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quelques grands lacs ; dans les montagnes des Ardennes, des « réceptacles d'eau », où vivaient des poissons*.
En môme temps, Palissy exprimait des idées très justes sur l'origine des sources et les nappes artésiennes, sur la cristallisation du salpêtre, etc.
On ne peut pas dire que l'ouvrage de Palissy ait eu, du moins en ce qu il contenait dexact, une influence notable sur ses contemporains, ni ((u'il ait donné une impulsion à la science géologique, bien que Palissy ait fait à Paris, de 1575 à 1584, un véritable cours payant de géologie. Mort de misère à la Bastille, où il avait été emprisonné comme huguenot, il fut à peu près oublié pendant plus d'un siècle * et c'est seulement Fontenelle, Buffon, Cuvier, qui ressuscitèrent sa réputation, alors que ses idées s'étaient trouvées confirmées de tous côtés, sans être connues. Mais les explications, auxquelles il avait été conduit par l'observation, comme-Léonard de Vinci avant lui, étaient trop naturelles pour ne pas être retrouvées encore par d'autres. Elles entrèrent bientôt dans le domaine courant et constituèrent un premier fait géologique admis à peu près par tous '.
Nos terrains sédimentaires s'étant donc formés par un dépôt dans les eaux de la mer ou des lacs, il y avait une conséquence logique à en tirer, d'où devaient découler deux des principales méthodes géologiques; c'était l'horizontalité primitive de ces dépôts, horizontalité entraînant : d'une part, la succession chronologique des terrains dans Tordre de superposition où nous les rencontrons, c'est-à-dire la stratigraphie et, d'autre part, leur plissement ultérieur par un mouvement du sol, là où on les voyait inclinées, c'est-à-dire la tectonique oxxV orogénie.
Cette conséquence essentielle paraît avoir été formulée, pour la première fois, en 1669, par un anatomiste danois, professeur d'abord à Padoue, puis à Florence, Nicolas Stenon^, auquel revient l'honneur
1 . Palissy croyait pourtant, comme la plupart de ses devanciers, à la généralion actuelle des pierres, qui est encore si couramment admise par la plupart de nos paysans.
2. On voit Palissy cité à diverses reprises dans les Anciens minéralogistes de France, par Gakhault en 1579, par Jeande Malus en 4600, parRÉAUMUnen 1718, mais uniquement pour son opinion sur la formation des métaux, où il prétendait qu'il entrait plus « d'eau que d'argent vif et de soufre », contrairement à la théorie ordinaire des aicliimistes.
3. Blkkon. par exemple, en 1748, parle delà présence de coquilles, laissées parla mer dans l'inlérieur des terres, comme d'un fait incontesté. Néanmoins, pour les formes disparues, que Ion commençait à récolter de tous côtés comme des curiosités, l'assimilation, (|ui (levait s'imposer à la longue, était moins évidente. Aussi trouve-t-on, dans de nombreux ouvrages du xvii* et du xviu* siècle, des ammonites, bélemnitos, entroques, etc.. décrits et ligures comme de curieux minéraux {Yoiv Le parfait Joaillier. 1644).
4. De Solido inlra solidum contenta. Disserlationis prodroniits (1669), publié en