‹ La science nouvelleChapitre 19 sur 106 · ÎÜ LIV. 1. — ÉTABLISSEMENT DES PRINCIPES · texte numérisé non relu

ÎÜ LIV. 1. — ÉTABLISSEMENT DES PRINCIPES

eoniitiis. L’acte enfin de recueillir les lettres et d’en faire divers (jroupes ou paroles, fut appelé /cÿcre (lire).

LXVI. — Les //omwei sentent d’abord la «eccsstVe; plus tard ils prennent soin de ce qui e.st«WZe; ils recherchent ce qui est commode, ensuite ce qui est agréable ; ils se perdent dans le luxe, et entin ils dépensent follement ce qu’ils possèdent.

LXVIL — hcs peuples sont d’abord naturellement cruels; ils deviennent ensuite sévères, puis bienveillans, délicats; et enfin ils s’énervent.

LXVIII. — Vhistoire du genre humain nous montre d’abord des hommes cruels et grossiers, tels que les Polyphénie , suivis par d’autres magnanimes et orgueilku.v comme les Àchille; viennent ensuite les courageux elles justes, tels que les Aristide et les Scipions; en nous rapprochant de notre époque, nous voyons paraître des hommes qui unissent à de grandes apparences de vertus de grandes réalités de vices, et qui acquièrent auprès du vulgaire un glorieux renom. Nous voulons parler des Alexandre et des César; plus lard , nous voyons des hommes mélancoliques, sombres et calculateurs, tels que ]cs A'ibère, et en dernier lieu, les libertins furieux et éhontés, tels que les Caligula, les Néron et les Domitien.

Cet axiome nous montre que les premiers de ces hommes ont élénécc-ssaires pour soumettre l’homme k l’homme d.ms l'état de famille , et pour le préparer k obéir aux lois dans l'état de cité qui devait suivre ; les seconds ont été nécessaires pour établir au-dessus des familles les républiques de forme aristocratique;lcs troisièmes, pour ouvrir la voie k la liberté populaire ; les quatrièmes, pour y introduire la lorme monarchique ; les cmquièmes, pour l'établir et Vàconsolider; les sixièmes et derniers, pour la renverser. Celle sentence, avec celles qui précèdent, nous donne une partie des principes de l’histoire idéale éternelle , dans laquelle nous montrerons toutes les nations marchant d’un pas uniforme dans leur naissance, leurs progrès, leurs établissemens, leur décadence et leur chute.

LXIX. — Les groMoernemens doivent être conformes k la nat ure des hommes gouvernés.

I>KS l'.I.KMF.NS.

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Cel axiome nous montre que par la nature des choses humaines et civiles, la morale des peuples doit être t école publique des princes.

LXX. — Nous supposons ici ce que nous démontrerons plus lard , et ce que le bon sens ne repousse nullement , c’est-k-dire que quelques hommes robustes et forts se sont retirés d’abord de cet é\&\. confus barbare , où le monde sans lois était tombé, et ont fondé les familles , au moyen desquelles ils commencèrent k cultiver les champs. Bien des années plus tard , les autres hommes délaissèrent les forêts sauvages] et se retirèrent vers les terres cultivées de ces premiers pères.

LXXI. — Les premières mœurs, celles particulièrement de la liberté naturelle , changent pas tout k coup, mais par de-

grés et avec beaucoup de temps.

LXXn. — Nous avons dit que toutes les nations durent leur naissance au culte d’une divinité quelconque; et nous disons maintenant que dans Vétat de famille , les pères ont dû être tout k la fois les savons dans la divination des auspices, les prè/res faisant les sacrifices pour obtenir la faveur divine , et les rois transmettant k leurs familles les volontés et les lois des dieux.

LXXIII. — Une tradition vulgaire nous apprend que les rois ont été les premiers qai gouvernèrent le monde.

LXXIV. — C’est aussi par une tradition vulgaire que nous savons que les premiers rois étaient choisis parmi ceux qui paraissaient être les plus dignes d'occuper ce poste élevé. «

LXXV. — C’est toujours d’après une tradition vulgaire que nous nous représentons les premiers rois comme des savons. Platon, par un vœu impossible a satisfaire, rappelait cet heureux temps , où les philosophes régnaient, c’esl-k-dire où les rois philosophaient.

Tous ces axiomes nous prouvent que les premicj's pères réunissjiienl dans leurs penvon/tes la .science , le sacerdoce et le pouvoir royal, le pouvoir royal et le sacerdoce n’étant qu’une conséquence de la .science, non pas de la science acquise des philosophes, mAxs, delà s.àcrKC naturelle des législateurs; c’est

(»2 I IV. 1. — I'TAIIM.SSKMENT des I>R1NCII‘ES.

pourquoi nous voyons toujours, les prêtres îles anciens affublés d’une couronne.

LXXVI. — Une tradition vulgaire nous apprend quelapremiére forme de gouvernement a été la forme monarchique.

LXXVIl. — L’axiome L.XVII, les suivans, et particuliérement le corollaire du LXVIII , nous apprennent que dans l’état de famille les pères durent exercer sur les personnes et sur les biens de leurs gens, principalement de ceux qui s’étaient réfugiés sur leurs terres, un pouvoir monarchique ci subordonné à Dieu seul. Voilîi donc quels furent les premiers monarques du monde ; et c’est ainsi que nous devons entendre l’Écriture Sainte, lorsqu’elle les nomme ;>afriarc/jes, c’est-îi-dire pères-princes. Le droit monarchique dont ils jouissaient leur fut conservé , pendant tout le temps de la république romaine, par la loi des XII Tables: Patri famii.ias jus vitæ et xecis in uberos ESTo; et il en résulta par voie de conséquence que quicquid filius acquirit, patri acquirit.

LXXVllI. — Les Jamilles ne peuvent avoir eu d’autre origine que celle que nous venons d’indiquer ; c’est-à-dire, qu’elles furent composées, dans l’état de nature, des serviteurs des pères.

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