‹ La science géologique: ses méthodes, ses résultats, ses problemes, son histoire. 2. éd., rev. et augm. d'un index alphabétiqueChapitre 73 sur 356 · CIIAP. V. — MÉTHODES DE LA MINÉRALOGIE DE GISEMENTS · texte numérisé non relu

CIIAP. V. — MÉTHODES DE LA MINÉRALOGIE DE GISEMENTS

dissous au milieu d'un bain de fusion, tels que les cristaux de première consolidation d'une roche, est tout à fait assimilable à celle d'éléments dissous dans un bain aqueux. Peu importe en théorie que le dissolvant prenne la forme liquide à 0** ou à 300*. La vérité est qu'il n'y a pas lieu de maintenir, entre la minéralogie de gisements et la pétrographie, entre l'étude des cristaux macroscopiques et celle des cristaux microscopiques, une distinction sans raison d'être et l'étude des associations minérales doit être envisagée, à la fois, dans les deux cas. Les procédés d'examen ordinaires introduisent seuls quelque différence.

Les gisements des minéraux peuvent se classer en plusieurs groupes, qui se différencient par leur complexité plus ou moins grande.

On trouve d'abord des minéraux cristallisés dans les roches éruptives et, sans doute, sous la prédominance des actions ignées. Tantôt ces minéraux font partie intégrante de la roche même, entrent dans toutes les parties de sa constitution et ne peuvent que difTicilement en être extraits, quoiqu'à la simple vue ils apparaissent distincts les uns des autres ; tantôt même, ils arrivent à constituer les éléments microscopiques d'une pâte, qui, à l'œil nu, semble tout à fait compacte ; tantôt, au contraire, ils s'isolent, en certains points particuliers de la roche, en cristaux de grande dimension ; mais ce ne sont là que des différences de degré, tenant au mode de cristallisation, à l'influence variable des minéralisateurs, des dissolvants, du milieu encaissant, de la température ou de la pression.

Les filons métallifères, et, plus généralement, les remplissages de fissures, fractures ou vides quelconques dans les roches ou les terrains constituent une seconde catégorie de gisements, attribuable d'ordinaire à des circulations hydrothermales plus ou moins anciennes, plus ou moins profondes, où, souvent, les minéraux, cristallisés dans des géodes, prennent des dimensions et une netteté particulières.

Enfin les sédiments renferment, en dehors des matériaux remaniés qui les constituent et dont les éléments ont été d'abord empruntés aux roches éruptives, des minéraux résultant de cette tendance constante à la cristal' isation, quipioduitles diverses formes du métamorphisme. Le contact d'une roche ignée avec un terrain sédimentaire, la reprise d'une enclave sédimentaire dans une telle roche ont été particulièrement propices à la cristallisation de très nombreux minéraux.

Ce métamorphisme, qui, sous de telles réactions ignées, apris parfois une intensité particulière, se traduit, d'une façon générale, par l'évolution constante de toute substance minérale jusqu'à ce qu'elle ait fini par atteindre, à un état chimique déterminé, sous une forme cristalline déterminée, son maximum de stabilité. 11 y a là une série de « pseudo-

morphoses )),quo l'on a pu comparer à un phénomène vital et qui jouent un rôle important dans la formation des minéraux cristallisés*.

La minéralogie de gisements, en analysant ainsi les conditions naturelles, où se présente telle ou telle forme minérale, permet d'expliquer et de reconstituer son origine ; les conclusions d'un tel travail doivent alors être vérifiées par une synthèse.

C. Synthèse des minéraux. — Un certain nombre de minéraux se forment naturelfement sous nos yeux, ou se trouvent reproduits artificiellement par des réactions si simples qu'elles ne sauraient être considérées comme une synthèse. Mais un grand nombre d'autres exigent des procédés beaucoup plus compliqués, que la géologie a un intérêt essentiel à connaître, parce qu'ils lui expliquent ce qui a dû se passer dans les cas où un tel minéral se rencontre, ou, du moins, lui donnent le choix, pour expliquer sa formation, entre un petit nombre d'hypothèses. Je vais résumer ici ces méthodes de synthèse d'après Fouqué et Michel Lévy.

En principe, comme je l'ai dit déjà^, pour qu'un minéral soit reproduit synthétiquement, il faut que le cristal artificiel ait la composition chimique, le système cristallin, les propriétés optiques du cristal naturel; il faut, en outre, si l'on veut en tirer quelques conclusions géogéniques, que, dans le procédé adopté, tout concorde avec les conditions géologiques et minéralogiques observées d'abord sur ses divers gisements.

Cela posé, une synthèse d'un minéral, ayant pour but de réaliser sa cristallisation, doit mettre les molécules, qui le constituent, dans un état de mobilité, de liberté, où elles puissent échapper assez aux forces extérieures pour obéir simplement aux attractions réciproques, qui tendent à les grouper d'après leur système de symétrie. Suivant les corps, cette mobilité pourra être obtenue, à l'état solide, plus fréquemment à l'état liquide (fusion ou dissolution), souvent aussi par volatilisation. L'emploi de certains éléments auxiliaires, même inertes, tels qu'un courant d'azote, augmente cette mobilité; le passage à travers un tissu mince dans l'endosmose, ou la présence de cellules très petites, toutes préparées pour recevoir les cristaux, comme en présentent les substances organisées, semblent également faciliter cette individualité moléculaire, qui paraît une des bases de la cristallisation. Mais on réussit surtout lorsqu'on peut saisir un corps, au moment où il se dégage d'une réaction chimique. Dans cette forme, que l'on qualifie parfois d'état naissant, il semble, comme nous le supposions tout

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