‹ La science géologique: ses méthodes, ses résultats, ses problemes, son histoire. 2. éd., rev. et augm. d'un index alphabétiqueChapitre 54 sur 356 · Uu.^KER, UvKi, VouT, MoiiR, etc · texte numérisé non relu

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CHAP. IV. — MÉTHODES PHYSIQUES. — TENfPIÎRATURE EN PROFONDEUR lOÏ

limitée et non renouvelée vers une source froide indéllnie à travers un mur. La théorie (conforme, d'ailleurs, à la simple induction logique) veut que les variations de température se lassent très rapidement au voisinage de la surface libre (jouant le rôle de source froide), où l'on a, en quelque sorte, une chute dans un espace vide, tandis qu'en partant de la source chaude l'échange se fait plus lentement ' . La superficie commence, naturellement, par se refroidir plus vite que le centre.

Dans un autre ordre d'idées, si l'on envisage des pointe de la surface situés à des altitudes différentes, parconséquent plus ou moins distants du centre de la Terre, on observe bien, à mesure que l'on s'élève à la superficie, un abaissement de température d'environ i° par 200 mètres, mais dont la loi n'a aucun rapport avec la précédente ; car ce refroidissement vient seulement de ce que l'atmosphère, de plus en plus pure et sèche, transmet les radiations solaires sans les absorber ^. Si l'on pénètre dans la profondeur de ces massifs montagneux, comme on a pu le faire dans certains grands tunnels, c'est également cette influence extérieure, qui paraît agir à peu près seule en refroidissant l'intérieur de la montagne dans la région des hautes cimes jusqu'à une distance notable de la surface. Il n y a plus alors, à proprement parler, de degré géothermique et, vers 3.000 mètres d'altitude, on peut s'enfoncer de 700 mètres dans le sol sans constater une augmentation de température interne de plus de 2 degrés '.

Enfin, A. de Lapparent a fait remarquer» que, si l'on considère, dans une chaîne de montagnes située au voisinage d'une profonde dépression océanique (comme c'est le cas pour les Andes), un point situé au même niveau que le tond de cette dépression, la température, pour une dénivellation de 8.000 mètres, peut y atteindre facilement 2 ou 300* alors que, dans l'abîme marin tout voisin, elle est, au même niveau, de 0». Cette différence doit même, ce me semble, être beaucoup plus

1. Il est facile de le vérifier par l'expérience en faisant refroidir une sphère, dont on mesure la température à diverses profondeurs dans des cavités ménagées à cet effet.

2. Voir, sur ces questions de géographie physique : Sopan. Grundzilge der physlschen Erdkunde (3» éd. Leipzig. 1903, p. 61).

3. Nous avons déjà fait allusion (p. 100) aux constatations faites dans les tunnels alpins. On a trouvé au Simplon 10 à 12 degrés de moins qu'on ne le pensait d'après les résultats antérieurs du tunnel du Saint-Gothard, parce que les couches y sont presque horizontales. D'autre part, un calcul de Lord Kelvin (Sir William Thomso.n) montre qu'un sol, couvert de glace pendant plusieurs milliers d'années, puis mis en présence de l'air à 13 degrés, n'arriverait à reprendre su température normale qu'au bout de 3.600 ans. Pendant les 900 premières années, la température devrait même décroître à partir de la surface, plus rapidement réchauffée que l'intérieur.

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