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3. Dans mon Traité des Sources thermo-minérales, y ai calculé (p- 167) que la quantité de chaleur, apportée â la surface par les sources thermales françaises, équivalait à une consommation denviron 100.000 tonnes de houille par an.
4. Les mathématiciens, en assimilant la Terre, soit à une sphère homogène, soit au mur indélini de Fourier, ont cherché à établir la loi de ce refroidissement et la relation entre le temps depuis lequel il a commencé et la température initiale. Mais leurs résultats sont contradictoires. On a également {H. Poiscaré, Hypothèses cosmogoniques, p. 217), remarqué que la périphérie, ayant dû se contracter avant le centre, aurait d." être amenée à se fissurer et non à se plisser. C'est oublier l'hétérogénéité qui a dû bientôt exister sur le globe terrestre en raison même des premières fissures, comme sur une banquise aux glaçons d'abord flottants. Ces fissures primitives ont dû créer des sillons déprimés, appelés à devenir des géosynclinaux aptes aux plissements entre des blocs que les progrès de la solidification faisaient s'affaisser à eur base. L'écorce actuelle est composée de pièces et de morceaux empruntés successivement à diverses sphères concentriques et non à une sphère unique (Voir La Nature, 11 mai 1912).
lOt LA SCIENCE SÉOLOGIQUE
Ce n'est pas la seule conséquence importante que l'on puisse tirer du môme fait.
Tout (l'abord, si nous prenons quelques évaluations de ce que l'on appelle le degré géothermique, c'est-à-dire le nombre de mètres dont il faut s'enfoncer pour que la température augmente d'un degré, on voit que ce degré géothermique reste habituellement compris entre ?>0 ci 60 mètres, jusqu'à 2.000mètres de profondeur, toutes les fois qu'on ne se place pas au voisinage d'un massif éruplif récent, ou sur un massif trop anciennement consolidé: dans les conditions normales, la température de 2.000 degrés nécessaire à la fusion des roches, ne peut donc être réalisée avant une profondeur d'au moins 7 1 kilomètres. Par contre, la proximité d'un massif éruptif fait immédiatement baisser ce degré géothermique dans des proportions considérables, souvent des deux tiers, non seulement près des volcans récemment éteints comme ceux de l'Auvergne, mais même auprès des masses plus anciennes, telles que les coulées de basalte remontant à l'époque pliocène. On est donc en droit d'en conclure que ces anciens massifs éruptifs conservent, en profondeur, une température anormale : ce qui prouve, à la fois, avec quelle lenteur ces roches éruptives perdent leur chaleur^ et (cette première observation ne suftisant pas à elle seule pour expliquer le phénomène) combien aussi la période écoulée depuis leur éruption doit être courte par rapport aux périodes géologiqnes antérieures.
D'autre part, on a constaté, assez fréquemment pour l'établir en loi, que, dans un sondage traversant du haut en bas des couches parfaitement homogènes, le degré géothermique avait une tendance à augmenter peu à peu, autrement dit que la température s'accroissait d'autant moins vite que l'on approchait davantage de la source chaude^. Ce fait, qui a d'abord semblé tout à fait opposé à l'idée d'une chaleur centrale', peut, au contraire, parfaitement s'accorder avec la théorie de Fourier, exprimant le rayonnement calorifique d'une source chaude
1. Je montrerai, d'autre part, combien elles conservent d'acide carbonique emmagasiné. Un centre d'éruption pliocène exerce donc encore, de toutes façons, une influence considérable sur les terrains de la région où il se trouve : ce qui contribue à mettre en évidence le lien intime entre notre époque et l'époque tertiaire, dont elle n'est que la continuation immédiate et directe.
i. La loi, qui détermine la température en fonction de la profondeur dans le sondage de Spcrenbei-g, a été considérée comme de la forme a -{- bh — ch* -^- dh*. Mills il intervient, ditns ce phénomène, bien des circonstances lornles : par exemple, la conduclibilitA calorifique des roclios. Ainsi, un filon métallifère est souvent de 1 à 2° plus chaud que la roche encaissante.