Fragment de mesure moderne
5. Néanmoins, dans les deux cas, le pied r!/th)iiitjuc et le temps moderne sont bien 4'un comme l'autre l'iivHc de fait du rythme musical (voir les deux citations qui suivent dans le corps du texte ci-contre).
♦i. Dans un mouvement lapide (rythmes de danse p. e. à 2/4, 3/4), la mesure moderne eorrespond à un seul pied antique. C'est de cette double nature do la mesure que naissent tous les malentendus. On velt n'en U-ouver qu'une seule.
l'aven [K DE LA MUSIQUE SACRÉE 131
Ecartons tout ce qui concerne la inélriçite proprement dite, sjience d'arrangements conventionnels ; elle n'a rien à voir dans la question « rythmique » qui nous occupe.
« Tout assemblage de temps ou de pieds qui se succèdent « dans un ordre régidier, sans mélange de pieds discor- « dants, prend le nom de rythme, en latin ^ numerus(l). »
Telle est bien, en effet, la théorie de la constitution du rythme antique : tous pieds égaux ou s'égalisant dans une période d'un genre fixé. JN'est-ce pas le principe du temps /nusical moderne, unité rythmique constitutive de la période, se répétant toujours semblable à lui-même ?
Que vient donc faire celte aftirmation gratuite, ou cette objection que rien n'étaie: « que les anciens mélangeaient tous les pieds ensemble pour donner de la variété à leurs périodes > ? Oui, ils le faisaient dans la composition de leurs vers, mais non dans leurs œuvres musicales, la théorie rythmique s'y opposant et, mieux encore, la nature humaine ne pouvant l'accepter.
Notre temps moderne correspond donc à coup sûr au pied rythmique antique, en tant qu'unités respectives et réserve faite en ce qui concerne la manière de les battre ostensiblement pour la direction du chœur.
Les Anciens semblent s'être représenté le rythme comme un long ndjan, ou une chaîne composée d'anneaux égaux, c est-à-dire de pieds rythmiques égaux (2).
Confiriiiation nouvelle de la citation qui précède et, de plus, confirmation nouvelle de la citation de l'enseignement de Guy d'Arezzo :
Sunt vero quasi prosaici cantus... in quibus non est curiv, si alise majores, alvi' minores partes et dislinctiones per loea sine discretione inveniantur more prosarum.
D'un côté donc nous trouvons l'obligation de Végalité temporaire de tous les pieds rythmiques, de l'autre la liberté dans le développement de la phrase mélodique.
Est-il donc encore si téméraire d'affirmer, voire même avec la ténacité que j'ai apportée dans tous mes écrits, 1° que le temps musical, unité rythmique moderne, correspond exactement au pied rythmique antique; 2" que la phrase mélo-
1. V. cette Revue, n° du 15 juillet 1899, p. 102, 2'- alinéa.