CHAP. XVI. - HISTOIRE DES VÉGÉTAUX
modifie en conséquence, une telle assimilation de l'espèce avec une pièce élastique n'est peut-être pas illusoire.
De même, s'il y a parfois convergence, ainsi qu'on a cnj l'observer pour certaines espèce d'ammonites, c'est-à-dire si diverses espèces semblent aboutir au même type final, ou du moins à des types très analogues S cela peut tenir à ce que ces formes finales sont plutôt le résultat d'une cause générale, indépendante de l'espèce, telle qu'une influence extérieure, qu'un phénomène tenant h l'espèce môme'.
Chez deux types d'animaux aussi diiïérents que les reptiles ichtyosaures et plésiausaures, ou les mammifères cétacés et phoques, on observe ainsi une même transformation des pattes en palettes natatoires.
Chez tous les types de gastropodes, quels que soient les organismes internes, les variations de la coquille se produisent dans les mêmes directions ; la spirale devient conique, ou se déroule en un tube redressé, ou encore passe sous le manteau pour disparaître complètement.
Il n'y a pas là un trait caractéristique de l'une ou l'autre de ces espèces, mais une cause générale, qui influe de même sur des êtres différents. Portant sur des espèces déjà voisines, une action de ce genre peut aboutir, sinon à l'identité, du moins à de bien spécieuses analogies.
B. VÉGÉT.\ux. — Pour les végétaux, comme pour les animaux, les premiers résultats de la paléoboianique, exposés dans leurs grandes lignes, montrent également une marche progressive à peu près régulière et ce seul fait forme déjà, à lui seul, un argument bien puissant en faveur du transformisme.
« Les végétaux inférieurs (tels que les algues marines) se montrent les premiers ; les cryptogames vasculaires occupent ensuite le premier rang; les gymnospermes deviennent à leur tour prédominantes; les angiospermes apparaissent les dernières et les grands groupes de dicotylédones affectent eux-mêmes un ordre en rapport avec la complication de plus en plus grande de leur appareil floral ^ »
i. La convergence né semble guère pouvoir aboutir à l'identité, mais seulement à une analogie plus ou moins grossière. Certains groupes d'ammonites ont un aspect extérieur analogue, mais les cloisons conservent leurs caractères dislinctifs.
2. Cette observation vient à l'appui de l'adaptation au milieu et concorde également avec ridée qu'un type donné a bien pu ne pas apparaître une seule fois, mais que les conditions nécessaires à sa production ont pu se réaliser en divers points et môme à diverses époques, c'est-à-dire qu'a tous les degrés de l'arbre généalogique, depuis le premier, il a pu, à la rigueur, y avoir, non une seule souche, mais plusieurs; d'où une complication probable, beaucoup plus grande qu'avec l'idée simpliste de l'arbre généalogique unique. On objecte cependant avec raison que la production réitérée de deux ou plusieurs êtres tout à fait identiques est peu vraisemblable: il a dû se produire plutôt des êtres analogues.