‹ La science [musicale] grégorienne; revues diverses, 1898-1908Chapitre 27 sur 127 · III. — L'Antiphonaire Centon (Suite · texte numérisé non relu

III. — L'Antiphonaire Centon (Suite

Le texte des Répons de l'Office, avons-nous dit, n'est pas toujours tiré de la Sainte Ecriture. D'autres chants très anciens offrent la même particularité: c'est ce qu'on appelait autrefois psaumes ^n^és psalmi idiotici , pour les distinguer des psaumes de David , qui formaient la base du chant liturgique. « Ces sortes de psaumes , dit M. l'abbé Batiffol , avaient été au IP et au IIP siècle en grande faveur tant chez les catholiques que chez les hérétiques -. » L'historien Eusèbe mentionne « les psaumes et les chants chrétiens, composés depuis l'origine par des fidèles, et qui célèbrent le Christ Verbe de Dieu, en le proclamant Dieu lui-même ^. »

Mais l'abus que faisaient les hérétiques de ce genre de cantiques les fit éliminer de la liturgie cathoHque. Cependant ils ne disparurent pas complètement. L'Eglise grecque redit encore aujourd'hui le psaume du soir , Phôs ilaron Lumière joyeuse ^ et nous chantons à la Messe l'ancien psaume matutinal des Landes , Gloria in exceisis Deo , dont le texte se trouve déjà dans les Constitutions apostoliques \ Le Te Deum , quoique de composition plus récente, est aussi mw psalmus idioticus'K

A la fin du IV siècle , ces sortes de chants redeviennent en honneur. S. Ambroise fait chanter des hymnes de sa composition et S. Augustin lui-même, pour inculquer au peuple la doctrine catholique, corrompue par les Donatistes, compose un psaume abécédaire dont toutes les strophes commencent par une lettre de l'alphabet. Après chaque strophe formée de douze versets s"intercalait un hypopsalma ou réponse chantée par tous les fidèles ^ Ce refrain n'est autre chose que l'antienne qui accompagnait le psaume. S. Jean Chrysostome nous donne la raison de cet usage. Parlant du psaume Confitemini Domino auquel l'assistance répondait par le verset //^r^<://>5ç//,3;77 fecii Domiiius, il ajoute : « Le peuple ignore le psaume en entier; on a donc

1. V. Kevue de Musique religieuse , Février 1897 , Janv. et Mars 1898.

Page 1