‹ La science géologique: ses méthodes, ses résultats, ses problemes, son histoire. 2. éd., rev. et augm. d'un index alphabétiqueChapitre 31 sur 356 · Loc. ci/, page · texte numérisé non relu

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C'est alors que Descartes explique la formation des montagnes par les dislocations de la couche E, non pas en invoquant, comme nous le faisons aujourd'hui, la contraction du noyau interne en raison de son refroidissement, mais en utilisant la présence profonde de la couche aqueuse D, qu'il a gratuitement supposée, et lui attribuant assez bizarrement dos mouvements, dus à l'inégale chaleur solaire.

Suivant lui *, l'eau D, dilatée par cette chaleur en été, a eu tendance à s'élever, à travers les pores de la matière E, pour aller for-

Fig. 4. — Conception théorique de la Terre d'après Descartes.

mer les eaux superficielles ou les mers, tandis qu'elle ne redescendait que partiellement en hiver ; de sorte que, peu à peu, il s'est fait un vide en Det que la croûte E, se rompant au-dessus de ce vide, a fini par se disloquer. Cette dislocation, que la figure représente bien et qui, si on changeait le sens des lettres, pour mettre en D une lentille de matière éruptive en fusion, pourrait presque encore traduire nos hypothèses actuelles, a eu pour effet de donner: en 4 et 9, une chaîne montagneuse plus ou moins accidentée; puis, en 8, une plaine; en 3, des écueils sous-marins ; en 2, des rochers émergeant de la mer.

Enfin, l'inégale agitation des parties de la matière C a produit tous les métaux « constitués par les trois principes, que reconnaissent les chimistes : le sel, le soufre et le mercure * », et l'élévation de ces métaux dans les fissures de E a déterminé les filons.

Il y avait, dans ce genre de conceptions théoriques à haute envergure, une ampleur et une symétrie,. qui convenaient merveilleusement à l'esprit noblement littéraire du xvn^ siècle ou du début du xviii".

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