L<i Mélopée antique , p. XXIL
• '5-. -Les- vérita4)Ies origines du chant- grégorien , p. 73 j note i.
l'auteur de Un mot sur VAntiphonale Missarum conclut « qu'il est impossible d'affirmer avec certitude que les jours additionnels du Carême n'entraient pas déjà à titre préparatoire , dans l'ordonnance liturgique grégorienne'. »
Le texte de l'homélie XVI, sur lequel s'appuient M. Gevaert et les partisans de l'ancienne opinion , ne parle pas seulement du jeûne de 36 jours, mais mentionne aussi le jeûne de 40 jours : Discutiendum nobis est , cur hœc ipsa abstinentia per quadraginta dieriim numerum ciistoditur. Il y est question de deux périodes distinctes : une de 40 jours et l'autre de 36. Le temps du Carême ne commençait en réalité que le Dimanche après le mercredi des Cendres et ne contenait par conséquent que 36 jours de jeûne effectif^ mais il était précédé d'une période préparatoire de 4 jours, ce qui faisait un total de 40 jours de jeûne.
S. Léon le Grand (440-461), près d'un siècle et demi avant S. Grégoire , dans plusieurs de ses homélies , parle aussi des 40 jours de jeûne : Cognoscimus ad celebrandum paschœ diem , merito nos quadraginta dieriim jejunio prœparari-.
Même, longtemps après que l'observance des 40 jours de jeûne fut devenue d'usage général , les écrivains ecclésiastiques continuent l'enseignement symbolique traditionnel au sujet des 36 jours de jeûne dans lesquels, comme S. Grégoire, ils voient la dîme de l'année. Et les manuscrits des Sacramentaires , aussi bien que de l'Antiphonaire , désignent toujours le premier Dimanche du Carême par le titre : Dominica in Qiiadragesima inchoantis initium. — Initium Quadragesimœ ; tandis que le mercredi des Cendres est dans le Sacramentaire gélasien : In jejunio prima station, feria IV. Plus tard, on ajouta à cette dénomination : Caput jejunii. Mais le Concile de Soissons , en 853 , le place encore en dehors du Carême et l'appelle : Feria qiiarta ante initium Quadragesimœ.
C'est donc seulement le Dimanche que commençait le temps quadragésimal. Le bréviaire romain a maintenu un reste de cet ancien usage ; jasqu'aux Vêpres du samedi après les Cendres , l'Office divin s'accomplit comme dans le reste de l'année.
Mais, pourquoi dans notre liste de Communions fériales, cette semaine supplémentaire n'a-t-elle pas de messe pour le samedi ? Le D"" Probst pense avec raison que ces jours de jeûne préparatoires au Carême , étaient dans l'origine ceux des quatre-temps du premier mois\ Or, l'on sait que le samedi des quatre-temps , il n'y avait pas le matin de synaxe eucharistique ; le soir seulement, commençait à Saint-Pierre la vigile solennelle, pendant laquelle avait lieu l'ordination ; elle était suivie de la messe aux premières heures du Dimanche. Au temps de S. Grégoire , nous apprend Egbert d'York , le jeûne du premier mois qui autrefois se célébrait en dehors du Carême , fut assigne à la première semaine de la période quadragésimale*. Et le Liber pontificalis
1. Ob. cit. p. 3S. — Cf. Kosma de Papi , Liturgia sacra catijolica, p. 324 et note 4.
2. V. Probst op. cil. pp. 195-196 , où sont cités tous les textes de S. Léon, relatifs aux 40 jours de jeune.