CHAP. XVI. — LE TRANSFORMISMK ET LA PALÉONTOLOGIE
n'apparaît possible qu'avec les arachnides dévoniens*; mais, pendant le dévonien même, les animaux ne s'éloignent encore guère des eaux : ce sont des batraciens, formant la transition entre les poissons et les
Fig. 50. — Pterodactylus spectabilis, Meyer, duporllandien (31) d'Eichstâtt (Bavière). Type de saurien ailé (ptérosaurien) jurassique, 2 3 grandeur naturelle.
reptiles, ayant encore des branchies dans le jeune âge et des poumons seulement dans 1 âge adulte-, puis des insectes et des reptiles; la vie, à proprement parler continentale, ne se généralise qu'après le carbonifère'; les premiers mammifères, comme les premiers oiseaux, tiennent encore des reptiles; à partir du tertiaire, brusquement, la faune des mammifères se subdivise et évolue avec rapidité ; enfin, la faune actuelle présente une variété toute particulière de formes, adaptées aux conditions de milieu les plus diverses, spécialisées dans les voies les plus distinctes.
1. Je rappellerai, plus loin, page 680, que, d'après Geoffroy Saint-Hilaire, le larynx et l'oreille ont commencé par être des appareils branchiaux, destinés à respirer l'air contenu dans les eaux. Dans la théorie de Quinton. la vie animale tend à maintenir en chaque être le milieu marin originel, plus ou moins salé, plus on moins chaud, au miheu duquel vivaient ses ancêtres avant de s'adapter à la vie aérienne. Le milieu propice, où serait apparue la cellule primitive, aurait contenu 8 à 9 gr. de sels par litre, à 44°.
2. D'anciens poissons [Dipneustes) avaient à la fois branchies et poumons.
3. Il ne faut pas oublier que, plus un étage est ancien, moins nous en connaissons les types continentaux détruits par l'érosion. Pour avoir une faune de mammifères t-rrcstres, il faut presque nécessairement rencontrer des sédiments fluviatiles ou lacustres. Pour juger de nos ignorances à cet égard, il suffit de se rappeler qu'avant 1882 on n'avait pas encore trouvé de mammifère dans le crétacé.
Si, au lieu de l'ensemble des êtres, nous envisageons un groupe plus restreint, nous le voyons d'ordinaire grandir et se développer à tous égards jusqu'à un point culminant, auquel succède vite la destruction, avec longue survivance de quelques épaves.
L'histoire des Trilobiles est caractéristique à cet égard (iig. 11, p. 200). Ce sont des crustacés marins nageurs que l'on trouve dès le précambrien, mais dont l'ère de prospérité correspond au silurien, où ils comptent 7o genres et plus de 900 espèces. Avant la fin du primaire ils ont complètement disparu.
De même, les brachiopodes comptent parmi les animau.x les plus anciens (cambrien inférieur) (2) ^ ; ils atteignent leur apogée à la fin du silurien (4) ; puis le nombre des espèces diminue peu à peu ; dans le carbonifère (11 à 13), les groupes des productidés et des spiriféridés y prennent la prépondérance ; le premier disparaît dès le permien (14), le second dans le jurassique inférieur( 2oj. Pendant le jurassique, quelques espèces, comme les térébratules et les rhynchonelles, sont extrêmemen l riches en individus et évoluent avec une certaine rapidité, ce qui en fait des fossiles caractéristiques ; mais le nombre des espèces se réduit encore. Enfin, à l'époque tertiaire, la décadence s'accentue et, aujourd'hui, à la place des 6.000 espèces de brachiopodes ayant existé jadis, il en subsiste seulement 140, qui, par un phénomène essentiel à signaler, appartiennent, à peu près toutes, à des formes très anciennes.
Parmi les mollusques, dans le groupe si important des céphalopodes (ammonites, bélemnites, etc.), on observe quelque chose de semblable; le type le plus ancien est celui des tétrabranchiaux à système nerveux très primitif (4 branchies et 4 oreillettes), (dont, par une contradiction analogue à celle que je viens de signaler pour les brachiopodes. le nautile représente encore une survivance actuelle) ; plus tard, seulement, sont venus les dibranchiaux (2 branchies et 2 oreillettes), tels que les bélemnites^ et, très probablement, les ammoniles^au système nerveux formé de nombreux ganglions bien distincts, à l'œil pourvu de cristallin, tandis que celui des tétrabranchiaux n'en avait pas, etc.
Parmi les êtres plus élevés, \q& poissons apparaissent, dès l'ordovicien (3) par des placodermes à cuirasse de pièces osseuses, mais sans colonne vertébrale ossifiée; ils deviennent très nombreux dans le silurien supérieur (4) (sélaciens cartilagineux analogues à nos requins ; ganoïdes à plaques émaillées et placodermes cuirassés). Pendant