Loc. cit.. pages 53 et
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lacustres ou fluvialiles des formes marines'; il vivait, en effet, en Saintonge, où des bancs entiers de coquillages apparaissent dans des terrains crétacés ou tertiaires; ses courses, ses arpentages l'amenaient, sans cesse, à parcourir le littoral et là, par un souci d'artiste, il recueillait toutes les coquilles alln d'en orner ses « rustiques figulines»*. Gomment, revenant d'une excursion à Oléron, où il avait été précisément pocher des oursins, n^rait-il pas reconnu des oursins semblables dans les soi-disant pierres taillées, que lui présentait un ami^? En outre, l'attention toujours en éveil, habitué à regarder les terrains pour les utiliser comme verrier ou comme médailleur, il avait parcouru presque toute la France, les Pyrénées, le pays de Nimes, l'Auvergne, la Bourgogne, lePoitou, la Bretagne, le bassin de Paris, le Valois, le Soissonnais, les Ardennes, etc., et partout il avait retrouvé des coquillages dans la pierre, à toutes hauteurs, dans toutes les positions. Son esprit travaillait constamment à s'expliquer ces problèmes et voici, en résumé, ce qu'il avait supposé. Quand les formes marines existaient au voisinage des côtes, rien de plus simple : un retrait de la mer, analogue à celui qu il avait pu observer dans les marais salants du Brouage*. S'ils se trouvaient dans l'intérieur des terres, c'était donc que les terres avaient contenu autrefois des bassins d'eau salée''. Mais, pour échapper le plus possible à cette hypothèse gratuite, il s'attachait à montrer que les coquilles abondaient presque autant dans les eaux des lacs et des fleuves que dans celles de la mer : par exemple, les escargots ou les moules * ; dès lors, il avait dû exister à Paris
1. On attribue communément cette distinction à l'italien Colo.vva.
2. II ne faudrait pas croire que l'on ait attendu le xix» siècle, ou même le xvm», pour récoller des fossiles. Les descriptions, ou même les représentations de fossiles, ne sont pas rares dans des ouvrages anciens, montrant qu'on les recueillait comme curiosités, qu'on les classait dans les cabinets d'histoire naturelle, bien avant d'en reconnaître la réelle nature et en les mélangeant, de la plus extraordinaire façon, avec des cristaux, ou avec des haches de silex, qualifiées de « pierres de foudre». Je citerai seulement, parmi les ouvrages antérieurs au xvii» siècle : 1530. Georgii's AgricoLA, De nalura fossilium (réimprimé à la suite du De re metallica par le même auteur dans l'édition latine de 1657). — 1561. Valeriis Cordls, De fossilibus Germanise. — 1565. Conrad Gessner, De omni rerum fossilium génère, gemmis, lapidibns, melallis, où figurent, entre autres, des entroques, bélemnites, ammonites, oursins, pectens, lymnées, reproduits ensuite dans divers ouvrages, avec des empreintes de poissons sur des schistes, ou des serpules, mentionnés sous le titre : « de lapidibus qui aquatilium animantium effigiem et serpentes referunt ». — 1563. Kentmanms. Nomenclalura rerum fossilium. quœ in Misnia inveniuntur. — Tous les anciens minéralogistes attribuaient aux cornes dammon ou aux bélemnites des vertus médicales et les bélemnites étaient, au moins depuis l'époque romaine, recueillies comme « dards de foudre », ainsi que les entroques comme «pierres stellaires u.
'A. Loc. cit., page 53.