‹ La science nouvelleChapitre 10 sur 106 · LIV. 1. — 1)E l'ÉIAULISSEMENT UES l'RlJiCU'ES · texte numérisé non relu

LIV. 1. — 1)E l'ÉIAULISSEMENT UES l'RlJiCU'ES

Nous trouvons encore, dans l’antiquilé prétendue des Egyptiens, un témoignage de Yorgucil des nations, dont chacune , au dire de Diudore de Sicile, qu’elle ail été barbare ou civilisée, a affecté d'être la plus ancienne de toutes, et de conserver ses souveiiirs et scs traditions depuis le commencement du monde ; honneur qui n’apparlienl réellemcnl qu’au peuple hébreu. Kous voulojis jiarler ici de la prétention des Kgj ptiens au droit d'ainesse de leur Jupiter d'abord , et de leur Hercule ensuite sur tous les autres Jupiters, et sur tous les autres Hercules du monde. Ce qu’il y a de vrai dans cette prétention, c’est que cliez tous les peuples, la première époque a été cei.i.e ues dieux dont Jupiter est le roi , et la seconde a été celle des héros ou des enfants des rf/ewo; dont Hercule est le plus grand.

La première colonne de celte table clironulogique est occupée l»ar les Hébreux, qui vécurent, selon le Juif Flavius Jo.sèphe et selon Firmien iMctance , inconnus à loutes les nations païennes. Us faisaient , aussi bien que tous les autres peuples, mais avec jilus de raison qu’aucun d’eux , remonter leur histoire jusqu’aux premiers jours du monde ; et les critiques les plus sévères s’accordent aujourd’hui à admettre le calcul de Philon le Juif. Ce calcul diffère, il est vrai, d’avec celui ééEusèbe; mais celle différence n’est (|ue de mille cinq cents ans, et nous la trouvons bien légère si nous la comparons à celles qui se reneoiilrent dans les calculs des CV/oWéen-v, des Scythes, des Egyptiens et des Chinois. Celle réflexion nous paraît suffisante pour reconnaître que le peuple ^«1/ a été le premier de tous les peuples, et qu’il nous a conservé, dans son histoire sacrée , des mémoires véridiques depuis le commencement du monde.

La seconde colonne api>arlicnt aux Chaldéens , d’abord parce que la géographie nous enseigne que la monarchie assyrienne a été la monarchie la plus éloignée de la mer, et i>arce

CIIAP. 1. — EX1-I.ICAÏ. DE LA TADLE CHllO.SOL. — C. 1)

que, comme nous le dcmonlrerons dans cet ouvrage, les pays situés dans l’intérieur des terres ont été peuplés les premiers, tandis que les pays voisins de la mer n’ont été habités que plus tard. Tous les philologues s’accordent h reconnaître Zoroastre comme le prince ou le chef des Chaldéens, el ceux-ci comme les premiers savons du paganisme. Vhistoire universelle n’hésite pas à parler d’abord de la monarchie assyrienne, qui dut être formée par le peuple chaldéen. Ce peuple, s’élant accru en nombre, serait devenu du temps de Piinus la nation assyrienne, et ce chef aurait fondé la monarchie assjrienne, non lias au moyen de l’intervention étrangère, mais par la volonté et par le concours d’une piirtie de la nation chaldéenne elle-même. Ce fut donc par suite d’une révolution ou d’une guerre civile, que le nom de Chaldéens s’éteignit et fut remplacé par celui A’ Assyriens , qui désignait , selon nous , les plébéiens de la nation clialdécnne , à l’aide desquels , et en se mettant à leur tête , Ninus parvint ;i la royauté. Car c’est ainsi que procèdent les nations; et nous en donnerons des preuves ilans le cours de cet ouvrage. X.'histoire nous raconte (jue Zoroastre fut tué jmr PHnus ; mais elle nous i>arle ici un langage héroïque, c’est-à-dire symbolique, et elle veut nous faire entendre que le règne aristocratique des Chaldéens, dont Zoroastre n’est qu'un représentant symbolique, ou un type héroïque, fut renversé par la liberté populaire des idébéiens de celte première monarchie. Nous verrons que, dans les temps héroïques, les plébéiens el les nobles formaient deux nations différentes. C’est donc i>ar la volonté de celle seconde nation que Ninus fut fait roi. Si notre explication n’était pas admise, il en résulterait une monstruosité chronologique dans l’histoire; c’est-à-dire que nous verrions la nation ebaldéenne passer rai»idcment , el pendant la vie d’un seul homme , de Zoroastre , de l’état nomade sans lois , et de toute 1a grossièreté de l’enfance des i)cuples, à un état de grandeur el de puiss;mce, tel (pie celui où nous la trouvons lorsque Ninus y fonda une grande monarchie. Yoilà ce qu’on pourrait nous reprocher si , comme on l’a pratiqué jusqu’ici, nous faisions commencer riiistoire universelle [>ar le règne de Ninus. La monarchie assyrienne nous paraîtrait alors née comme naissent les

10 uv. 1. — «i: l’étauusseme.nt due principes.

grenouilles par une pluie d’6lé , c’esl-U-dirc avec une rapidité inexplicable.

La troisième colonne est occupée par les Scythes qui surpassent les Égyptiens en antiquité , si nous en croyons une tradition mlgaife.

La quatrième colonne est celle des Phéniciens , que nous plaçons aussi avant les Égyptiens, Les Phéniciens reçurent des Chaldéens le cadran, la comnaissance de l’élévation du pôle, cl Yart d’écrire avec des lettres. Ils zqjporlèrent toutes ces découvertes aux Égyptiens.

Nous avons indiqué les raisons qui nous obligent h n’assigner que la cinquième place aux Egyptiens, malgré Marsham, qui les considère dans son Canon comme les plus anciens parmi les peuples.

Nous considérons Zoroastre ou le règne des Chaldéens comme un symbole jJoétique , c’est-à-dire comme un type oriental des fondateurs de peuples; c’est pourquoi nous trouvons autant de Zoroastres en Orient, que ôl Hercules en Occident. Peut-être même l’Hercule et l’Hercule phénicien que Farron ren-

contra en dsie, et qui avaient pourtant les traits des Occidentaux, n’élaient-ils que des Zoroastres pour les peuples d’Orient. Mais les érudits , qui demandent à l’iiisloire de conflrmer leurs conjectures trompeuses, ont fait de Zoroastre un homme doué d’une science merveilleuse, et ils lui ont attribué les Oracles de la philosophie, ouvrage qui nous présente, sous le manteau de la plus grande antiquité, une doctrine comparativement récente, la doctrine des Pythagoriciens et des Platoniciens. La présomption des érudits ne s’arrêta pas en si beau chemin, et elle ne craignit pas de supposer la succession des écoles chez les diverses nations ; elle établit que Zoroastre avait instruit ^Bérose pour la Chaldée ; que Bérose avait formé pour Y Égypte, Mer-

CHAP. I. — ENPLICAT. DE I.A TABI E CHROSOL. — I. \\

cureTrismégiste; que Mercure Trismégislc, à son lour, avait fail l’éducation A'Mlas pour V Éthiopie ; et qu’Atlas enfin avait été le précepteur du Thrace Orphée^ l’un des maîtres de \si Grèce. Mais nous verrons bientôt combien ces longs voyages durent être difficiles pour ces nations primitives , qui ignorèrent , pendant un si grand nombre d’années , l’existence même do leurs plus proches voisins, et qui n’apprirent enfin h se connaître entre elles qu’à l’occasion des guerres, ou par les nécessités du commerce.

Les Philologues, étonnés et confondus par les innombrables traditions vulgaires qu’ils ont recueillies sur les Chaldéens, ne savent plus nous dire si ceux-ci étaient des hommes isolés, ou bien s’ils étaient réunis en familles , ou si enfin ils formaient un peuple ou même une nation. Nous croyons pouvoir résoudre ces difficultés , en disant qu’ils ne furent d’abord que quelques hommes isolés; qu’ils se groupèrent ensuite en familles, de plus en plus nombreuses jusqu’à ce qu’ils devinssent un peuple, et ce peuple une nation, sur laquelle la monarchie assyrienne fut fondée. Nous croyons aussi pouvoir dire que leur science consista d’abord dans une grossière divination , au moyen de laquelle ils lisaient dans l’avenir par la marche des étoiles qu’ils voyaient tomber dans la nuit , et que cette science s’éleva par la suite à V astrologie judiciaire. Les Latins appelèrent toujours Chaldéens les astrologues judiciaires.

H. — Japiiet, dont descendent les gdans.

Plusieurs /atf* physiques que nous avons trouvés dans les fables grecques, et plusieurs preuves aussi bien que

nvofoles, que nous trouvons dans Yhistoire civile, nous démontrent, comme nous le démontrerons aussi, que les géans ont bien et naturellement existé sur cette terre chez toutes les nations païennes.

Z. — Nkiirod , ou Confusion des langues,

La confusion des langues arriva d’une manière merveilleuse; car ce fut dans un seul instant qu’eut lieu la formation d’un si grand nombre de langages. Les Pères de l’Lglise voient dans ce

12 iiv. I. — nr, l 'ÏTAr.iissF.MrNT t>f.s pniNf.ii'F.s.

fait la cause de la corruption successive de la lanpaie s,'iinle antédiluvienne. Cela doit s’entendre du lanfîajire des peuples d’< trient , de ce pays dans lequel Sem propagea le genre humain. Mais il ne dut point en être de même chez les nations du reste du monde ; car la race de Chain et celle de Japliet durent se disperser dans la grande forêt de la terre ; elles y vécurent environ deux cents ans, errant à l’aventure comme des bêtes fauves; elles s’y multiplièrent, et leurs enfans, s’élevant d’eux-mêmes, devinrent à leur tour des hommes sans langage, sans vêtemens, sans demeure, ne connaissant ni les lois ni la religion. Cet état de choses dura nécessairement , jusqu’à ce que la terre , perdant peu U peu l’humidité que le déluge universel avait laissée après lui , produisît des exhalaisons assez sèches pour donner naissance à la foudre. Les hommes, effrayés par le premier coup de tonnerre, s’ahandomièrent àla fausse religion de Jupiter , et s’appliquèrent à une sorte de divination , au moyen de laquelle ils s’efforcaient de lire dans l’avenir d’après le bruit de la foudre , d’a])rès les éclairs et le vol des aigles qu’ils considéraient comme l’oiseau chéri de leur dicui Jupiter. Chez les Orientaux cependant , naquit une sorte de divination plus ingénieuse , qui s’exercait à interpréter le mouvement des planètes et l’aspect des astres; et c’est pourquoi le premier savant du paganisme fut nommé Zoroastre , c’est-à-dire, selon Bochart., observateur des astres. La première science comme la première monarchie ai)|mrtient donc à l’Oieiit.

Ces réflexions nous semblent renverser l’opinion des Etymologistes modernes, qui prétendent rattacher aux langues orientales, l’origine de toutes les langues du monde. Toutes les nations issues de Chain et de Japhet ont dû , selon nous , se créer leurs langages dans l’intérieur des terres, et descendant plus tard aux bords de la mer , elles y ont rencontré les Phéniciens , si célèbres dans la Méditerranée et dans l’Océcan par leur navigation et |)ar leurs colonies.

Dans la première édition de la Science nouvelle *, nous avons démontré la vérité de cette proposition pour ce qui regarde Yorigine de la langue latine , et nous appliquons à toutes les autres ce (juc nous avons dit de celle-ci.

' Vnyr/. Djiere ftî G. Jt Yicn, <la Gitittefypr Ferrarin.

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r.HAP. I. — F.\PI.If.AT. PF. l.A TAPI-E CHRONOI.. — M. 13

K. — Prométiiée.

Nous reconnaissons par celte fable que le ciel a régné sur la terre , dans le Iciups où on ne le croyait pas plus élevé que la cime des hautes montagnes. Une tradition vulgaire nous apprend aussi que le passage des dieux sur la terre a été marqué par des bienfaits.

Xi. — Deuc.\lios.

Dans ce temps, 7’A^m/s,c’cst-îi-direlajusliccdivine, avait un temple sur le mont Parnasse , et elle jugeait les affaires des hommes sur la terre.

M. — Mercure Trishëcistb le Vieux.

Ce Mercure est celui qui , au dire de Cicéron , dans son livre DE Natura Deorum fui nommé Theut par les Egyptiens., et 0eôç plus tard par les Grecs; qui enseigna U art d’écrire, et donna des lois aux Egyptiens, lesquels, selon Marsham, auraient ensuite répandu leur science sur le reste du monde. Les Grecs cependant n'écrivaient point leurs lois au moyen des hiéroglyphes , mais ils se servaient des qu’on a cru jusqu’ici leur avoir été apportées par Cadmus le Phénicien. Celle opinion nous semble erronée, car les Grecs ne se servirent de lettres que sept cenfs ares après le règne de Cadmus. Pendant ce temps vécut //omére, qui ne se servit, dans aucun de ses poèmes, du mot vdjAoç, ainsique l’observe /'W/A Antiquités homéri-

ques, et qui confia ses poèmes à la mémoire de ses rapsodes, parce quel’aW dl écrire n’était pas encore trouvé; ce qui nous est affirmé ^r\eJuif Flavius Josèphe , qui combat en cela l’opinion du Grec Appius le grammairien. l.,orsque plus tard les Grecs commencèrent a écrire, les lettres dont ils firent usage ne ressemblaient aucunement ù ce//es des Phéniciens.

Ces objections contre l’enseignement de Cadmus nous paraissent pourtant très légères, si nous les comparons h celles qui s’élèvent contre l’opinion qui veut faire provenir les lois, les sciences et l’art d’écrire du Mercure égv ptien. Nous demanderons

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