du cambrien, il est permis de songer à reconstituer une géographie. On voit alors apparaître, sur la carte, un grand sillon, désigné sur notre planciie IV, p. 487, sous le nom de Mer Intérieure : sillon marin, dont l'intérêt théorique est, comme je l'ai déjà dit plus haut, considérable ; car, à toutes les époques de la géologie, nous le retrouverons, avec le même point de départ approximatif en Amérique vers le golfe du Mexique et des branchements variables en Europe, séparant l'une de l'autre deux masses continentales particulièrement stables et particulièrement anciennes : la masse paléarctiquc et la masse brésilo-africaine, où, jusqu'à nouvel ordre, paraissent faire défaut les sédiments cambricns.
Cette période cambrienne est caractérisée par la « faune primordiale » du géologue Barrande.
Les sédiments affectent, dès lors, avec netteté, là où ils n'ont pas été altérés par un métamorphisme postérieur (en Russie, par exemple), des caractères analogues à ceux des périodes plus récentes; ce sont les mômes alternances de grès, schistes et calcaires, empruntées à la destruction de semblables roches cristallines par des mers identiques.
On a cependant cru remarquer qu'en principe les dépôts littoraux jouaient, à cette époque, un rôle plus important et oiîraient une exten-