Cité par De Coussemaker, Hiat. de l'harmonie, p
2. Huchalii disait : 0"^^ canendi aequilas, etc., v. ci-avant.
3. Gui d'Arezzo, Microl., XVI. Ces quatre derniers mpts demarideraient qnç dissertation particulière.
dent jusqu'à huit notes, mais les manuscrits d'une même époque sont rarement d'accord sur ce groupement. Néanmoins, comme il n'y aurait pas de méthode archéologique soutenable si l'on se permettait d'attenter à l'intégrité d'un document original, nous devons respecter cette notation.
Le texte suivant certifie la différence du caractère rythmique., esthétique, indiquée par les neumes :
Hucbald, Musica Enchiriadts [P.L. Migne. CXXXII, col. 994) : Videndion etiam quae mora (mouvement en durée) Uli aut illi melo conveniat. Nam hoc quidem melum celeriu^ cantari conveii't, illud vero morosius pronuntiattim, fit siiavius. Qaod iiiox dmosci valet ex ipse factura meli utrum sit levions gravibusne neumis compositas.
Comment ces théories si claires ont-elles pu tomber en oubli dès le XI® siècle', sinon un peu avant? 11 serait trop long de traiter en ce moment cette nouvelle face de la question. Plusieurs causes ont influé sur la ruine de cette forme musicale dite grégorienne : la principale réside dans l'évolution inéluctable des choses, caractérisée au xi® siècle par les premiers essais d'une harmonisation rudimentaire, et plus tard par le retour vers les procédés de la rythmique prosodique antique pris comme base d'un nouveau système, dit de « la musique figurée », d'oii devait sortir enfin l'école franco-flamande aboutissant à l'efflorescence palestrinienne.
Aribon (xi® s), qui nous a fait savoir que la perte de la tradition était consommée, ajoute à sa constatation première quelques mots bien typiques : Nunc lantum suffcif, écrit-il, ut aliquid dulcisomim comminiscamur non attendeiites dulciorem collationis jiihilationem. « Maintenant il suffît que nous « inventions quelque chose de doucereux, sans prendre garde « que notre jouissance serait plus douce en respectant les pro- « portions [rythmiques vraies]. »
1. Aribon : Qaac consideratio (celle du rythme neamê) jamdudum obiit, imo sepuUa est (P. L. Migne, CL, col. 13i2j.
Cette phrase, vieille de neuf siècles, n'est-elle pas la seule à opposer sans trêve aux PP. BB. de Solesmes contre leur restauration dite traditionnelle du chant neumatique, alors que, à l'exemple des musiciens du xi« siècle, ils pourraient écrire en tête de leurs méthodes de vulgarisation : Nunc tanlum suf/îcit ut aliquid dulcisonuin comminiscamur , non attendentes didcioreni coUationis jubilationem ! ».
En effet, ne mettent-ils pas volontairement de côté tout l'enseignement théorique que j'ai rappelé brièvement, lorsqu'ils ne craignent pas d'énoncer les audacieuses affirmations que l'on va lire :
(( Qui dit un art, dit un ensemble de convenances, de propor- « tions, d'harmonies. Ces proportions dans le chant peuvent (( être, sans aucun doute, et souvent avec fruit, soumises aux « calculs du mathématicien, du rythmicien. Sous tous ces rap- « ports l'art relève de la science. Pour les théoriciens du moyen (( âge, la musique ?i'est guère que cela; c'est une science... ia « science des nombres... Au fond, cet aspect n'est pas le vrai, et « ne doit pas être le nôtre en ce moment. »... a les propor- « tions ne sont pas^ des proportions de longues et de brèves « régulièrement combinées, mais des successions bien pondé- « rées d'accents et de divisions pour le phrasé^ »... « La prière « réclame cette liberté bien ordonnée ! » (Discours de dom Pothier, abbé de Saint-Wandrille, au congrès de Rome, 9 avril 1904) — « On peut retrouver les subdivisions par l'appli- « cation des principes que nous exposons. » (Dom Mocquereau. Le nombre musical, p. 11). — « La notation neumatique ne suffit pas. » {ibid., p. 12). « — La notation par neumes-points était imparfaite. » {ibid., p. 13.) - « Sans doute les musicistes du moyen Age exposent les principes à leur manière; à cela rien d'étonnant, ils étaient de leur temps. »