CIIAP. XII. — ÈRE DES MOUVEMENTS TERTIAIRES (GÉNÉRALITÉS
nient à une autre raison, et on a supposé qu il pouvait être dû à ce que, dans 1 Himalaya, les glaciers n'auraient pas exercé au mùine degré leur action destructive. Conformément à la remarque précédente, on peut noter combien les Alpes et l'Himalaya, peu érodés, semblent pauvres en filons métallifères tertiaires.
Étant donnée l'individualité de plus en plus grande, que prennent les régions géographiques, à mesure que l'on avance dans l'histoire et, par suite, le manque de généralité, qui, lorsqu'on arrive au tertiaire, enlève beaucoup de leur intérêt à la multitude des observations locales ', je me bornerai a raconter ici les mouvements tertiaires dans nos régions européennes ou môme françaises, en insistant surtout sur les caractères, semblables à ceux de la période hercynienne, qui expliquent ceux-ci en les répétant et les précisant.
La lin du crétacé supérieur et le commencement du tertiaire sont, en France, des périodes de recul de la mer, qui tend peu à peu à se concentrer entre ses rivages actuels, pour refaire une incursion nouvelle vers l'époque stampienne (47). Les mouvements marins de l'époque tertiaire, si considérables qu ils puissent être, nous apparaissent néanmoins de peu d'amplitude à côté de ceux des périodes précédentes; les masses continentales occupent, en effet, déjà, dès ie début, d'une façon stable, les zones du globe où nous les trouvons aujourd'hui et des déplacements, qui peuvent paraître tout d'abord énormes, comme celui de la Méditerranée descendant depuis la Suisse ou le bassin de Vienne jusqu'à sa place actuelle et môme l'enfoncement des derniers continents de l'Atlantique Nord, ne sont rien à côté de ceux qui, précédemment, ont séparé le Brésil de l'Afrique et l'Afrique de l'Inde.
On peut remarquer que les dépôts de cette période tertiaire, ayant été, bien moins que les précédents, détruits par les érosions ou transformés par le métamorphisme, nous font connaître particuUèrement bien des faciès lacustres ou même tout à fait continentaux, aux dépôts toujours peu épais et par suite généralement disparus, à moins de circonstances spéciales, dans les étapes antérieures. Il est notamment toute une catégorie de phénomènes très intéressants, tels que les décompositions à l'air, les formations d'argiles à silex, les transformations des matières organiques en phosphates, ou même en nitrates,
1. Quand on arrive au lertiaire.la distinction paléontologique des étaj^es, ne pouvant plus s'appuyer sur l'évolution des Ammonites et des Belemniles, devient très incertaine. Nos subdivisions stratigraphiques correspondant à des périodes très courtes, les espèces sont rarement cantonnées dans un étage. Si Ton ajoute l'importance prise par les caractères locaux et par les faciès continentaux lacustres ou lagunaires, on s'expliquera que les noms et les limites des étages varient d'auteur à auteur et, pour ie même auteur, d'année à année.
que nous allons voir se passer en quelque sorte sous nos yeux.
Ce n'est pas d'ailleurs que le métamorphisme soit absent dans ces dépôts tertiaires ; mais il est souvent incomplet ; ce qui nous permet, en observant côte à côte ses divers stades, de reconnaître la disposition primitive et de rattacher l'une à l'autre des formations, qui apparaissaient, au premier abord, disparates. Ainsi l'on a pu étudier, entre autres, les progrès de la silicification sur des bancs calcaires, la disparition des gypses et sels aux affleurements, la transformation des calcaires dissous en un résidu argileux, etc., et toutes les apparences illusoires d'un mouvement profond, qui peuvent résulter de l'augmentation ou de la diminution de volume des terrains superficiels dans ces transformations ; ce sont des points que j'ai déjà touchés, quand nous avons étudié la « géologie en action ».
La seconde partie du tertiaire (oligocène, miocène et pliocène, 47 à 56), par le seul fait qu'un grand soulèvement nouveau vient de dresser des roches montagneuses, sur lesquelles commence à porter une érosion nouvelle, redevient une période de formations ferrugineuses.
Il s'y ajoute les altérations superficielles des plateaux continentau.v, dont les produits tertiaires ont souvent pu subsister jusqu'à nous et, dans certains cas, la destruction immédiate de filons pyriteux, en connexion avec les déplacements internes de matières ignées, qui fournit aux eaux des masses de fer à reprécipiter sédimentairement. Pour toutes ces raisons, l'abondance des dépôts ferrugineux a fait appeler parfois le début de l'oligocène, consécutif du soulèvement pyrénéen, un « âge sidérolithique » dans le midi de la F'rance et en Espagne. En môme temps que se forment des minerais de fer, les matières phosphatées ('phosphorites) s'accumulent dans les crevasses des plateaux calcaires sous l'influence du même régime continental.
L'évaporation lagunairedes eaux, toujours connexe d'un grand plissement, amène de plus d'importantes récurrences gypso-sahnes et le développement du régime lacustre, des lignites.
Dans l'ordre d'idées de la métallogénie, sur lequel nous aurons à revenir, on peut encore remarquer qu'un volcanisme intense, dont les épanchements rocheux intrusifs nous ont été souvent conservés, a déterminé la cristallisation profonde de très nombreux filons métallifères. Ces filons ne renferment guère de métaux tout à fait profonds comme l'étain, mais ils présentent en abondance le groupe des métaux sulfurés (plomb, zinc, cuivre, fer, argent, etc.).
Éocène (41 à 46). Le début de Véoccne (41, 42) marque, par endroits, ainsi dans le bassin de Parîs, un léger progrès de la mer, qui avait