CH.V. — MÉTHODES DE LA PÉTROGRAPHIE. — ÉTUDE DES FUMEROLLES
et dans les filons, comme pour interpréter le volcanisme et l'éruptiyité eux-mêmes.
Ce genre de phénomènes a été particulièrement étudié par Charles Sainte-Claire Deville et, après lui, par Fouqué, qui en a nettement établi la loi.
En résumé, on peut dire que la lave volcanique monte vers la surface en apportant une grande quantité de vapeur d'eau et de gaz volatils, qui s'en dégagent peu à peu à mesure qu'elle se refroidit et dont la composition, d'abord très complexe, se simplifie ainsi progressivement à mesure que la température de la lave s'abaisse.
Dans la profondeur, il semble bien que ces gaz soient des gaz réducteurs dépouillés d'oxygène, ainsi que toutes les études de métallogénie conduisent également à l'admettre pour les fumerolles anciennes, auxquelles on peut attribuer l'incrustation des filons métallifères. Ce caractère réducteur s'explique d'ailleurs très aisément, si l'on remarque que l'eau même, dans les conditions profondes du volcanisme, doitnécessairementsc dissocier et fixer son oxygène sur les magmas fondus entrain de se scorifier. Mais, en montant dans la grande cheminée d'appel que constitue le cratère, ces gaz réducteurs, tels que l'hydrogène, l'hydrogène carboné, l'hydrogène sulfuré, etc.. s'oxydent peuà peu et, à moins que l'éruption ne se fasse sous la mer, c'est-à-dire à l'abri du contact de l'air, les gaz arrivent, pour la plupart, au jour brûlés et oxydés.
L'ordre de dégagement des fumerolles volatiles, ramené à ses termes les plus simples, comprend :
1° Depuis les températures les plus hautes jusqu'à lOO", des chlorures dominants ; d'abord, des chlorures anhydres avec traces de fluor audessus deSOO" (chlorures de sodium, de potassium, d'ammonium, etc.); puis, les chlorures alcalins disparaissant, du chlorhydrate d'ammoniaque avec une légère proportion relative d'acide sulfureux, qui apparaît vers 400" ;
2° Vers 100", de l'hydrogène sulfuré prédominant, avec un peu de chlorhydrate d'ammoniaque ;
3° Quand la 1) ve est presque refroidie, des mofettes d'acide carbonique, provenant d hydrocarbures brûlés, qui se dégagent extrêmement longtemps.
On peut donc distinguer trois phases, très importantes pour la genèse des gîtes métallifères : 1° chloro-fluorée, 2" sulfurée, 3° carburée.
Cette étude des fumerolles a été le point de départ de toutes les théories proposées pour expliquer le volcanisme'.