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3. Ce résultat a été, avec raison, enregistré par les savants étrangers comme un des plus beaux succès de la science française. {StaunenswerthundfUr immerdenkwUrdig! — Discours de Zihkel en 1881).
aiAP.V— METHODES DE LA PÉTROGRAPHIE —ÉTUDE DU VOLCANISME 153
vention des carbonates alcalins. C'est le premier résultat important que l'on ait réalisé dans la synthèse des roches acides.
Actuellement, il reste encore beaucoup à trouver dans cette voie, bien qu'il semble s'être produit un nouveau temps d'arrêt dans les recherches. Signalons seulement la synthèse du granité, que, dans les hautes températures de nos fourneaux modernes, on devrait arriver peut-être à reproduire par une fusion combinée avec l'intervention d'éléments volatils, si on réalisait un récipient capable de résister : c'est là un des plus captivants problèmes à résoudre, qui puissent se poser à un expérimentateur.
C) MÉTHODES DE LA PÉTROGRAPHIE. — Les méthodcs de la pétrographie comprennent : 1" les études sur le terrain; 2** l'examen des roches au laboratoire; 3" l'expérimentation synthétique.
!• Éludes sur le teiTain. — Je diviserai les études sur le terrain, à leur tour, en deux parties : a, observations relatives au volcanisme; 6, observations relatives aux roches anciennement consolidées.
a) V observation du volcanisme a pour but d'étudier les diverses manifestations extérieures du phénomène : ouverture de la fissure, formation du cône de cendres et du cratère, coulées volcaniques, dégagement de fumerolles, etc., et d'en rechercher le mode d'action, les effets et les causes.
Chacune de ces manifestations présente un grand intérêt pour le géologue, puisque c'est la seule occasion, où il puisse surprendre le travail de la nature, opérant avec les intensités de force, les températures et les pressions dont elle dispose, dans des conditions qui ont dû être, de tout temps, à peu près les mêmes. Je rappelle cependant une observation déjà faite sur le caractère extrêmement superficiel du volcanisme, tel que nous pouvons l'atteindre et l'observer et, par conséquent, sur la différence à établir aussitôt entre lui et les phénomènes géologiques anciens, qui, par suite de l'érosion à laquelle leurs produits ont été tous plus ou moins soumis, ne sauraient manquer d'être, pour la plupart, les résultats d'actions beaucoup plus profondes. Ainsi, la forme extérieure et caractéristique des cratères avec leurs scories a presque toujours disparu pour les éruptions des anciens âges géologiques et l'on découvre, dans les zones éruptives des terrains anciens, des roches, dontlemode de cristallisation est incompatible avec l'épanchement superficiel, ainsi que des incrustations métallifères connexes, dont, en aucun cas connu, on ne voit la production se renouveler aujourd'hui sous nos yeux.
L'observation des cratères volcaniques est déjà, presque toujours,
une simple observation géologique, puisqu'il s'agit d'un phénomï'nc que, sauf dans des cas exceptionnels, nous ne voyons pas, en général, se produire sous nos yeux. C'est donc par les méthodes de la stratigrapliie et de la tectonique qu'on peut trancher les questions relatives à ce sujet.
Une des plus délicates, et de celles qui ont donné lieu aux plus longues controverses géologiques, s'est posée sous le nom de cratères de soulèvement. Pour Humboldt, Léopold de Buch, puis pour Élie de Beaumont^et ses élèves, tels que Charles Sainte-Claire Deville, c'est-àdire pour les principaux explorateurs du volcanisme dans la première moitié du xix* siècle, les cratères volcaniques étaient le résultat d'une intumescence produite par la pression profonde des roches fondues, qui soulevaient au-dessus d'elles le manteau de sédiments et de matières volcaniques, d'abord déposé horizontalement dans la mer et, qui après l'avoir porté à une hauteur plus ou moins grande, finissaient par le crever, avec production d'une série de fissures radiales, en donnant naissance à un grand cratère aussitôt refermé, le cratère de soulèvement (Somma au Vésuve), mais dans l'intérieur duquel pouvait s'ouvrir un cône plus petit, le cratère d'éruption, où se manifestait alors l'activité volcanique. Outre la forme extérieure du Vésuve, de Ténérifîe, etc., on croyait apporter, à l'appui de cette théorie, des cas de sédiments anciens avec leurs fossiles, rencontrés à de grandes hauteurs dans les volcans ; on imaginait également, à tort, que des laves n'avaient pu se solidifier sous une inclinaison de 45" qu'elles présentent parfois, etc. La théorie, très vivement combattue dès 1831 par Constant Prévost et Cordier, puis par Virlet d'Aoust, Hoffmann, Poulett-Scrope, etc., a reçu le dernier coup par les explorations de Fouqué àSantorin,en un point que de Buch avait considéré d'abord comme un exemple remarquable à l'appui de son hypothèse ; elle est aujourd'hui tout à fait abandonnée. Pour la renverser, on a pu, en effet, remarquer que les lambeaux fossilifères rencontrés avaient été arrachés aux parois de la cheminée volcanique et que la solidification des laves s'effectue même sur de très fortes inclinaisons ; en outre, les produits meubles ont tous les caractères de débris à pentes discordantes; les dykes éruptifs, qui les traversent, sont restés verticaux ; puis les soi-disant fissures d'étoilement, formant vallées, s'élargissent du centre à la circonférence et non,
1. Il est à noter que, contrairement à une opinion très accréditée, Élie ob Beao- MONT, en 1836, était arrivé à considérer le Vésuve et Ténériffe comme des cônes d'éruption formés par une accumulation de matières volcaniques, autour de l'ouverture qui leur avait livré passage. En 1866, il encourageait Fouqué à. observer en conscience sans s'occuper de ce que lui-même avait pu dire autrefois.