‹ La science géologique: ses méthodes, ses résultats, ses problemes, son histoire. 2. éd., rev. et augm. d'un index alphabétiqueChapitre 46 sur 356 · I. — Détermination de la forme de la Terre · texte numérisé non relu

I. — Détermination de la forme de la Terre

La sphéricité approximative de la Terre était professée, dès le vi« siècle avant Jésus-Christ, par l'école de Pythagore. Elle fut démontrée par les voyages de circumnavigation réalisés au xvi* siècle et l'on s'occupa, dès lors, de mesurer les grands cercles de cette sphère, que l'on supposait alors parfaite. A la fin du xvii^ siècle, on arriva à la notion de l'aplatissement polaire : Richer, expérimentalement, par le changement de la durée d'oscillation d'un pendule à secondes transporté vers l'équateur ; Newton et Huygens par le calcul, en assimilant la Terre aune masse fluide homogène animée d'un mouvement de rotation. Les opérations de Maupertuis en Laponie et de la Condamine au Pérou (1735 à 1745) démontrèrent cet aplatissement et en donnèrent une première mesure, prouvant du même coup la justesse du calcul fondé sur la théorie newtonienne, qui, fondue dans la théorie plus générale de

Laplace, est encore professée aujourd'hui. L'aplatissement terrestre,

égal à -gôT" d'après les dernières mesures S peut être considéré inversement comme un très sérieux argument en faveur de la fluidité première*. Mais des travaux récents, dans lesquels on a joint aux opé-

1. Le rayon équatorial est de 6.337.400 mètres; le rayon polaire de 6.356.000 mètres; l'arc moyen d'un degré est de 111.200 mètres. En raison de la remarque faite plus loin sur la différence probable entre les divers méridiens terrestres, et de beaucoup d'autres considérations théoriques, montrant que nos procédés d'étude supposent trop souvent connu ce qu'il s'agit de déterminer, ces chiffres ne doivent être considérés que comme des moyennes et il serait illusoire d'y chercher une précision rigoureuse, dont ils ne sont pas susceptibles.

2. M. DE Lapparent a fait remarquer que les océans doivent, par le fait de la rotation, prendre la forme d'un ellipsoïde renflé à l'équateur. Si donc la Terre solide n'avait |)as elle-même u\a- forme semblable, les mers, accumulées à l'équateur, y constitueraient une vaste ceinture, tandis que les pôles seraient asséchés ; or il n'en est pas ainsi pour le pôle arctique.

en. IV. — MÉTHODES PHYSIQUES. — MESURE DE LA DENSITÉ TERRESTRE 95

rations géodésiques des observations astronomiques, ont montré que l'ellipsoïde de révolution ainsi déterminé constitue seulement une première approximation* : le géoïde terrestre ayant été, en réalité, déformé par la complexité des mouvements géologiques et ne devant pas, en particulier, présenter les mêmes caractères dans l'hémisphère austral que dans l'hémisphère boréal. On peut supposer, dès lors, que des recherches, entreprises dans cette voie, c'est-à-dire ayant pour but la mesure d'arcs de méridien dans des parties très différentes de la Terre, accuseront peut-être un jour des divergences étudiables et mettront, par conséquent, en évidence ces déformations systématiques, que la géologie nous permet seulement de prévoir, sans en fournir la détermination^.

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