‹ La science nouvelleChapitre 27 sur 106 · DES PRINCIPES · texte numérisé non relu

DES PRINCIPES

ceUe science; el de l’aulre, Vorgtteil des érudits, qui voudraient établir que la vérité de leurs doctrines a été reconnue de tout temps par le monde entier , nous décourage de demander ces principes aux philosophes. En entreprenant ces recherches , il faut donc ne considérer aucunement les livres et supposer qu’il n’en existe pas.

Et pourtant , du milieu de celte nuit profonde et ténébreuse qui enveloppe l’antiquité, dont nous sommes si éloignés, nous apercevons une lumière éternelle , et qui n’a pas de couchant , une vérité que l’on ne peut aucunement révoquer en doute : Ce monde civil a certainement été fait par des hommes. 11 est donc possible, car cela est utile et nécessaire, d’en retrouver les principes dans les modifications mêmes de notre esprit.

En réfléchissant à ce sujet, nous nous étonnons en vérité de l’entreprise des philosophes qui s’efforcèrent d’acquérir la science de ce monde naturel. Dieu seul qui l’a fait en connaît et en possède la loi. Ces mêmes philosophes négligèrent de méditer sur le monde des nations, ou monde civil; cl cependant celui-ci, /at7/3ar les hommes, pouvait être connu et expliqué par la science humaine.

Celle extravagance est un effet de la misère de l'esprit humain, qui , ainsi que nous l’avons dit dans les axiomes, tout perdu et enseveli dans le corps, est naturellement enclin ii s’occuper des choses corporelles, et ne peut, sans un grand effort, parvenir à se connaître lui-même. C’est ainsi que notre œil voit tous les objets extérieure, el ne saurait se voir lui-même sans recourir à un miroir.

Or, puisqu’il est vrai que le monde des nations a été fait par les hommes, voyons quelles sont les choses sur lesquelles les , hommes se sont toujours êrom-'es rf’accorrf et s’y trouvent encore aigourd’hui. La connaissance de ces choses pourra nous indiquer les principes universels et éternels d’après lesquels toutes les nations se sont élevées et se conservent.

Remarquons d’abord que toutes les nations, barbares ou civilisées, quoique séparées par d’immenses pays, quoique fondées en des temps divers , gardent les trois coutumes humaines suivantes : Toutes ont une religion; toutes conlraclenl solennellement des mariages; toutes ensevelissent leurs morts. Chez les

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