OUO
400 milliards.
Cuivre
Zinc
Etain
Nickel .... 1
Antimoine
Argent
Mercure
Tungstène
Bismuth
Or
Molybdène
Cadmium
Sels d'uranium
Platine
Bromure de radium pur ....
Dans son ensemble, ce tableau accuse, jusqu'à un certain point, l'augmentation prévue du prix avec la rareté, tout en monlranl, (l'autre part, ainsi que nous le remarquions plus haut, combien la question commerciale domine en celte matière la question technique. On y trouve en tôle le groupe métallogénique filonicn du plomb, du cuivre et du zinc.
Les observations faites sur la composition moyenne des roches conduisent à accentuer l'isolement et la prédominance de ce groupe, qui est le seul dont on trouve fréquemment des traces dans les analyses. Le zinc, qui a des affinités chimiques assez fortes, paraît
intervenir quelquefois à l'état de silicate ; le cuivre se rencontre le plus souvent dans les pyrites, qui existent elles-mêmes incorporées en individus microscopiques dans diverses roches basiques.
Le plomb serait chimiquement susceptible d'entrer, comme le zinc et môme mieux encore, dans la composition de la scorie silicatée ; car il -"forme divers silicates et, d'après des synthèses de MM. Fouqué et Michel Lévy, il peut exister des labradors ou anorthites plombeux; en réalité, on ne le trouve à peu près jamais dans une analyse de roches, si ce n'est peut-être associé avec de l'apatite : ce qui, en dehors des introductions superficielles très probables, pourrait aider à expliquer la formation fréquente, sur les aflleurements de galène, de la pyromorphite, ce chlorophosphale de plomb isomorphe avec l'apatite. En revanche, son abondance filonienne est grande, comme on le sait et comme suffît à le montrer sa très forte production annuelle. Cette abondance, tout à fait imprévue pour un corps de poids atomique aussi élevé, ne paraît guère explicable que par les propriétés chimiques du sulfure de plomb.
Dans leur ensemble, tous ces métaux sont absolument exceptionnels dans les roches, qui constituent l'écorce terrestre ^ Un seul, \e platine, que l'on exploite uniquement en alluvions, a été considéré d habitude comme se rattachant aux péridotites, dans lesquelles il paraît en exister des traces et c'est pourquoi nous l'avons rattaché tout à l'heure aux ségrégations basiques. Cependant, la localisation très générale du platine alluvionnaire dans les placers aurifères, la découverte d'up certain nombre de filons aurifères contenant du platine ou de l'osmiure d'iridium pourraient provoquer quelques réserves relativement à certains gisements originels du platine.
Pour quelques métaux ordinairement associés dans leurs gisements, M. Vogt s'est efforcé de calculer leur proportion relative, afin d'en tirer des conclusions sur la façon dont ces éléments se sont concentrés dans la métallurgie naturelle. Il a trouvé ainsi qu'il pouvait y avoir, en moyenne : 1 d'argent pour 1.000 à 5.000 de cuivre ou de plomb; 1 d'or pour 2o à 50 ou même 100 d'argent ; 1 de cadmium pour 100 à 1.000 de zinc; 1 de cobalt pour 10 de nickel, etc.
On constate de même que, dans les mines de pyrrhotine du Canada, il entre à peu près 1 de platine pour 50.000 de nickel et 1 d'or pour 250.000 du même métal.
1. Fr. SANDBERiiKR avait cru reconnaître la plupart de ces métaux (cuivre, bismuth, antimoine, plomb, argent, etc.), dans les silicates des roches. W. Stelz.ner a montré, au contraire, qu'ils n'y existent, très exceptionnellement, qu'à l'état de traces sulfurées.
6Ci LA SCIENCE GÉOLOGIQUE
De tels chiffres ne peuvent être considérés que comme une indication approximative sur l'ordre de grandeur, qu'il faut attribuer à chaque élément.
Us suffisent néanmoins pour que, dans l'ensemble, nous puissions ranger à peu près les éléments qui forment l'écorce terrestre, par ordre d'importance, ainsi qu'on l'a vu précédemment.
Arrivé là, on pourrait encore se demander, comme conclusion de cette seconde partie, s'il existe une loi théorique déterminant, en dehors de toute observation empirique, l'abondance de tel ou tel métal, de même que, dans la première partie, j'ai cru pouvoir en établir une pour sa place originelle dans la sphère terrestre. C'est surtout dans cet ordre d'idées que des tentatives avaient été faites antérieurement à cet essai et l'on avait été parfois séduit par certaines relations, qui paraissent exister entre la rareté d'un corps et son poids atomique, surtout lorsqu'on reste dans un même groupe chimique (rubidium et cîEsium plus rares que le potassium ; sélénium et tellure que le soufre ; brome et iode que le fluor, etc.). J'ai été moimême ici amené à invoquer une hypothèse semblable pour classer entre eux les métaux du groupe filonicn. Néanmoins je crois que, dans l'ensemble, on était sur une fausse voie en cherchant, de ce côté, une loi générale et que les coïncidences rencontrées avaient, en général, d'autres causes, sur lesquelles j'ai insisté au cours de cette étude. C'est ainsi que la rareté d'un métal à fort poids atomique me paraît beaucoup moins provenir directement de son poids atomique que de sa position plus centrale dans la sphère fluide; et, sans doute, cette position plus centrale est elle-même, en principe, fonction du poids atomique, comme on l'a vu plus haut; mais beaucoup d'autres phénomènes sont intervenus pour modifier l'ordre primitif, notamment les affinités chimiques ou la volatilité. Et surtout il faut, ce me semble, faire entrer de plus en ligne de compte, comme donnée prépondérante^ la proportion primitive des divers éléments chimiques dans la Terre. Or cette proportion pourrait bien, il est vrai, être réglée par quelque loi géométrique de cristaUisation, si l'on admettait que la Terre résulte directement dune condensation en éléments chimiques, opérée, à la faveur de forces qui nous échappent encore, sur une matière cosmique originellement identique dans toutes ses parties. Mais la conclusion est contraire si l'on suppose que la Terre a été constituée, sous sa forme individuelle, par des éléments chimiques déjà formés, par le concours d'atomes ou de parcelles matérielles plus ou moins grandes, ayant déjà pris, à ce moment, les caractères et la structure de nos éléments chimiques. Or c'est cette dernière conclusion qui me paraît résulter de
noire première loi. Si les éléments se sont classés dans la splùro fluide à des distances du centre d'autant plus grandes que leurs atomes étaient plus légers, il faut, en effet, que ces atomes aient déjà existé, dès ce moment, avec le poids atomique que nous y mesurons* et alors la proportion première des éléments ne peut être que tout à fait acciden- .telle. Je n'ai pas besoin de faire remarquer l'intérêt que présenterait cette conclusion, si elle était admise, pour les tentatives de transmutalion', qui, depuis quelques années, occupent l'esprit de tant de chimistes éminents.
1. A moins de supposer que leur constitution moléculaire n'ait été le résuîtatmême des réactions quelconques subies dans ce classement.
2. 11 semble en résulter que ni la température ni la pression ne sont susceptibles d'opérer cette transmutation. Parmi ies agents connus, on pourrait seulement penser aux forces électriques, puisque les corpuscules cathodiques sont, on le sait, identiques entre eu.\ quel que soit le métal. Dans ce sens, on est arrêté, jusqu'à nouvel ordr>\ par limpossibilité d'en arracher plus d'un très petit nombre. En effet, dans la théorie courante, la charge deleclricité positive devient de plus en plus forle, à mesure qu'on soutire des parcelles électrisées négativement.