‹ La science géologique: ses méthodes, ses résultats, ses problemes, son histoire. 2. éd., rev. et augm. d'un index alphabétiqueChapitre 82 sur 356 · CHAP.V.- MÉTHODES DE LA PÉTROGRAPHIE. — ÉTUDE DU VOLCANISME · texte numérisé non relu

CHAP.V.- MÉTHODES DE LA PÉTROGRAPHIE. — ÉTUDE DU VOLCANISME

comme elles le devraient, de la circonférence au centre, etc., etc. (Je me contente d'indiquer le genre d'arguments).

En résumé, on est arrivé maintenant à l'idée que le phénomène volcanique consiste, non en un soM/èyeme;i/ des terrains, mais en une éruplion : c'est-à-dire en une déchirure violemment ouverte dans le sol S par laquelle s'élèvent des matières profondes, pouvant, soit manifester un gonflement plus ou moins rapide s'il s'agit de masses pâteuses, soit subir des projections violentes, qui accumulent autour de l'orifice des débris grossièrement stratifiés.

C'est dans ce sens qu'il faut interpréter les cas si nombreux, où l'on a vu, sur des zones volcaniques, apparaître des récifs ou des îles éphémères, sortir de la mer des volcans nouveaux^, monter, au-dessus de la surface terrestre, des cônes rocheux, des pitons, susceptibles de surgir par saccades et quelquefois de redescendre ou d'osciller.

11 suffira de citer la fameuse île Julia, apparue pendant trois mois en 1831 entre la Sicile et l'Afrique et considérée d'abord comme un argument en faveur de la théorie des cratères de soulèvement'; ou encore le cas, si bien étudié par Fouqué, de Santorin.

Là, en 1866, on a vu sortir rapidement de la mer une série d'îlots, apportant parfois au jour des débris de fond de mer, des galets, des coquilles, des fragments de bois; le cône du Georgios, paru le 1" février 1866, atteignait 30 mètres de hauteur le o, 108 mètres en mars 1867; on a pu voir son sommet sauter avec fracas et les coulées de laves s'échapper par ses fissures. •

De même, en 1902-1903, M. A. Lacroix a suivi l'ascension d'un dôme d'andésite acide à la Martinique.

D'une façon générale, les analyses de roches volcaniques ont permis d'établir un certain lien entre l'acidité plus ou moins grande du magma et le caractère de l'éruption. Plus ce magma est acide et, par conséquent, moins il est fusible, plus il se montre visqueux et résiste longtemps à la pression interne en se gonflant, pour y céder enfin par un brusque déchirement.

Dans tous ces cas, il n'y a donc pas soulèvement et, malgré la grande pression interne, que l'on est conduit à admettre au moment des for-

1. On doit remarquer que les alignements volcaniques ne sont pas marqués par des failles, par des dénivellations de terrains, par des fractures antérieures; les évents volcaTiiques forment une série de perforation*, dont la relation mutuelle, très probable, ne peut être que profonde. On dirait une figne de rivets, qui auraient sauté seuls dans une explosion.

2. Je dirai bientôt le rôle que peuvent avoir les éruptions sous-marines.

3. Cette lie a été étudiée par Co.nstaxt Prévost et Escher de l\ Linth. Elle était uniquement formée de débris volcaniques meubles, cendres et scories, sans coulées de lave&

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mations de roches éruptives, on conçoit que cette poussée ait eu peu d'action, puisqu'en profondeur elle aurait eu à soulever une masse de terrains beaucoup trop considérable et qu'à la surface de très nombreuses fissures offraient une issue à ses gaz. Cependant, il serait exagéré d'affirmer que, dans aucun cas géologique, la pression n'ait pu, localement et d'une manière restreinte, intervenir*.

Les observations sur le volcanisme actif comportent encore le prélèvement de laves à diverses distances de leur centre d'émission, dans diverses conditions de refroidissement, puis leur examen microscopique et leur analyse chimique, afin d'établir des points de comparaison avec les roches anciennes.

Parmi les résultats les plus intéressants obtenus récemment dans cette voie, on peut citer les observations de M. A. Lacroix, à Saint- Pierre de la Martinique, sur les produits absorbés par des andésites refondues, incorporés dans leur substance et recristallisés, par exemple sur des barreaux de fer, des briques, des ciments, avec lesquels ces andésites, utilisées comme pierres de taille, s'étaient trouvées en contact dans les maisons incendiées.

D'une façon générale, ces observations paraissent mettre en lumière, à la fois, l'intensité du phénomène et son caractère extrêmement localisé : des produits fusibles, tels que des feldspaths, ayant pu, par exemple, être emportés par une lave sans être refondus. Elles montrent aussi les faibles températures réalisées dans la plupart des cas, et concordent ainsi avec toute une série de travaux antérieurs, qui conduisent, déplus en plus, à rapprocher les conditions, où se produit le volcanisme et où cristallisent les roches d'épanchement qu'il comporte, de celles que nous réalisons couramment dans nos usines et nos laboratoires. J'ai déjà dit qu'il n'en était pas de même pour les roches grenues à faciès granitique, ni, plus généralement, pour toutes les roches, que la géologie nous conduit à envisager comme des magmas de profondeur et qui, je le répète une fois de plus, tout en étant des produits très profonds par rapport à ceux des volcans, ne sont encore que des produits très superficiels par rapport au diamètre de la Terre. Nous aurons bientôt à invoquer ces observations sur l'absorption et la recristallisation des enclaves, sur le métamorphisme chimique de contact, sur les conditions de refroidissement, etc., quand nous voudrons expliquer les différences de caractère que peuvent présenter les magmas pétrographiques anciens.

Enfin l'observation des fumerolles volcaniques est d'un très haut intérêt pour expliquer les cristallisations de minéraux dans les roches

1. Voir plus loin, page 571, les observations sur les laccolithes.

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