Voir figure 9, page 195 : ûgiires 15 et 15, page
t. Voir figure 21, page 203.
». Voir figures 19 et 20, page 203.
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le dévonicn (5 à 10), l'ossification du crâne commence à être réalisée dans quelques familles de ganoïdes, qui forment alors le règne dominant ; celle du squelette se poursuit dans les périodes suivantes ; néanmoins, comme pour les brachiopodes, on peut remarquer la persistance actuelle de quelques types anciens : les ganoïdes semblent, aujourd'hui seulement, achever de disparaître, remplacés par les téléosléens, auxquels ils ont donné naissance.
L'évolution des reptiles a été très bien caractérisée. Leurs formes inférieures et primitives, adaptées à la vie aquatique, ont des affinités indiscutables avec les batraciens primitifs (stégocéphales) ; leurs formes supérieures (théromorphes) paraissent avoir donné naissance aux mammifères et aux oiseaux, dont elles permettent de comprendre la disposition crânienne. En particulier, la soudure paléontologique des reptiles aux oiseaux est si marquée qu'on a, depuis longtemps, proposé de les réunir dans un même sous embranchement ; les reptiles volants (ptérosauriens) ressemblent à des oiseaux* (fig. 50); d'autre part, l'Iguanodon portlandien (31) est un reptile, dont les membres de derrière annoncent ceux des oiseaux ; les chéloniens (tortues) ont un bec corné, comme celui des oiseaux.
Enfin les mammifères, qui représentent, avec les oiseaux, le dernier type vivant apparu sur la Terre, forment un groupe très homogène dans son plan, mais à variations adaptatives très prononcées-. L'évolution de cette classe d'animaux s'est faite avec assez de rapidité, pour qu'ils puissent servir à dater les terrains.
Les premiers mammifères apparus sont les marsupiaux triasiques, (17), perpétués par les didelphyidés éocènes (41), très développés dans le pléistocène d'Australie (57) et, aujourd'hui encore, par un de ces phénomènes de survivance que nous avons déjà rencontrés, formant des espèces vivantes. Les mammifères proprement dits, ou placentaires, apparaissent seulement avec l'éocène (41) par cinq types, encore peu distincts à ce moment, mais destinés à se bifurquer rapidement :
a) Les créodonles, qui donnent, dès l'éocène, les insectivores (puis, sans doute, les chéiroptères par adaptation au vol) et les carnivores ;
^) Les tillodontes, disparus après l'cocène inférieur et peut-être remplacés par les rongeurs, très spécialisés dès l'éocène inférieur.
1. Leur squelette est pneumatisé comme celui des oiseaux ; le moule de leur cerveau ressemble à celui d'un oiseau ; mais le membre aniérieur, trts différent d'une aile, ne porte pas de plumes et ressemble à une aile de chauve-souris. Zittel les considère comme trop spécialisés pour avoir pu évoluer directement en oiseaux.
2. L'homogénéité de plan différencie les mammifères des reptiles, qui sont très polymorphes. Les oiseaux ont fort peu évolué depuis le crétacé.
Dï Launay. — Science géologique. 43
y) Les condylarthres et les amblypodes, continués par les ongulés ;
5) Les pachylémuriens , perpétués par les lémuriens et les simiens ^
Quels sont les rapports de ces divers groupes entre eux et avec les êtres vivants, c'est ce qu'on a beaucoup cherché. Arrivcra-t-on jamais à reconstituer l'arbre généalogique unique, que rêvent certains? C'est fort peu probable d'après le nombre restreint des types conservés. C'est, d'autre part, ainsi que je l'ai dit déjà, peu vraisemblable par simple induction théorique. En supposant même la filiation réelle, il n'y a, en effet, aucune raison pour que les conditions nécessaires à la production d'un mammifère par un reptile se soient produites une fois seulement ; les mammifères peuvent donc offrir déjà, dans leurs ancêtres reptiliens, plusieurs souches distinctes -, avoir eux-mêmes commencé par plusieurs types indépendants, qui ont continué à se différencier.
De fait, la plupart des paléontologues sérieux semblent avoir aujourd'hui renoncé à ces rapprochements d'origine entre animaux très différents, qui ont eu leur moment de vogue ^. Entre les grandes espèces, les sutures nous échappent et celles que l'on a imaginées sont le plus souvent tout à fait problématiques. Ce qui frappe au contraire d'abord, dans le passé comme dans le présent, c'est la netteté avec laquelle ces grandes espèces se séparent habituellement les unes des autres.
On peut cependant restreindre ses prétentions et considérer comme un troisième argument en faveur du transformisme la filiation, ou la transition, réellement constatée parfois entre les ancêtres de deux espèces, aujourd'hui distinctes, dont, en remontant l'échelle des temps, on observe la convergence vers une souche commune.
Malgré les déboires de la phylogénie, on a obtenu des résultats intéressants, déterminé quelques séries continues de formes (l'ormenreihen de Neumayr), observé quelques variations dans le temps (mutations de Waagen), surtout pour des groupes inférieurs, comme les échinode'*mes, les brachiopodes, les gastropodes, les lamelli-
1. On sait (juc la différenciation s'accuse dans le systf-me dentaire, qui, chez les premiers mammifères comme chez la plupart des reptiles, était composé de dents toutes semblables, coniques, très simples, et qui, dans les espèces suivantes, a été influencé par le régime (dents en lamelles des herbivores, etc.).
2. Les mammifères ont dû avoir deux souches déjà distinctes dès le trias.
3. Généralement toutes les découvertes importantes, qui sont venues combler quelque lacune dans la série stratigraphique des faunes, ont renversé les échafaudages construits d'avance : ainsi quand on a trouvé la faune des vertébrés crétacés de Laramie qui aurait dil fournir les ancêtres immédiats des groupes tertiaires. Les faunes de l'Inde, de la Patagonie, etc., ont causé d'égales surprises. Pour 2 300 espèces vivantes de mammifères, on n'en connaissait que 800 fossiles avant 1810. Le chiffre aujourd'hui dépasse 3 000.
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branches, les céphalopodes, etc. dont on a pu réunir d'innombrables individus, recueillis dans des terrains d'âge très divers. On a montré, par exemple, dans le groupe des échinodermes, que les cystidés* anciens avaient pu bifurquer pour produire les astéroïdes, les échinoïdes et les crinoïdes. Le Tiarechinus du trias (17; ^orme la transition entre les blastoïdes et les échinides. On a établi des séries de formes pour certains groupes de brachiopodes (Oehlert), de paludines (Hyatt), d'ammonites (SVaagen, Hyatt, Buckmann), de polamidcs (Boussac), La série des Oppelia de Waagen s'étend du bajocien (22) au bathonien supérieur (23). Celle des Vivipat-a (paludines) de Neumayr, à évolution très rapide, est localisée dans le levantin.
L'étude des aryimonites dites Phylloceras a montré à Neumayr qu'un môme genre pouvait évoluer simultanément suivant une série de rameaux parallèles à variations plus ou moins promptes.
Parmi les animaux plus compliqués, Ch. Depérot a suivi du lulétien (4'») au burdigalien (49) le groupe des Anthracothéridés (ongulés à doigts pairs voisins des cochons). Il a également retracé les cinq rameaux parallèles des Proboscidicns tertiaires, dont l'origine paraît être dans le PaUvomastodon Beadnelli du stampien (47).
Enfin Ihypothèse transformiste s'appuie encore sur toute une série de considérations très importantes, déduites de l'étude des êtres vivants, mais auxquelles la paléontologie vient donner, à la fois, une sanction et une explication.
Ces considérations sont de différents genres et, brièvement énoncées, se résument aux faits suivants, que je préciserai tout à l'heure par des exemples :
a) Suivant l'observation de Geoffroy Saint-Hilaire, tous les animaux accusent, en principe, un même plan structural et sont, malgré les énormes différences apparentes, qui les séparent, bâtis sur un même type ^
b) Toutes les parties d'un même individu sont assez bien coordonnées pour que la connaissance d'une pièce du squelette entraîne, comme l'a montré Cuvier, la connaissance des autres, pour que la modification de cette pièce détermine des modifications connexes dans les autres parties osseuses. Cette structure, propre à l'animal, résulte
1. Les cystidés (de Kôcrctç, sac) étaient enfermés dans une boite ovale, foiroée de plaques polygonales avec des trous pour la bouche, l'anus et les oviductes. Les blastoïdes (de BXajro^;, boargeon) ont la forme d'un bouton de fleur d'oranger.
t. Cette loi, comme toutes les autres, ne doit être considérée que comme une première approximation très imparfaite. M. Perrier a insisté sur l'erreur de principe, qu'on a commise, en étudiant d'abord les vertébrés, qui sont les animaux les plus compliqués, et cherchant à leur assimiler des animaux inférieurs.
dircclemenl de son habitat et de son genre de vie; elle est, par suite, fonction du milieu, auquel l'être s'est adapté et la variation de ce milieu doit (d'après Lamarck) entraîner la variation du type.
c) L'on observe, chez de nombreux animaux, des « organes rudimentaires », qui, dans leurs conditions de vie actuelles, ne leur sont d'aucune utilité et n'offrent, en effet, aucun développement, mais qui correspondent exactement avec des organes utiles d'autres animaux fossiles, que la paléontologie conduit à envisager comme leurs ancêtres.
d) L'embryogénie met en évidence les métamorphoses très rapides de l'animal, qui, avant d'arriver à l'état adulte, passe par toute une série de formes de plus en plus perfectionnées, où l'on retrouve, suivant une remarque de Serres et d'Hseckel, l'équivalent des diverses formes anciennes, par lesquelles, on paléontologie, on suppose qu'a dû passer l'espèce, comme si l'individu, au cours de sa vie embryonnaire, reproduisait, en un intervalle très court, toute l'existence de sa lignée ancestrale. Pendant ce développement, certains des « organes rudimentaires », mentionnés plus haut, reprennent, parfois momentanément, leur rôle normal *.
e) Soit dans l'élevage des animaux domestiques, soit en horticulture, on arrive, parfois, surtout avec des espèces dont les générations se reproduisent rapidement, à provoquer expérimentalement des transformations du type. C'est la « sélection artificielle », sur laquelle s'est tout particulièrement appuyé Darwin, en invoquant trop souvent, paraît-il, des observations inexactes ^.
f) Les faunes terrestres actuelles se divisent par provinces, qui semblent correspondre à des phases successives de l'évolution.
Revenons un peu sur ces divers points.
à) Dès 1796, Geoffroy Saint-Hilaire s'est efforcé de montrer que les êtres vivants sont formés sur un plan unique, essentiellement le même dans son principe, mais varié de mille manières dans sa réalisation' : idée développée plus tard par ses élèves, en cherchant à ramener le plan d'organisation de l'insecte à celui du vertébré. Puis, dans une série de mémoires, il a comparé, entre eux, les mêmes organes de diverses espèces, afin d'en montrer l'analogie et découvert ainsi le sens d'or-
1. Un fait, qui semble tout d'abord absolument probant en faveur d'une théorie, est souvent une arme à doux tranchants, dont on peut également se servir pour là combattre. Ainsi, pour Agassiz [De l'espèce et des classifications, 1862), la réapparition de types fossiles dans des formes embryonnaires prouvait simplement que ces types avaient été des formes prophétiques, prévues par l'intelligence créatrice. — Je signalerai tout à l'heure, page 681, le phénomène décrit par M. Perrier sous le nom d' a accélération embryogénique », qui vient compliquer un peu les faits.