CHAP. III. — LES DÉBUTS DE LA STRATIGRAPHIE PALÉONTOLOGIQUE
se mit à l'œuvre, la découverte était mûre, de telle sorte qu'elle fut réalisée, à peu près en même temps, par plusieurs ; sans remonter à Stenon, les travaux de Giraud Soulavie, de Brocchi, de Hutton et de Werner avaient précédéW. Smith; ceux de de Saussure etPallas sont contemporains; peu après le moment, où W. Smith commençait ses études géologiques (1794), Cuvier faisait, à l'Institut de France (I796j, sa lecture fameuse sur la différence entre l'éléphant fossile et l'éléphant actuel, étendant ainsi aux mammifères l'idée de faunes successives, jusqu'alors seulement appliquée aux coquillages et le grand mémoire de Cuvier et Alex. Brongniart, qui a fondé la stratigraphie du Bassin parisien en 1808, est antérieur aux deux ouvrages de Smith sur l'identification des couches par leurs fossiles (1815-1816/.
Une fois le principe de la stratigraphie paléontologique mis ainsi en circulation, il fut immédiatement appliqué, de tous les côtés, avec ardeur : d'abord en Angleterre, en France et en Allemagne ; puis dans tous les pays du monde. Réimprimant, en 1822, leur «Description géologique des environs de Paris », Cuvier et Alex. Brongniart pouvaient y ajouter une description des terrains étrangers comparés aux terrains parisiens, c'est-à-dire un premier essai de stratigraphie générale, que devait suivre, vingt ans après, celui de d'Orbigny.
En même temps, de tous cêtés, d'innombrables ouvriers s'appliquaient à la confection de ces cartes géologiques d'ensemble, qui sont la seule base précise, sur laquelle on puisse réellement appuyer des considérations théoriques. \V. Smith en avait déjà esqtjissé, avant le xrx* siècle, pour divers comtés d'Angleterre; sous la direction de Léopold de Buch, on en fit pour l'Allemagne; Greenough en publia une en 1819 pour l'Angleterre, où, vers la même époque. De la Bêche, Sedgwick, Murchison se mirent à l'œuvre ; entin, en 1822, Dufrénoy et Élie de Beaumont commencèrent leur grande carte géologique de France au l/oOOOOO : ouvrage monumental, qui devait paraître en 1841 ^. Désormais, l'impulsion était donnée et 1 investigation géologique du sol devait bientôt, dans les pays neufs, être menée de front avec l'exploration topographique ou géographique.
Ces explorations géologiques détaillées ne pouvaient manquer de ramener aussitôt l'attention sur les dislocations subies par les couches après leur dépôt, c'est-à-dire sur la tectonique, ou géologie méca-