LIV. I. — DE l’ÉTAUUSSEMENT UES l'Kl.NCll’ES
ralt être un de ces rois chinois, qui ont vécu jusqu’à nos jours, ignorés du monde entier, et qui attribuent à leur nation une antiquité plus grande que celle du monde dont elle fait partie. Malgré son grand âge, ce peuple écrit encore par hiéroglyphes, e,\. malgré la douceur du climat qui y fait miltre des hommes d’un esprit ingénieux et intelligent , ceux-ci quoique travaillant avec une adresse merveilleuse à des ouvrages délicats , ne savent pas encore mettre les ombres à la peinture , de sorte que leurs tableaux manquent totalement de perspective et de relief ; leius petites statues de porcelaine sont mat tournées, et leur métallurgie n’est pas plus avancée que ne l’était celle des Égyptiens. Nous croyons que la peinture égyptienne n’aurait rien eu à reprocher à celle des Chinois.
Anacharsis , auteur des oracles scylhes , comme Zoroastre l’est des oracles chaldéens, appartenait a la nation des Scythes. Nous croyons que ces oracles ne furent d’abord que des oracles de devhui , ûoni les érudits ont fait témérairement des oracles de philosophes. Nous tàclierons de découvrir, par notre géographie poétique, si les deux plus célèbres oracles du paganisme , celui de Delphes et celui de Dodone , ont été transmis aux Grecs par les régions hyperboréennes de la Scythie actuelle, ou i>ar une autre Scylhic plus ancienne et qui aurait été située dans la Grèce elle-même. Cette opinion est celle à' Hérodote, de Pindare , de Phrenicus et de Cicéron, dans son traité de Natur.v deouum. Voilà peut-être ce qui valut à Ânacharsis sa réputation tPauleur des oracles , et la place qu’il occupa parmi les plus anciens dieux divinatoires.
11 nous suffit ici, pour donner une juste appréciation du savoir des .Scythes, de raconter qu’ils enfonçaient un couteau dans la terre, après quoi ils V adoraient comme un dieu, croyant justifier par là ou sanctifier les homicides qu’ils se proposaient de commettre. Abaris voulant établir en Scythie les lois et les mœurs des Grecs , fut assassiné par son propre frère Cadvis. Il avait montré, en effet, peu de sagacité, en essayant de transporter en Scythie les lois grecques , au lieu de chercher à y introduire celles qui pouvaient convenir au caractère des Scythes.
Tel est le caractère farouche de toutes les vertus que Diodore de Sicile, Justin, Pline et Horace s’accordent à reconnaître et
C11AI>. I. — EXl'UCAl. bli LA lABLE GUUONOL. — KF. 2'J
à admirer dans celle nalion. I^es Grecs inonlrèrent envers les Scythes le même orgueil insensé qu’ils avaient déployé envers les Égypliens. En s’obstinant à donner îi leur propre science une origine antique et étrangère, ils méritèrent en effet le reproche que Platon, dans un de scs Alcibiades, suppose leur avoir été adressé par wn. prêtre égyptien, lequel, s’entretenant avec Solon, lui aurait dit que les Grecs n’étaient encore que des en/ans. Par leur folle ambition d’antiquité, les Grecs perdirent, auprès des Scythes et des Égyptiens, autant en considération véritable, qu’ils gagnèrent en vaniteuse satisfaction.
«q- — Guerbe du Péloponnèse. Jus(iu’au temps du père de Thucydide , personne en Grèce no savait rien des temps antérieurs. Thucydide écrit l'histoire de cette guerre.
Thucydide n’était qu’un enfant, du temps éé Hérodote, qui était assez âgé pour être sou père. Thucydide vécut dans les plus beaux jours de la Grèce, et il écrivit riiisloire delà guerre du Péloponnèse parce qu’elle avait eu lieu de son temps, et qu’il désirait écrire des choses vraies et certaines; c’est pourquoi l’on dit que les Grecs ne connaissaient pas leur histoire avant le temps du père de Thucydide , c’est-à-dire avant le temps ééllérodote. Quelle foi pouvons-nous donc ajouter à leurs récits des événemens arrivés dans les pays étrangers ? Et si les Grecs qui parvinrent sitôt après Thucydide àla science de la philosophie, ignoraient encore de son temps les choses de leur propre antiquité, comment pouvons-nous croire que les Romains, pendant si longtemps exclusivement occupés de l’agriculture et de la guerre, connussent riiisloire de leur origine avant le temps des guerres contre Carthage? Pour expliquer un phénomène aussi étrange, il faudrait supposer les Romains doués d’un privilège divin.
Rr. SaciiATE crée la pliilosophic morale raiâonniie. — IMalon cl sa mé-
tapiiysi«iuc.— Athènes Lrillu de tout l'éclat des arts et de la civilisation.
C’est dans ce le.nps que Rome aurait reçu d’Athènes la loi des XII Tables; loi grossière, brutale, inhumaine et féroce , ainsi que uous le démonlrous dtins les Principes du droit universel.