‹ La science [musicale] grégorienne; revues diverses, 1898-1908Chapitre 12 sur 127 · DURÉE, CHACUN A CHACUN · texte numérisé non relu

DURÉE, CHACUN A CHACUN

Gui d'Arezzo, Micrologus XV : Semper tamen aut in numéro vocum (nombre de sons) aut in ratione tenorum (rapport de durée) neumae allerutrum conferantur... Aribon {P. L.M.., CL., col. 1342) ajoute : Ténor dicitur mora (durée) vocis qui in aequis est si quatuor vocibus duae comparantur et quantum sit duarum minor, tantum earum mora sit major.

C'est bien là notre système moderne : deux croches — quatre doubles croches ; la durée de chacune des croches est d'autant plus longue {tantum major) qu'elles sont deux seulement à être

émises dans un même espace de temps que le groupe suivant de quatre doubles croches^ dont la durée de chacune est d'autant plus courte {lantum minnr) qu'elles sont en plus grand nombre dans la formule neumée.

L'égalité rythmique des neumes est encore certifiée par cette phrase, extraite d'un manuscrit du xi® siècle, du Mont Cassin ' : Vos cantores qui vuUis scirc vias neumarum... Vtdeatis quomodo dividantur neumarum chorda et quomodo pergunt per aequalitatem: quoniam omnes neumae aequaliter '■ pergunt . Les neumes étant pieds rythmiques sont donc égaux entre eux, et les notes entrant en collation neumatique prennent leur valeur-durée plus longue ou plus brève selon leur nombre.

Ce qui prouve que le neume est réellement pied rythmique, c'est que : Motus vocum fit arsi et thesi, id est eievaiione et positione ; quorum gemino motu, id est m'sis et thesis omnis neuma formatur, [^jraeter repercussas et simp lices] ' ».

L'identité du neume et du pied s'affirme partout dans nos théoriciens.

4° Le mélange de pieds de toute nature s'opère sous la loi de l'équivalence, comme on le constate dans les Lyriques anciens.

Gui d'Arezzo, Micrologus X V : Sicut enim Lyrici poetae nu)ic hos nwic alios junxere pedes, ita et qui cantum faciunt rationabiliter discretas ac diversas neumas componant... C'est ici que vient se placer le membre de phrase cité plus haut (V, 1°) : Cum. et neumae loco sint pedum, etc... (Microl. XV).

5° Du mélange de pieds rythmiques, et non métriques, ne l'oublions pas, naît une grande variété d'allure comme dans nos œuvres modernes, dont les temps, composés sur la base de la « noire », se fractionnent jusqu'à l'émiettement en doubles ou triples croches. La musique neumée dépasse rarement le groupe de cinq notes par formule : quelques formules s'éten-

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