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LXXIX. — premiers associés ou, pour mieux dire, les pre

miers compagnons qui se sont réunis dans le but de se communiquer les uns aux autres une part utile, ne peuvent avoir existé qu’après la réunion de ces réfugiés, lesquels ne réclamaient d’abord des pères que la garantie de leur existence. Les pères leur assuraient la vie sauve, h condition qu’ils travailleraient à la culture de leurs champs.

Tels furent d’abord les compagnons des héros, qui devinrent ensuite \e& plébéiens des villes héroïques, et qui formèrent enfin \c%provinces des peuples-princes.

LXXX. — Les hommes se soumettent volontiers aux cbangemens dont ils aperçoivent Vutilité. Ces ebangemens sont les bienfaits que l’on peut espérer dans la vie civile.

LXXXl. — Les hommes forts ne perdent point par négligence et par paresse les acquisitions qu’ils doivent à leur /orc?; ils^

DES liLKME.NS. ()3

en cèdent plutôt à peu quelque petite partie^ pressés qu’ils sont par le besoin ou par la nécessité.

Ces deux axiomes nous indiquent la source constante des droits féodaux, que l’élégance romaine nomma bénéficia.

1-XXXll. — ÜJi trouve les cUens et les clientèles chez toutes les nations anciennes, et l’on ne saurait mieux les représenter qu’en les assimilant aux vassaux et aux./(>/s. Les érudits dans rhisloire ûes, fiefs se servent toujours, en parlant de ceux-ci, des mots romains clientes et clientelx.

Ces trois derniers axiomes, ainsi que les LXX précédons, découvrent il nosyeux Yorigine des républiques. \xs,pères, se trouvant pressés par les révoltes de leurs gens, se réunirent entre eux cl formèrent des ordres pour résister à la rébellion menaçante. Ainsi réunis, ils avisèrent ii calmer par quelque concession l’exigence irritée de leurs gens, et ils leur accordèrent une sorte de fief rustique; mais leur empire souverain des familles (empire qui ne peut s’expliquer que par le droit des fiefs nobles) se trouva dès lors SKÔo7*(fonné à l' empire souverain et civil de leur ordre même. Jusque-là les républiques avaient eu une forme aristocratigue ; bientôt, et dans le sein même de ces aristocraties, s’élevèrent des hommes plus hardis et plus forts qui se mirent en devoir de réprimer les révoltes, et qui furent nommés rois.

Celle hypothèse de Yorigine des cités, lors môme qu’elle ne serait pas démontrée comme elle le sera plus tard par nous, mériterait pourtant, à cause d’un certain air naturel et simple, aussi bien qu’à Ciiuse de Yappui qu’elle présente à un grand nombre d>//eôs cûn7.v, elle mériterait, disons-nous, d’ôlre admise comme vraie. Car il n’est pas possible d’expliquer sans elle comment le pouvoir des familles a formé le pouvoir civil ; comment \e patrimoine public a succédé au patrimoine privé; comment les hommes et les choses se sont trouvés disposés dans les républiques de telle sorte que \e petit nombre commandait et \cplus grand nombre obéissait. Celle filiation des états civils nous semble inexplicable, si l’on veut prétendre que les familles n’ont été formées que ééenfans et de parens.

LXXXlll. — L;i loi dont nous venons de jKuler, c’est-à-dire la

64 l.IV. I. — ÉIAULISSEME.NT DES PRINUI’ES.

concession des Jiefs rustiques faite par les pères k leurs gens, nous semble devoir être la première loi agraire du monde; car nous ne saurions en imaginer une plus limitée que celle-là.

Cette loi agraire établit la distinction de trois domaines qui peuvent appartenir dans la société civile k trois diverses classes de personnes : le domaine bonUaire appartenant aux plébéiens; le domaine quirilaire conservé par la force des armes chez les nobles ou les joères; et le domaine éminent, ou appartenant k la noblesse, c’est-k-dire k Yordre tout entier ou au corps des pères. Ce dernier constituait la seigneurie ou \a. puissance souveraine dans les républiques aristocratiques.

LXXXIV. — C’est un passage précieux que celui où Aristote, dans ses livres politiques et au sujet de la division des républiques, nous parle des règnes héroïques; car il nous dit que les rois de cette époque administraient les lois au dedans de leur empire, commandaient la guerre au dehors, étaient de plus les chefs de la religion.

Cet axiome s’accorde parfaitement avec ce que nous connaissons des règnes de Thésée et de Ilomulus: quant kee c[ui concerne le premier , nous pouvons nous en assurer en li.sant la vie de Thésée dans Plutarque; quant au second, Y histoire romaine nous apprend comment Tullius Ilostilius administra la loi au sujet de l'accusation portée contre Horace. Les rois romains étaient en même temps rois des choses sacrées, et ils s’appelaient reges sacrorum. Nous voyons, en effet, que lorsque les rots furent chassés de Rome, on continua k créer un roi pour les choses sacrées ,qui garda le nom de rex sacrorum et qui devint le chef des féciaux ou hérauts.

LXXXV. — Cet autre passage des mêmes livres d'Aristote est aussi fort précieux. Aristote nous apprend que les anciennes républiques n’avaient pas de lois pour punir les offenses, ni pour réparer les dommages privés; il ajoute que telles sont les mœurs des peuples barbares; et en effet, les peuples ne sont barbares qu’k cause de ces lacunes qui déparent leurs lois.

Cet axiome nous montre la nécessité des duels et des représailles dans les temps barbares ; car alors on manquait de lois indiciaires.

DtS ÉLÉJIKXS.

LXXXVl. — Nous cilerons encore ce passajje des lir res politiques d’Aristote, où nous voyons que dans les républiques anciennes les nobles juraient une haine éternelle aux plébéiens.

Cel axiome nous donne l’explication des mœurs avares, orgueilleuses et cruelles des nobles envers les plébéiens, menurs dont nous rencontrons à chaque instant des preuves dans d’histoire ancienne de Rome. On ne saurait comprendre sans cela comment sous le régime de cette prétendue liberté populaire, les plébéiens étaient forcés de servir les nobles ii l’occasion des guerres, et à leurs propres dépens; comment les nobles noyaient les plébéiens dans un océan d’wsMre; et lorsque ces derniers ne pouvaient pas payer leurs dettes , comment ils les renfermaient dans leurs prisons privées afin de se dédommager par les fruits de leurs travaux des biens dont ils ne pouvaient rentrer en possession ; comment enfin ils les frappaient avec des verges et les maltraitaient comme diC misérables esclaves.

LXXXVII. — Les républiques aristocratiques ne Rengagent qu’à regret dans les guerres; car elles craignent d'y accoutumer la masse des plébéiens.

Cet axiome nous indicpie Vorigine de la justice des guerres romaines jusqu’aux guerres carthaginoises.

LXXXVIII. — Les républiques aristocratiques mainüennetit les richesses dans l’ordre de la noblesse, parce que les richesses ajoutent à la puissance de cet ordre.

Cet axiome nous montre la cause de la magnanimité romaine dans les victoires. Les Romains rd enlevaient aux vaincus que leurs armes, et ils leur accordaient le domaine bonitaire do tous leurs biens, moyennant le paiement d’un impôt très-supportable. C’est toujours pour la même raison que les pères résistèrent obstinément à la /ojayra/rerfeA’ Gracques qui devait avoir pour résultat d’enrichir les plébéiens.

I.XXXI.X. — Id honneur est le plus noble ressort du courage militaire.

XC. — \a‘s peuples (jui s’exercent, pemiant la;jn/.r, iules combats ayant pour but d’acquérir ou de conserver un honorable renom, doivent néces.sairement SC conduire héroïquement pendant la guerre.

Gü

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