‹ La science nouvelleChapitre 23 sur 106 · XCIX. — Une ancienne tradition nous dit que Tgr fut d’abord · texte numérisé non relu

XCIX. — Une ancienne tradition nous dit que Tgr fut d’abord

DES ÉLÉMENS

l’ondéo dans Yintérieur des terres et qu’elle fut portée plus tard sur les bords de la mer Phénicienne. L’iiistoire nous assure qu’elle fut transportée de là dans une Ue peu éloignée , ^Alexandre le Grand la rattacha plus tard au continent.

La supposition que nous avons faite et les deux axiomes qui la suivent nous montrent que les nations méditerranéennes se fondèrent d’abord, et les nations maritimes, ensuite.

Nous trouvons dans ce fait un puissant argument en faveur de Yantiquité dupeuplejuif , qui fut établi par Noé dans la Mésopotamie. Ce pays, qui est le plus méditerranéen de l’ancien monde habitable , a été aussi le berceau de la plus ancienne de toides les nations; car c’est dans la Mésopotamie que fut établie la première monarchie , celle des Assyriens sur le peuple chaldéen , et c’est chez ce dernier peuple que naquirent les premiers savons du monde dont Zoroastre a été le prince.

C. — Les hommes n’abandonnent pas pour toujours leur pays natal , auquel ils tiennent naturellement, sans y être /orcés par les dernières nécessités de la vie. Ils ne le quittent même pas temporairement s’ils n’y sont entraînés par le désir de s’enrichir au moyen du commerce ou par le besoin de conserver leurs acquisitions.

Cet axiome sert k nous expliquer les émigrations des peuples, jxir la voie des colonies héroïques maritimes, des irruptions des peuples barbares, desco/onfes romaines, ei des colonies des Européens dans tlnde. IVolfang Lazius ne parle que des émigrations des peuples barbares.

Cet axiome nous montre, en même temps, que les races égarées des trois fils de Noé durent nécessairement errer sans but ni direction. Ce fut probablement en fuyant les bêtes féroces dont la grande forêt de la terre devait alors être remplie; ce fut en poursuivant les femmes timides et farouches (car c’est ainsi que les femmes devaient être dans cet état sauvage) ; ce fut aussi en chercliant des vivres et de l’eaM que les hommes se répandirent et se dispersèrent sur toute la terre, où ils vécurent jusqu’à ce qu’ils entendissent le premier coup de tonnerre survenu depuis le déluge. Ce fut ce premier coup de tonnerre qui éveilla dans chaque nation païenne l’idée d’un Jupiter. Car si les nations païennes eussent persévéré dans ia civilisation, ainsi que le

Page 1