CHAP. V. — HISTOIRE DE LA MINERALOGIE
même temps, la forme géométrique de la molécule cristallisée fondamentale étant une propriété intégrante et constitutive de celle-ci, on peut se proposer de rechercher les lois, qui lient cette forme à celle de l'atome chimique et celle d'un corps composé aux propriétés de ses composants.
Ce sont ces idées essentielles, directement émanées de Haûy, qui, développées en France par la tradition des Bravais* et des Mallard, ont constitué la véritable science de la cristallographie ,iQ\\e que nous la connaissons depuis près d'un demi-siècle, c'est-à-dire arrivée à ce degré de précision mathématique, où une science naturelle semble se détacher de son groupe pour rentrer dans la catégorie des sciences mécaniques et physiques.
Cette partie de la minéralogie me paraît être celle qui lui prête sa valeur fondamentale et son intérêt philosophique. La minéralogie est, avant tout, l'étude des propriétés optiques et physiques, que révèlent les molécules matérielles, lorsqu'elles se sont trouvées libres d'obéir aux lois générales et primordiales de l'équilibre ou de la symétrie. Néanmoins, la cristallograplne et la minéralogie optique semblent aujourd hui si distinctes de la géologie que je ne saurais entrer ici, à leur sujet, dans de longs développements.
Mais la minéralogie peut être également envisagée sous d'autres aspects, qui la rattachent plus directement à la géologie. Elle est, d'abord, — et c'est le point de vue qu'on examine , avant tout, dans l'enseignement — la science qui permet de reconnaître, de nommer et de classer les minéraux, la minéralogie descriptive. Par ce travail un peu aride, elle constitue, comme toute science de détermination et de classification, la base nécessaire de nos études géologiques, puisque elle seule peut nous apprendre à préciser de quoi nous parlons et à savoir de quoi l'on nous parle. Ce côté descriptif de la minéralogie, en partie fondé sur la cristallographie, en est, comme je l'ai dit déjà^ le plus ancien et le plus habituellement considéré ; depuis Buffon, Rome de l'Isle ou Bergmann, il a été développé dans de nombreux ouvrages, parmi lestj.'els il suffira de citer ceux de Leymerie, Delafosse, Dufrénoy, Dana,Naumann, Zirkel, Descloizeaux et, en dernier lieu, de Lappareut '.
i. Les mémoires de Bravais, publiés de 1848 à 1851 dans le Journal de Mathématiques et le Journal de l'Ecole polytechnique, ont été, en 1866, après la mort de Tauleur, réunis en un volume d'Études cristallographiques par les soins d'Euis de Beao- MONi. Mallard les a fait revivre et remis en lumière. On peut également citer le nom de Miller, en Angleterre ; en Allemagne, ceux d« Weiss, Nadu.a.n.n et Rose, dont l'œuvre est restée plus strictement confinée dans la géométrie.
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