EXPLICATIONS
A propos des observations que nous avons insérées dans notre numéro d'octobre (pp. 169 et 170) touchant le Petit Catéchisme liturgique de l'abbé Dutilliet, nous avons reçu la lettre suivante :
Saint-Sulpice, 31 octobre, 1R09.
Monsieur le Chanoine,
Dans notre récente conversation vous m'avez ofîert d'insérer mes réilexions au sujet de l'article de votre Uevue Au pays des truffes. Je me décide à vous les envoyer, en ce qui m'atteint personnellement.
1. Ce n'est pas â cause de son passé que jai accueilli l'oflre de rééditer l'ouvrage de l'abbé Dutilliet que me faisait un converti. Moi seul étant en cause dans cette réédition, il était faux autant qu'indélicat d'associer un mot injurieux à la mention de MM. les Sulpiciens.
2. Grâce à la Préface, nous sommes arrivés en trois ans à la vingtième édition du Catéchisme liturgique devenu introuvable après deux éditions parues du vivant de l'auteur.
3. Je suis heureux de ce résultat, non par intérêt {Is fecit cui prodest, dites-vous), mais à cause de la difTusion de l'œuvre très sérieuse d'un digne curé de campagne. C'était si bien Tunique but de M. Huysman et le mien que ni lui ni moi n'avons voulu recevoir un centime pour notre travail de revision. Je dois ce détail à vos insinuations.
4. Quand Mgr l'évêque de Périgueux a daigné approuver cet ouvrage, il a judicieusement apprécié les vrais sentiments de l'auteur du Catéchisme de chant ecclésiastique.
5. Cet auteur, loin de faire fi des décrets pontificaux, développe au contraire les raisons qui expliquent l'édition ol'licicUe et par suite les décrets qui la recommandent, et il montre combien le principe de l'abréviation était approprié aux besoins des temps.
0. Toutefois, en proclamant la sagesse de l'Eglise, il n'est pas interdit d'exprimer l'espoir que, si la bonne exécution du chant se généralisait, l'Eglise pourrait préférer les mélodies complètes des iVges de foi à des mélodies tronquées seulement parce qu'on ne savait pas les chanter.
Rien n'empôche d'appliquer au chant la théorie du saint Concile de Trente touchant les rites accidentels, que l'Eglise peut modifier pro rerum, temporum et locorun rariclaie.
Ceux qui liront sans préjugés le Catéchisme du chant ne songeront pas plus à mettre son auteur en opposition avec les doctrines romaines que n'y ont songé depuis vingt-huit ans ceux qui ont reçu son enseignement.
Je vous prie de faire part de ces simples considérations à vos lecteurs.
Bien à vous en Notre Seigneur A. ViGOURKL, pr. de S. -S.
l'avenir de la musique sacrée 219
En insérant la variation Aux pays des truffes, nous étions à cent lieues de supposer qu'elle causerait un tel émoi. Le moyen, s'il vous plaît, de ne pas laisser échapper de temps en temps un mot trop incisif, étant donné l'entraînement auquel expose la quantité énorme de lettres, de brochures et de revues qu'il nous faut dévorer chaque mois et dont certaines de nos pages ne sont que la quintessence...
Nous nous bornerons donc à répondre que dans notre notice sur le Catéchisme Dutilliet il n'y avait pas un mot de nous. Sur les demandes réitérées de nos corres-pondanls, nous avons simplement fait nôtres, en les atténuant beaucoup, des appréciations qui nous ont été envoyées par des ecclésiastiques des régions les plus opposées, tous très expérimentés, tous très versés dans les questions que nous traitons : c'était leur sentiment propre dont nous nous faisions l'écho très affaibli.
Quant à ceux de nos lecteurs qui désireraient juger par eux-mêmes, nous leur apprenons, s'ils ne le savent déjà, que le Petit Catéchisme liturgique de l'abbé H. Dutilliet se trouve chez Bricon, 19, rue de Tournon, Paris.
Inutile d'ajouter, qu'on ce qui nous concerne, nous préférons nous en tenir uniquement et aveuglément à ce qu'a décrété la S. C. des Rites, sans rien désirer au delà, vu que les dissensions des savants ne nous laissent rien voir, jusqu'à nouvel ordre, de vraiment désirable. Si quelque jour la sainte Eglise juge à propos de nous donner une autre direction, quelle qu'elle soit, d'un coup de rame nous nous orienterons aussitôt dans le sens indiqué, en vertu du seul principe auquel nous reconnaissions quelque [valeur, celui de la pure et simple obéissance à l'autorité liturgique. En attendant, nous ne connaissons que les Décrets Romanorum Pontificium et Quod S. Augustinus, et nous les acceptons tels qu'ils sont, en tenant compte et des tendances que nous révèlent leur texte et de la part de liberté et de tolérance qu'ils veulent bien nous laisser.
Disons, pour terminer, qu'il nous est particulièrement agréable d'insérer les observations de M, l'abbé Vigourel, avec qui nous avons toujours eu les relations les plus cordiales et dont plus que personne nous admirons le zèle et le dévouement.
A. Gabert.
LE NEUME-TEMPS RYTHMIQUE DEVANT LA CRITIQUE
{Suite et fin) (4)
Au début de la deuxième partie de cette étude (2), j'ai dit : « 5?' d'une -part le principe est admissible pour les neumes représentant un mouvement mélodique de deux ou trois sons... etc., et j'ajoutais en note : « Pourquoi ceux-là seuls, on serait en peine de le démontrer .
Après réflexion, je pense qu'il est mauvais de paraître me