‹ La science [musicale] grégorienne; revues diverses, 1898-1908Chapitre 98 sur 127 · LE CHANT TRADITIONNEL ET LE CHANT DES MANUSCRITS · texte numérisé non relu

LE CHANT TRADITIONNEL ET LE CHANT DES MANUSCRITS

Extrait de la Reimc de Chant grégorien et de la Mimqite religieuse ; Marseille, i\, place Sébastopol; n^S?, novembre et décembre 1899.

' ' « Une chose curieuse qui frappe et qui étonne, dit à sontour Dom Kornmiiller, c'est que l'on ne tient aucun compte du corps des mélodies, des tons, intervalles et modes, qu'on les ignore presque complètement, qu'on proclame a priori l'identité des mélodies contenues dans les manuscrits notés avec celles des manuscrits neumés, et que l'on ne s'occupe que du squelette, de la structure. Un squelette ou un schéma rythmique est bon et nécessaire ; mais il ne me donne pas de certitude sur l'auteur de la mélodie, parce que l'on peut écrire plusieurs mélodies toutes dilTérentes sur un seul et même schéma (1). »

Et quand même on parviendrait à interpréter d'une manière sûre les manuscrits neumés de Saint-Gall, nous aurions le chant d'une époque et d'une certaine école, mais serions-nous certains qu'il représente le chant primitif de l'Eglise? Si l'on compare, en effet, l'Antiphonaire anibrosien avec le grégorien, on trouve dans un grand nombre de pièces une parenté évidente. Non seulement les textes se ressemblent ou sont tout à fait identiques, mais on y retrouve les mêmes modes, les mêmes cadences, les mêmes formules, souvent le même dessin mélodique, et cependant les deux chants diffèrent par la façon dont on a élaboré ces matériaux communs. Il est clair que tous deux sont dérivés d'un original primitif, sur lequel sont venus se greffer ces mélismcs compliqués, ces ornements multiples, que les chantres de Rome ou de Milan ont arrangés chacun à leur manière ; mais ni l'un ni l'autre ne représente ce chant original dans son intégrité.

Il y a là un fonds de formules traditionnelles, qui se sont d'abord transmises de vive voix, puis qui, moditiéos dans le cours des âges, ont été plus tard fixées par écrit. Dans le [trin.

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