‹ La science géologique: ses méthodes, ses résultats, ses problemes, son histoire. 2. éd., rev. et augm. d'un index alphabétiqueChapitre 241 sur 356 · CIIAP. XII. — KRE DES MOUVEMENTS TERTIAIRES (ÉOCÈNE · texte numérisé non relu

CIIAP. XII. — KRE DES MOUVEMENTS TERTIAIRES (ÉOCÈNE

commencé à se retirer fortement à la fin du crétacé; mais c'est un progrès très momentané. Bientôt le prélude des mouvements alpins se fait sentir sous la forme de rides et de longs sillons marins, entre les Pyrénées et l'Atlas d'un côté, entre les Carpatlies et le désert libyquc de l'autre, amenant en Europe l'introduction de mers tropicales, qui viennent réchauffer sensiblement le climat de la France et de l'Angleterre, le rendre analogue à celui de la mer des Indes.

Nous commençons avec le thanélien (41), ou landénien, que caractérisent, dans le Nord de la France, des caillou.K roulés ou des sables marins glauconieux, puis, dans la vallée de la Marne, les sables blancs de Rilly, auxquels se substituent, plus au Sud, des dépôts d'eau douce, tels que le travertin à végétaux de Sézanne. Puis la mer fait place à une phase fluvio-marine (sparnacienne), pendant laquelle un large estuaire prépare la vallée de la Tamise.

Du sparnacien (42jà l'oligocène (47) la mer avance et recule dans le bassin de Paris, souvent occupé par une lagune saumâtre, avec débouché probable dans la Manche. On a : d'abord, des dépôts lignileux, parfois accompagnés de gypse (sparnacien), avec vastes dépôts de galets et de sables vers le Gatinais ; puis des dépôts marins, les sables nummulitiques yprésiens (43) du Soisscnnais, les calcaires grossiers lutéliens (44) de Paris, les sables barloniens (45) de Beauchamps, d'Auvcrs et de Mortefontaine, auxquels corresj)ondent ailleurs quelques gypses ; enfin la grande masse du gypse parisien, formant l'ancien ludien (passé aujourd'hui dans l'oligocène).

En même temps, il se dépose à Neaufles, dans le Vexin normand, un véritable lit d'ossements, un bone-bed sparnacien, analogue à ceux du rhélien, qui peut fournir la clef de certains gisements phosphatés.

Ailleurs, dans l'Algérie et la Tunisie, une transgression, qui gagne progressivement jusqu'à l'oligocène, dépose : d'abord les craies phosphatées yprésiennes (43) de Tébessa et du Kalaat-es-Senam, puis celles de Gafsa, qui appartiennent à l'éocène moyen (45).

Avec la fin du lutétien commence le premier mouvement connexe des plis alpins, qui se soit fait sentir en France. Une importante formation détritique, avec blocs dépassant parfois un mètre, le poudingue dePalassou, se prolonge pendant le bartonien et marque le début d'une émersion, qui se produit sur la longue lagune géosynclinale, établie au pied de la chaîne future des Pyrénées à l'époque thanétienne (41)*.

1. Dans la zone prépyrénéenne, les Alpes Orientales et les Carpathes, il s'était déjà produit des mouvements importants avant le cénomanien (36) et peut-être, d'après Ulilig, les charriages des Carpathes seraient-ils de cette époque; mais les mouvements se sont accentués à la fin de l'éocène. Ils ont eu un contre-coup jusque dans le pliocène : le pontien (d3) de Roumanie a pris part aux derniers charriages.

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Quand finit l'éocène, la chaîne pyrénéenne est émergée ; le bras de mer, qui existait auparavant sur le flanc Nord, du golfe de Gascogne à la Méditerranée, a perdu sa communication avec celle-ci et se réduit, dans le bassin de la Garonne, à une large lagune saumûtre, peu à peu ramenée (jusqu'au pliocène) vers la côte actuelle de l'Océan. C'est la phase ordinaire de concentration lagunaire, qui suit d'habitude le soulèvement d'une chaîne et qui, pour la chaîne hercynienne, caractérisait le permo-trias.

La période oligocène (47, 48) marque alors, entre le soulèvement principal des Pyrénées et celui des Alpes, une période de calme relatif, où des tassements locaux, parfois très accentués, amènent néanmoins en France l'introduction des eaux marines ou saumâtres dans un certain nombre de sillons, creusés à peu près parallèlement à la chaîne alpine, dans les vallées du Cher, de la Loire, de l'Allier. La mer persiste dans les synclinaux des Alpes et de l'Himalaya. Le régime nummulitique s'achève.

C'est le moment où la lagune parisienne, qui n'atteignait pas Orléans, s'avance brusquement jusqu'au fond des vallées de l'Allier ou de la Loire, au point qu'on peut se demander si elle ne rejoint pas le Rhône ou la Garonne ; c'est également la période où la vallée du Rhin s'ouvre entre les Vosges et la Forôt-Noire K

Nous sommes alors, en ce qui concerne la France, dans une période, qui, pour la région pyrénéenne, correspond à une phase de démantèlement et d'érosion déjà assez avancés et, qui pour la région alpine, précède, au contraire, le soulèvement proprement dit. lien résulte, dans le massif duPlateau Central, sur l'Avant-Pays hercynien, que les dislocations alpines commencent à ébranler, un conflit et un mélange de ces deux phénomènes, qui y introduisent d'assez sérieuses complications. C'est là, pour le dire en passant, un indice des longues périodes, sur lesquelles ont pu s'étaler également de semblables plissements anciens, qui ne nous semblent presque instantanés et simples que parce que nous les connaissons mal.

Dans tout le Sud-Ouest de la France et jusqu'au Nord du Plateau Central, il faut peut-être rattacher au démantèlement pyrénéen les réactions à caratôre continental, qui se produisent à cette époque sur de très vastes espaces, en érodant, en perforant les plateaux calcaires, et concentrant par endroits des phosphorites et, ailleurs, des minerais de fer.

1. On tronve du trias à 750 mèlrçs d'altitude à Ribeauvillé et à plus de 1000 niùlres de profondeur sous le Khin.

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Je serais porté à croire que le creusement intérieur des grottes et avens dans les plateaux des Causses a pu commencer dès lors, en remarquant ses rapports avec les poches à phosphorites et les poches à rainerais de fer en grains, qui, elles, sont parfaitement datées, ainsi qu'avec les limonites manganésifères, laissées comme un résidu de dissolution calcaire sur ces mêmes plateaux.

Les phosphorites du Quercy représentent très probablement le produit d'une concentration, opérée du bartonien (45» au stampien (47; : soit, directement, sur des matières organiques ; soit plutôt sur un sédiment phosphaté antérieur *.

On peut supposer que les minerais de fer en grains du Berry ont de même pour origine une concentration d'éléments ferrugineux, opérée dans le fond d'une lagune oligocène, qui a dû suivre la vallée du Cher.

De tous côtés, pendant celte période oligocène, dans le Jura, la rranche-Comté, la Lorraine, l'Alsace, le Berry, en Espagne, etc., il se produit à la fois des dépôts semblables, représentant, pour la concentration du fer, l'équivalent continental de ces dépôts oolithiques, qui, pendant le lias et le bajocien, ont marqué une phase si caractéristique dans la destruction du continent hercynien.

En même temps, pendant l'oligocène, le mouvement alpin proprement dit commence par l'enfoncement d'un grand géosynclinal, qui, de la Corse orientale au lac de Genève et au bassin de Vienne, suit, en en marquant déjà la forme générale, la courbe extérieure des Alpes. C'est là que se déposent aussitôt, par le démantèlement immédiat de premières rides naissantes, des sédiments assez particuliers de grès, d'argiles ou parfois de poudingues, très riches en algues, auxquels on a donné le nom de flysch, et que Marcel Bertrand a autrefois assimilés aux dépôts de la lagune carbonifère sub- hercynienne '.

En Suisse, les dépôts oligocènes prennent bientôt la forme d'une mollasse, avec conglomérat de nagelfluh, rongeant des îles instables et se mêlant de gypse (Lausanne, etc.), ou parfois de lignites.

Plus loin, sur la longueur des Alpes futures, les dépôts charbonneux sont abondants, à Haering en Tyrol, à Trifail et Sagor en Styrie et Carniole, dans la vallée de la Zsily en Transylvanie, à Pernik et sur divers points des Balkans en Bulgarie-, marquant bien l'analogie de

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