‹ La science nouvelleChapitre 26 sur 106 · LIV. 1. — ÉTABLISSEMENT DES PRINCIPES · texte numérisé non relu

LIV. 1. — ÉTABLISSEMENT DES PRINCIPES

les nations devaient vivre pendant plusieurs siècles sans connaître ni le vrai, ni Véquité naturelle dont les philosophes firent plus tard la découverte , elle a permis aux nations de s’en tenir à la certitude et à Véquité civile, gardiennes scrupuleuses du langage des lois ; elle a permis que ces lois fussent généralement observées, alors même que roôiennnre en parait dure; car elle a voulu la conservation des peuples et des nations.

Ces propositions inconnues aux trois chefs de la doctrine du droit naturel des gens sont cause de Yerreur dans laquelle ils sont tombés en établissant leurs systèmes; car ils ont cru que les nations moyennes, fies leur première origine, avaient pu comprendre VégaUté naturelle dans sa signification la plus excellente. Ils n’ont pas réfléchi qu'il a fallu plus de deux mille ans aux nations païennes i»our donner naissance à des philosophes, car il n’y avait pas parmi elles un peuple privilégié et assisté par le vrai Dieu.

Des Principes.

Pour connaître maintenant si \es propositions par nous établies jusqu’ici, en qualité d’ÈtÉMENS de cette science, doivent en effet donner la forme aux matières préparées dans la Table chronologique, nous prions le lecteur de réfléchir à tout ce qui a été écrit jusqu’à ce jour sur les principes d’une partie quelconque de la science divine et humaine des Gentils. Qu’il examine si rien ne s’opiwse aux propositions que nous venons d'établir, et s’il trouve que ce qui a été écrit jusqu’ici sur ces matières s’oppose en effet h une de ces propositions, il peut être assuré que toutes y seront également contraires, puisque chacune d’elles est en parfait accord avec toutes les autres. En faisant cet examen, le lecteur s’apercevra que tout ce qui a été écrit jusqu’ici n’est que le fruit de souvenirs confus ou le rêve à' imaginations déréglées, et non pas l’œuvre iV une. saline intelligence. Les deux orgueils dont nous avons parlé dans nos aphorismes ont eu pour résultat d’emprisonner cette intelligence et de la maintenir ilans l’oisiveté. Car, d’un côté , Yorgveil des nations, qui toutes prétendent à la plus grande antiquité, nous fait désespérer de découvrir chez les philologues les principes de

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