‹ La science nouvelleChapitre 37 sur 106 · DU DÉLUGE UNIVERSEL ET DES GÉASS · texte numérisé non relu

DU DÉLUGE UNIVERSEL ET DES GÉASS

fables. Aùto'x9'>''î{ doit se traduire en latin par îndigenx, c’està-dire natifs d'une terre; et c’est pour cette môme raison que les Dieux, nés chez un peuple ou chez une nation, s’appelèrent dû indîgetes ou îndè geniti; ce que nous nommerions aujourd’hui par abréviation ingeniti; car la syllabe de est ici une des syllabes dont les premiers langages des peuples sont remplis, ainsi que nous le démontrerons plus avant. C’est de la môme manière que nous avons reçu des iMtim le mot induperator pour imperator et que nous lisons dans les lois des XII Tables endejacito pour injicUo. C’est peut-être de là qu’est venu le nom induciæ appliqué <aux armistices , mot qui a une grande analogie avec înjiciæ, dérivant de icere fœdtis, faire un traité de paix. Pour revenir au point où nous a laissés cette digression, nous dirons que le mot indigène se transforma bientôt en ingénu, qui signifia toujours noble; d’où il est arrivé que les arts nobles furent dits artes ingenux; ce mot fut enfin remplacé par celui de liberi, qui, aussi bien que son prédécesseur, fut pris dans le sens de nobiles, et les arts nobles s’appelèrent aussi artes liberales. Les premiers peuples s’appelèrent donc nobiles, parce que les premières cités ne furent composées que de nobles, taudis que les plébéiens, comme nous nous proposons de le démontrer, n’étaiciit que des esclaves. Les philologues latins remarquent que tous les anciens peuples ioxeni appelés aborigènes, et V Histoire Sainte nous raconte que des peuples entiers se nommaient Emmei ou Zanzummei, noms que les sauan.s dans la langue sacrée traduisent par celui de géans. V Histoire Sainte dit encore que ces géans, dont l’un fut Nemrod, étaient des hommes forts, célèbres et des Jouissons du siècle. Car les Hébreux, grâce à leur éducation polie, à la crainte de Dieu et à la soumission à leurs pères, se maintinrent de taille moyenne , tels que Dieu avait créé Adam, et que Noé avait engendré ses trois fils. Peutêtre même est-ce à l’horreur inspirée par les géans que les Hébreux durent ce grand nombre de lois et de cérémonies, au moyen desquelles ils veillaient à \a. propreté de leurs corps. Les Romains en avaient hérité comme d’un souvenir dans ce qu’ils appelaient le sacrifice public pour purifier leur ville par Teau et le feu de toutes les fautes des citoyens. Veau et le feu

servaient aussi chez les Romains à célébrer les noces solennelles ; el c’élail dans la libre jouissance de ces deux élémens qu’ils plaçaient le droit de cité; aussi la privation de ce droit fut-elle désignée par ces mots : interdictum aquâ et igni. Le sacrifice public, servant ii purifier la ville, reçut le nom de lustrum, et le renouvellement de cette cérémonie ayant lieu tous les cinq ans, cet csjiacc de temps fut appelé lustrum, comme chez les Grecs le mot olympiade signilia l’espace de quatre années. Les Latins appelaient aussi lustrum les tanières des bêtes féroces, d’où il est venu que le mot lustrari signifiait également espionner et purifier; car il fallait au commencement découvrir d’abord ces tanières et les purifier ensuite. C’est encore pour la même raison que l’eau , dont on se servait dans les sacrifices, fut toujours apjielée aqua lustralis. Les Grecs commencèrent kcompler leurs années, du moment où Hercule incendia la forêt de Némée afin d’y semer du blé. Nous avons dit, dans Vidée de cet ouvrage, et nous 1e démontrerons par la suite, que ce fut îi celle époque ([\V Ilercide fonda les Olympiades. Mais les Romains, avec plus de raison, commencèrent à compter les années par lustres à cause de Veau employée dans les cérémonies sacrées. Ils placèrent aussi le mol aqua avant celui de ignis, tant dans la cérémonie des noces que dans celle de V inter diction, afin d’indiquer qu’ils avaient senti le besoin de l’eau avant de sentir celui du feu. Voilà donc Yorigine des ablutions sacrées qui précèdent chez toutes les nations les sacrifices religieux. Cependant la qiropreté du corps cl la crainte des dieux cl des pères, crainte (jui fut d’abord très-iûce chez tous les peuples, rabaissa la taille des géans jusqu’à la nôtre. C’est peut-être pour cela que le mol itoXiTtia, qui signifie chez les Grecs, gouvernement c/n/7, fut traduit chez les Latins jar politus , c’est-à-dire poli cl purifié.

Celle diminution de la taille des géans dut se faire lentement et ne cessa loul-îi-fait que dans les temps civilisés, ainsi que cela nous est démontré par les armures démesurées des anciens héros. Auguste, au dire de Suétone, conservait dans son musée ces armures avec les crânes de certains géans. Il faut donc, comme nous l’avons dit dans les aphorismes, diviser tout le monde des hommes en deux genres, V\xn comprenant les hommes

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