‹ La science [musicale] grégorienne; revues diverses, 1898-1908Chapitre 41 sur 127 · I. Voir page 133 , n^ 8 , mars 1898, Revue de Grenoble · texte numérisé non relu

I. Voir page 133 , n^ 8 , mars 1898, Revue de Grenoble

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groupe il y a une grande variété de combinaisons rythmiques purement musicales, selon la constitution du groupe par i, 2, 3, 4 notes.

he groupe-syllabe produit donc un rythme franc, musical avant tout, — comme toute musique l'exige, — tandis que le groupemot ne produit que déséquilibrement constant. On va le voir immédiatement.

Prenons le mot « Alléluia ^ »

Je traduis en premier lieu les neumes de Saint-Gall-, d'après le principe de Guy d'Arezzo ou d'Odon. Savoir : une syllabe musicale est formée d'un, deux, trois ou quatre sons, et représentée par un neume. J'obtiens ceci :

Neumes: Epiph. Porr.flexus

prxpunctis Scand. Clicis Pod . tiquesc. Trait.

Al - le -

C'est une vraie perle musicale, comme on en découvre à chaque pas en suivant ma théorie, c'est-à-dire celle de Guy d'Arezzo.

Or , 1° Si je consulte la notation bénédictine transcrite en notation moderne, (Voir plaquette musicale-' des conférences de Dom Mocquereau à l'Inst. Cath. 10 Dec. 1897), je lis :

Neumes sous-entendus ! ! ! Pressus Torculus resup.

Mouv. jN;^ 160. Pod. Scand. major. Trait snbbi punciis. Trait.

Al - le - - lu - - ia.

On voit déjà clairement si les inots arbitraires du système bénédictin correspondent aux syllabes musicales de l'enseignement guidonnien, c'est-à-dire aux neumes authentiques!

Je ne crains pas de mettre au défi mille chanteurs, chantant sur les neumes, de découvrir dans les groupes-syllabes authentiques notés neumatiquement, ex. A, la mélodie qui, pour eux tous, devra être représentée par les neumes sous-entendus dont je donne le nom , au-dessus de l'exemple B.

Et 2" si je lis tout simplement la notation carrée sur 4 lignes du Liber-Gradualis bénédictin , en admettant a priori que chaque formule de cette notation carrée corresponde rigoureusement à la notation neumatique primitive , hors de ma vue, j'obtiens une TROISIÈME version que je chanterai :

Neumes sous-entendus :

l'oil . Pod. Potl. Cliiis Trait Torculus

Ex. C

• le

Tous les groupes sont dénaturés ? Pourquoi ? Comment, de plus, à la lecture de ces groupes nouveaux, imaginer que l'on doive les dénaturer comme ils le sont selon la

1. (De l'Ali. ^. Te martyrum). Voir Gradualis de Soiesmes, p.nge 29,

2. Man. 339, p. 132, du fac simiie T. I. Paléograpiiie. j. On ne m'accusera pas de fantaisie, cette fois,

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version B, (puisque cette version est la transcription rythmique de la notation carrée ex C), et, comment peut-on prétendre que ce mode de chanter la mélodie notée au Gradualis, ex. C, soit conforme à la tradition, alors que les neumes de St-Gall traduits, ex. A, selon l'enseignement de Guy d'Arezzo, nous donnent la version si musicale par laquelle j'ai commencé ma démonstration.

Et c'est en s'appuyant sur les « sources » (on a vu le respect qu'on leur témoigne) que l'on nous propose une semblable restauration ? Qui dit restauration dit remise en état; ov , n'est-ce pas une « démolition » en règle, pierre à pierre, de l'édifice musical élevé par nos aïeux, que cette étrange façon de procéder ?

Et encore, qu'est-ce donc que cette phrase qui termine la 3* ligne de la page 41 : « /^ chanteur doit se laisser guider par un principe supérieur à celui de la concordance des paroles et de la musique, celui de la prééminence du rythme musical », (ce qui, entre parenthèses, est absolument conforme à ma théorie tant attaquée comme étant l'œuvre d'un musicien !)

Mais, où trouver le rythme musical qui, d'après le R. P., doit primer toute considération, sinon dans la notation neumatique inventée pour remplir cet office précis ? Or, comment respecter le rythme musical autrement qu'en respectant les neumes et l'enseignement qui les explique? Or, encore, que fait-on, en suivant le système bénédictin, et des textes? et des neumes ? 11 suffit de relire tout ce qui précède pour être édifié à ce sujet.

La Paléographie porte sur sa page de titre ces trois mots : res non verha : « J'ai exposé les faits, sont-ils en faveur de l'œuvre de Solesmes, qui se contente de se défendre par des mots sonores ? Avais-je tort de dire dans mon ouvrage, que la notation bénédictine (ex C) sous-entend souvent une autre notation neumatique que la notation originale (ex. A), et qu'ensuite les principes du phrasé bénédictin (ex. B) ne respectent jamais pour ainsi dire les neumes primitifs ? Tout cela est irréfutable; je répète ce mot qui a soulevé des tempêtes contre moi, et je le maintiens, puisque nul n'a pu jusqu'à ce jour, saper à la base aucune de mes affirmations.

Il y a plus grave encore contre Solesmes et, si un critique m'a adressé le « ne sutor ultra crepidam », je suis tenté d'adresser aux maîtres actuels le non moins antique « Quos vult perdere Jupiter , etc ! » En effet, le R. P. Dom Bourigaud , citant le texte : « ut veluti metricis pedïbus cantilena plaudatur » n'ajoute-t-il pas en guise de traduction : « afin que l'allure du chant soit analogue à celle de la poésie , et par le fait équivalente à celle de la prose. » Que penser de cette déduction cavalière d'une traduction fantaisiste ?

On se sent envahir par un malaise indéfinissable en lisant de telles choses , manifestement contraires à la vérité , sous la signature d'un religieux qui ne peut arguer de son ignorance du latin ! Comment ne voit-on pas que , puisque la mélodie doit être battue (plaudatur) comme le sont les pieds métriques; 2° puisque chaque pied est représenté par un neume , cum. et neumœ loco sint pedum ; 3° puisque chaque syllabe est assimilable à un pied, il faut de toute nécessité que la mélodie soit rythmée pied par

pied, c'est-à-dire syllabe par syllabe (de i, 2, 3, 4 sons adjoints) et qu'en conséquence: i" notre traduction A est seule vraie: 2° la notation C, qui recoupe tous les neumes primitifs et lui en substitue d'autres, est fausse: et 3° la ruine est consommée par la méthode d'exécution B, qui ne respecte plus rien , ni neumes , ni syllabes , ni notation, tout étant livré à l'arbitraire du groupement, nécessité par l'application des principes du phrasé bénédictin sus-rappelé.

Alors que dire d'un système qui forge les textes lui manquant, tronque ceux qui lui sont contraires, déduit d'un principe formel, volontairement traduit à faux, une théorie qui, en contradiction avec ce principe, ne repose sur rien, dénature les groupements rythmiques authentiques, et finalement, applique une théorie d'exécution ne tenant plus compte de rien autre que d'une notation préparée pour la mettre en œuvre ?

On voit ce qu'il reste de l'affirmation finale du R. P. : cette théorie de V exécution du Chant Grégorien a pour elle l'appui

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