‹ La science géologique: ses méthodes, ses résultats, ses problemes, son histoire. 2. éd., rev. et augm. d'un index alphabétiqueChapitre 230 sur 356 · Pages 40â à · texte numérisé non relu

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2. La principale discordance est entre le keweenawien (sommet du précambrien) (l) cl le cambrien (2) ; mais on en observe une autre précédemment, dans la région des Grands-Lacs, avant le huronien (i).

CHAP. Xlf. — ÈRE DES MOUVEMENTS PRIMITIFS (CAMBRIEN) 487

sion plus grande qu'ils ne l'ont fait dans la suite : on y a observé, avec une fréquence spéciale, les rides dues au clapotis des vagues et l'on a cru pouvoir en conclure que les côtes siluriennes* étaient mal fixées, bordées par des mers peu profondes, dont les empiétements sur les terres surbaissées étaient constants, donc que le relief du sol était alors peu accentué^.

Cette idée peut à la rigueur se défendre, si l'on admet, comme j'en ai montré plus haut la vraisemblance, une évolution progressive de la structure terrestre. Il semble, en effet, rationnel que, sur une écorce terrestre moins anciennement constituée, les mouvements, produits par la contraction nécessairement plus faible du noyau interne, aient dii être alors moins intenses, étaient produit un relief moins prononcé, que les plissements mêmes, n'étant pas influencés et troublés par tous les accidents antérieurs, aient dû affecter une allure plus régulière ; enlin que le rôle des effondrements ait dû être moins considérable. Cette dernière influence surtout, qui, aux époques les plus récentes de l'histoire terrestre, s'est traduite par de véritables cataclysmes, paraît, comme je l'ai remarqué, avoir dû aller en croissant à mesure que cette histoire s'avançait. On est donc naturellement amené à supposer que les rivages de l'époque primordiale ont pu être moins sinueux, les chaînes moins hautes et les dépressions moins profondes'.

Cependant il ne faut pas oublier que, suivant une remarque antérieure, les terrains cambriens, par suite de leur ancienneté même, nous sont connus dans des conditions très imparfaites et sans doute aussi très incomplètement*. C'est ainsi que la proportion apparente des calcaires a dû y subir une réduction très notable : le premier effet du métamorphisme étant d'éliminer la chaux, soit pour laisser seulement son résidu argileux, soit pour lui substituer de la silice. Bien des formations, qui auraient présenté des caractères de mers relativement profondes, peuvent donc nous échapper.

En outre, les observations, auxquelles je viens de faire allusion, sur l'aspect littoral des dépôts, ont toutes été faites dans la mer étroite et longue, à laquelle j'ai donné plus haut le nom de mer intérieure : mer généralement située au Sud de la chaîne primitivement plissée, bien

1. Le cambrien (2) forme aujourd'hui la plus ancienne division du silurien (2 à 5).

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