ons. Magani . op. cit. vol. 1, pp. 116 et suiv
Cf. QucUen und lorschungcn Zur geschicluc des Missalc Romannm von D"" Adalbert Ebner. Itci llaliciim , p. 381. Fribourg, Herder , 1896.
5. Ûiigincs du culte chrétien , p. 116.— 6. tbner , op. cil. p. 360.
Quand S. Grégoire arriva au trône pontifical , l'église Romaine était déjà en possession d'un recueil de formules liturgiques , connu sous le nom de Sacramentaire Gélasien. C'est ce recueil qui servit de base à son travail de révision , et Jean le Diacre nous signale en ces termes les modifications qu'il y apporta :
« Il réunit^ dit-il, en un seul volume le livre du pape Gélase qui contenait la solennité des Messes, retranchant beaucoup de choses , en retouchant quelques-unes et en ajoutant plusieurs autres pour l'exposition des leçons évangéliquesV » La comparaison des deux Sacramentaires va nous expliquer le sens des paroles de l'historien de S. Grégoire.
Multa subtrahens. Le nombre des messes est moins considérable dans le Grégorien que dans le Gélasien. Pour certains jours celui-ci en contient deux: Ascension, Vigile de la Pentecôte, Dédicace de l'Eglise , Consécration de l'évêque , etc. ; il y en a même trois pour le Jeudi saint et le recueil dit Léonien en offre un plus grand nombre ; tandis que le Grégorien n'a qu'une messe pour chaque jour de fête ou de station. La collecte de la messe dans le Gélasien a deux ou trois oraisons, le Grégorien n'en contient qu'une seule ; la postcommunion, aux messes de ietr.pore a toujours deux oraisons dans le Gélasien , dans le Grégorien la seconde oraison ne se trouve qu'aux messes du Carême et à quelques autres. Le Gélasien contient 44 préfaces propres, le Grégorien n'en a plus que 13. De plus, S. Grégoire a retranché certaines messes qui n'avaient plus de raison d'être à son époque, comme: prohibendum ab idolis , de pascha annotina , etc.
Pauca convertens. L'ordre des fêtes est modifié ; on en trouve quelques unes dans le Gélasien qui manquent dans le Grégorien et réciproquement. Il en est de même de certaines bénédictions. Les titres des fêtes et des jours de synaxe sont souvent différents; il y a aussi quelque variété dans les formules et les rites du baptême et des ordinations, et dans les cérémonies des trois derniers jours de la semaine sainte. Mais il est bon de remarquer que la plupart de ces divergences tiennent à ce que le sacramentaire gélasien ne nous est parvenu qu'après avoir subi de nombreuses retouches et interpolations gallicanes , et que dans bien des cas le sacramentaire grégorien a pour lui le suffrage du recueil léonien, ce qui est en faveur de l'antiquité de ses formules. « Jamais , dit M. l'abbé Duchesne , le sacramentaire léonien ne mentionne une fête propre au Gélasien ; au contraire , il contient six ou sept fêtes propres au Grégorien ^. »
Les deux sacramentaires différent encore en ce que les messes des Saints sont placés à part dans le Gélasien , tandis que dans le Grégorien elles sont confondues avec les messes du temps. De plus , bon nombre d'oraisons ne sont plus les mêmes. Le Docteur Probst a calculé que sur 492 oraisons que contient le Grégorien, 147 seulement, c'est-à-dire à peu
1 . Sed et Gelasianum codicem de missarum solemniis , multa subtrahens , pauca convertens , nonnuUa vero superadjiciens pro exponendis evangelicis lectionibus , in unius libri volumine coarctavit. (Joan. Diac. Vita S. Gregor., lib. Il, cap. 17.)