I.IV. I. — DE I.Y.TAr.USSF.MENT DES PRINCIPES
il ceux qui partagent celle croyance : comment les nations peuvent-elles t^lre fondées avant d’avoir des lois ? Nous leur demanderons si, antérieurement à la venue de ce Mercure, plusieurs dynasties royales ne s’étaient pas déjîi succédé en Égypte. Nous leur dirons aussi que les lois peuvent se passer de Vécriture. N’était-ce pas une loi qui défendait aux citoyens de Sparte de savoir écrire? Nous leur dirons qu’il est dans l’ordre naturel des choses de faire des lois, de les discuter et de les publier au moyen de \a. parole; et en effet, nous trouvons dans Homère, deux sortes d’assemblées : l’une appelée flçuXi ou assemblée secrète, dans laquelle on discutait les lois, et l’autre appelée à-yepi ou publique, dans laquelle on les publiait à haute voix. Nous leur dirons enfin que la Providence a pourvu îi cette grande nécessité des nations, qui ne sauraient ni se former ni subsister sans lois, et elle a voulu que les peuples, dans leur enfance, se gouvernassent d’abord par des coutumes , qui prissent pou à peu la forme et l’autorité des /o/s. C’est ainsi que nous voyons, après le retour de la barbarie, le droit des nouvelles nations européennes succéder lentement aux coutumes. Lesplus anciennes de ces coutumes sont féodales , et c’est pourquoi nous regardons la féodalité comme la source de tous les droits qui régirent ensuite toutes les na/ions tant anciennes que modernes. Le dredt naturel des gens ( Dritto naturale delle yenti) n’a pas été établi par des lois , mais d’après des coutumes.
La chronologie paraît être favorable aux Egyptiens, lorsqu’elle dit que Moise vécut après ce Mercure Trismégiste; et on pourrait conclure de la que les Égyptiens ont été les maitres de Moïse dans la science de la théologie. Mais pour combattre cette opinion, nous trouvons de nouvelles armes dans un passage du livre de Mysteriis Ægyptiorum de Jamblique , où il est dit que les Égyptiens rapportaient toutes les découvertes nécessaires ou utiles à ce meme Mercure Trismégiste. Nous croyons découvrir dans cette plinise une preuve que ce Mercure , loin d’avoir été un homme doué d’un savoir merveilleux, n’est qu’un symbole poétique des premiers sages de l’Egypte, qui réunirent d’abord les hommes en familles, elles ordonnèrent plus tard eu nation. Puisque d’ailleurs, ce Mercure Trismégiste est le dieu des Egyptiens, et puisque nous désirons mettre d’neeord
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le piissage que nous venons de citer de Janiblique avec la division du temps en trois époques^ telle que nous l’avons vue chez les Egyptiens, nous nous trouvons portés à croire que la vie de ce Mercure comprend toute la durée de l'âge des dieux en Egypte.
HT. — LAge d'or, c'est-i-dire l'âge des dieux, en Grèce.
V histoire fabuleuse nous raconte, que les dieux se mêlaient sur terre avec les hommes, et pour fixer avec certitude les principes de la chronologie, nous avons conçu la pensée de donner, dans le cours de cet ouvrage, une théogonie naturelle ou un traité delà génération des dieux, telles qu’elles avaient été imaginées par les Grecs. Nous montrerons comment, et à quelles occasions, les hommes épouvantés, dans l’enfance du monde, par des phénomènes naturels et par des religions efl'rayanles, attribuèrent chaque chose qu’ils voyaient, qu’ils sentaient ou qu'ils faisaient, k une divinité particulière. Nous. parlerons aussi des douze grands dieux, divinités majeures que les hommes adorèrent, dans le temps où ils n’étaient groupés que par familles.
A l’aide d’une chronologie raisonnée de t histoire poétique, nous rattacherons kees douze dieux douze époques secondaires, qui toutes réunies forment Y âge des dieux, auquel nous assignerons neuf cents ans de durée. Ce n’est qu’après ces neuf cents ans que commence {'histoire universelle et profane.
O. — Helles, ûts de Deucalion, petit-fits de Promélhée, arrièrc-pelit-fils
de Japhet, a eu trois fils qui out répandu eu Grèce trois divers dialectes.
Les Grecs descendant de cet Hellen se nommèrent Hellènes; mais les Grecs d'Italie furent appelés Graï, et leur pays Tpaixia, d’où les Latins les appelèrent Grecs. Les Grecs d’Italie ignoraient donc le nom de la nation dont ils étaient issus, et de laquelle ils s'étaient séparés pour venir coloniser l’Italie. Jacques le Paulmier, dans sa description de la Grèce, nous fait remarquer que le mol ne se trouve dans aucun auteur grec.
P. — L'Kgypticn Cécrops conduit douze colooios dans l'Attique, desquelles,
plus tard, Thésée forma Athènes.
Strabon prétend que \’ .tttique, pays stérile et sauvage, ne
J(j UV. I. — DE L'ÉTABLISSEHE.NT DES PRINCIPES.
devait point inspirer aux étrangers le désir de l'habiter, fl il en conclul que le dialecte de VAttique esl un des plus anciens de la Grèce.
Q. — Cauiüs le Phénicien fonde Thcbcs en Bëolie, et il introduit en Grèce les lettres graphiques.
Puisque Cadnaus apporta les lettres phéniciennes en Béolie, la nation béotienne, lettrée dès sa naissance, dépassa sans doute, en civilisation, toutes les autres nations de la Grèce; et. cependant, elle produisit des hommes si lourdement stupides, que le nom de Béotien est demeuré, aujourd’hui encore, comme une épithète injurieuse.
n. — Saturse, c’es^-à-dire l'âge dos dieux dans le Latium.
Cette époque est aux peuples du Latium ce que tâge d'or est aux Grecs et l’âge des dieux aux Égyptiens. Nous montrerons, dans notre mythologie, que le blé a été le premier or pour les Grecs, et que c’est avec les moissons que les premiers peuples ont, de tout temps, compté leurs années. Les Latins formèrent le nom de Saturne de Sala, semences; les Grecs le nommèrent Xpdvoî, c’est-à-dire le Temps, et c’est de ce mot qu’ils formèrent chronologie.
s. — Merccre Trisméciste le Jeune, c’est-à-dire l'âge des héros en Égypte.
Ce jeune Mercure doit être un symbole poétique de Y âge des héros en Égypte. Car, tandis qu'en Grèce, celte époque succède à celle des dieux, dont la durée fut de neuf cents ans, nous voyons en Égypte les trois époques des dieux, des héros et des hommes, représentées par le père, le fils et le petit-fils. Nous avons fait remarquer un semblable anachronisme dans IVtfsfoi/’e assyrienne, au sujet de Zoroastre.
T. — Danaüs l’Égyptien chasse les Iiiachides du royaume d'Argos.
Ce?, successions royales sont d’excellens canons chronologi-
CHAI*. I. — EXPLICAT. DE LA TAULE CllKOJiüL. — Y. 17
qiies; ainsi nous voyons Ztonafts sur le trône d’Argos, qui avait été occupé , jusque-lk’, par nevf rois de la maison d’Inadms. Ces neuf rois doivent remplir l’espace de trois cents ans, comme les quatorze rois latins, qui régnèrent à y//6e , remplissent à peu près l’espace de cinq cents ans.
Thucydide nous dit que dans les temps héroïques, les rois se chassaient et se succédaient journellement sur le trône ; qu’ainsi Amulius chassa Numitor du royaume d’Albe ; que Romulus, bientôt après, dépouilla Amulius de la couronne usurpée et la remit sur la tête de Numitor. Ces révolutions si fréquentes étaient dues h \& féroce grossièreté de cette époque, et k l’ignorance de ces peuples, qui ne connaissaient pas encore l’art de fortifier les villes, ce qui se retrouve a l’époque du retour de la barbarie en Europe.
“ Les Héraclides répandus sur toute la Grèce y forment l’âge des héros. Les Curètes formeot en Crète , en Saturnie , c'est-à-dire en Italie et en Asie , le règne des prêtres,
Denis Petau observe que ces grands débris de l’antiquité paraissent avoir été placés dans l’iiisloire grecque, avjuit le temps héroïque des Grecs. Les Héraclides , ou descendons d’ Hercule, sont répandus dans toute la Grèce, cent ans et plus avant la venue A’ Hercule leur père, qui ne pouvait avoir une aussi nombreuse postérité , sans avoir vécu plusieurs siècles auparavant.