‹ La science [musicale] grégorienne; revues diverses, 1898-1908Chapitre 65 sur 127 · UNE PETITE REPONSE · texte numérisé non relu

UNE PETITE REPONSE

M. le chanoine Chaminadc nous écril :

La Revue du Chant Gréqorien publiée à (irenoblo, sous l'inspiration de D. l*olhicr, a commis, dans son numéro du mois de juin, plusieurs inexactitudes qu'il importe de relever. (Article : Echos, pp. 214-215.)

L'autour de l'article {Un Grégorien) écril ceci : « Il est bon de rappeler que la stricte unité liturgique en matière de plain chant n'est pas imposée. »

— L'Edition officielle n'est pas imposée, cela est vrai, pas plus que Eglise n'/mposa la Liturgie romaine. (Décret du 26 avril 1883.) Mais un ami soucieux de l'entière vérité et respectueux des décisions du Saint Siège se lut emprcbsù d'ajouter que l'Edition oflicicUe est *.< chaleureusement rt commandée » aux RU™'''' Ordinaires par 13 documents pontificaux « dans le but d'obtenir dans tous les diocèses » Unité du chant liturgique. (Bref de Pie IX, 30 mai 1873. — Bref de Léon XIII, io nov. 1878. — Décret du 26 avril 1883. — Décret du 7 juillet 1894.) 11 eût ajouté aussi que « c'est une pratique constante des Souverains

l'avenir de la musique sacrée 104

Pontifes d'user de la persuasion pour la réforme de certains abus, plutôt que de donner des ordres » et que « les RR™«' Ordinaires des Lieux et leur clergé ont coutume d'interpréter pieusement et religieusement comme un ordre les exhortations du Souverain Pontife. » (Décret du 26 avril 1883.)

— « Tout le monde sait fort bien, continue le Grégorien, que l'Edition officielle est celle de Rafisbonne. »

— Eh bien! non : l'Edition ofiicielle n'est pas « celle de Ratisbonne ». Tout le monde f^ait fort bien que M. Puslet n'est qu'un simple imprimeur obéissant en toutes choses aux censeurs ecclésiastiques de Rome. L'Edition officielle, c'est l'Édition romaine, « préparée à Rome et publiée par les soins et l'autorité de la S. C. des Rites ». {Voirie litre des éditions typiques.) Bien plus, aucun autre Graduel, aucun autre Vespéral n'a le droit de s'intituler Romain : car « la seule forme de chant grégorien qui doive aujourd'hui être tenue pour authentique et légitime, c'est celle qui a été approuvée et confirmée par Paul V, conformément aux prescriptions du Concile de Trente; par Pie IX, de Sainte .Mémoire; par N. T. S. P. le Pape Léon Xllf, et par la S. G. des liites ». (Décret du 26 avril 1883.)

— « Au surplus, conclut le Grégorien, il faudrait vérifier les documents sur lesquels on s'appuie. J'ai sous les yeux la dernière collection des Décrets de la Congrégation des Rites, relatifs au plain-chant et à la musique religieuse : j'y cherche en vain le Décret Romanorum Pontificum. »

— Il y a treize documents pontificaux émanés de la S. C. des Rites et, tous, dûment approuvés par Pie IX ou par Léon XIII, sans compter les approbations spéciales imposant les chants typiques du Rituel, du Missel et du Cérémonial des Eréques : tels sont les documents parfaitement authentiques sur lesquels, en bons catholiques romains, nous nous appuyons. Si le Grégorien, quoique ayant « sous les yeux la dernière collection des Décrets de la S. C. des Rites, » y a cherché en vain le Décret Romanorum Pontificum, c'est qu'il a mal cherché : car ce Décret figure dans la GoUection officielle de Gardellini sous le n" 5869. {Appendix V, du 12 janv. 1878 au 23 nov. 1887.) Mais peutêtre notre chercheur a-!-il confondu le Décret Romanorum Pontificum avec le Décret Quod S. Augustinus du 7 juillet 1894. En effet, ce dernier n'est pas encore dans la collection Gardellini, mais pour une raison bien simple : c'est que les décrets généraux de la S. C. des Rites n'y sont insérés que tous tes dix ans. Déjà, en 1884, les opposants refusaient au Décret Romanorum Pontificum toute autorité, sous prétexte qu'il ne figurait pas dans ladite collection : après avoir mené grand tapage pendant trois ou quatre années, ils curent enfin satisfaction. Que les mécontents d'aujourd'hui se rassurent donc: à leur tour ils auront satisfaction à l'expiration de la période décennale (1).

1. D'aucuns prétendent pourtant que V Appendix VI ne paraîtra pas, parce que Rome publie actuellement une nouvelle édition des Décréta Authentica, dont deux volumes ont déjà paru, et dans laquelle les Appendices feront corps avec le reste.

D'autre part un de nos correspondants, personnage bien en situation pour être renseigné cl dont par discrétion nous tairons le nom

102 l'avemu de la musique sacrée

Au s^urplusjc me déclare disposé à adopter une édition quelconque, pourvu que Rome on manifeste le désir; mais jusqu'à ce jour — et tout fait prévoir qu'il en sera très longtemps ainsi — Rome veut obtenir VUnitéàu chant liturgique, non pas au moyen de l'i-dilion rémocambraisienne, pas même au moyen de l'édition bénédictine, mais au moyen de l'Edition officielle qui, seule, mérite le titre de Piomnine ; ca r,. <;ci(/e, elle est upprouvée par ilonic.

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