Que le Révérend Père couvre de fleurs, p
78 l'avenir de la musique sacrél
Prendrons-nous le pseudo-Hucbald : « Item brcvia quxque impcditiosiora non sint, quam conveniat brevibus. Veriim omnia longa œqualiter longa, hrevhim par sit brccitas... Omnia qux diu ad ea qiue non din, legitimis inter se inorulis numerose concurrant . » — « Sic ilaque numerose canere est longis brevibusque so/iis ratas mondas metiri ...»
Le rythme dn chant grégorien est astreint, ce semble, à une mesure certaine,, et les quinze pages des Mélodies grégo- ?'ienn es tenùimt à démontrer que le rythme oratoire essentiellement libre est celui qui lui est applicable, sont manilestement contraires à l'enseignement ancien, malgré la haute autorité du promoteur du fameux rythme.
11 reste donc acquis: 1° que chaque neume est une formule rytiimique constituée par des notes qui sont longues ou brèves dans un rapport mathématique, comme l'est, dans un autre ordre de faits, un pied métrique pris comme terme de comparaison pédagogique ; 2° que ce neume-pied est l'unité de mesure du rythme ; 3" que le rythme général de la mélodie n'est libre qu'entant que les membres do phrase ne sont pas soumis à une longueur fixe déterminée, comme l'est un vers par exemple, attendu que Guy d'Arezzo le sj)écifie formellement : « Proponatquc sibi miisicus qtiibus ex his divisionibus incedenlem faciat cantum^ siciU metricus quibtts pedibus faciat versnm, nisi qijod mlsicls ^0N se tanta lkgks necessitate
CONSTRLNfilT, QTIA IN OMMIîUS SE W.VS. ARS IN VOCUM DLSPOSITIONE RATI0NAB1LI VARIETATE WISCKRI PERiMlTTIT. . . Simt VerO QUasi
prosaici cantus in quibus non est citr<v si ali,v majores ait,'/' minores partes et distinc/io ies p< r loca sine discretione invenianiur more prosarum. »
Mais rien ne prévaut toutefois contre ce fait que chaque neume est une formule rythmique qui joue dans la musique le rôle du pied ilans le verset que ce neume est lunité de mesure du rythme grégorien comme nos temps rylhmi- ([ucs sont les unités de mesure dans notre musique moderne.
Va si l'on veut une confirmation éclatante do mon principe UN NEUME 1= UN TEMPS RYTIIMlQlli; MODERNE, principe
que j'ai tiré de déductions en déductions de l'analyse de tous les textes théoriques connus actuollement, je citerai cette simple phrase d'un compilateur peu cofnnu du xi'siècle (1 ):
1. Joiinncs, presbyter. Mail. bib. diiMonl-Cassin, anii. 318, anc. 371, dans Ad. de la Fage : Essais de diphtf^rographio musicalo, p. 392 et suiv.
l'avenik de la musique sacrée 79
« Voscantoresqui vultisscire vias neumarum et vultis inquirere ars musicorum, videatiir q uomodo dividantiir neumarum chordium et quoiviodo piiRGUNï per .equalitatkm quoniam o.mnes NECM^ iEQUALiTER PERGUNT, sed tamcn mclodia cantorum ponunt qualiter brevis qualiter lunga qualiter una chorda^ qualiter duo', qualiter très... quatuor... quinque... sex, etenim in una neuma nomine . » (Sic.)
Ainsi donc, voilà, dans un latin assez peu châtié, ma théorie pleinement confirmée. Les neumes peuvent avoir jusqu'à six notes groupées en une seule figure rythmique et tous les neumes sont égaux. Confirmation absolue du principe du micrologue de Guy d'Arezzo : Unus, duo vel très (soni) aptantur in syllabas, ipsreque salée (I, 2, 3) vel duplicatœ (2, 4, 6 sons) neumam constituunt »
J'ai étendu jusqu'à huit sons la possibilité de groupement parce que je trouve dans les manuscrits des groupes de huit sons; mais j'ai fait néanmoins une réserve à ce sujet dans mon grand ouvrage. (V. Nota de la page 160.)
Je pense que désormais on peut considérer la discussion comme close, et close en ma faveur.
Nous avons donc une base scientifique solide pour parler « restauration »,
Nous étudierons alors un jour ce qu'il conviendrait de faire pour la pratique maintenant que le côté théorique est élucidé. G. Houdard.