‹ La science nouvelleChapitre 43 sur 106 · LIAS SUPER PECUMA TUTELAVE BEI SUÆ LEGASSIT, ITA JUS ESTO · texte numérisé non relu

LIAS SUPER PECUMA TUTELAVE BEI SUÆ LEGASSIT, ITA JUS ESTO

Le droit de tester fut dit léguer; droit qui semble véritablement propre aux souverains ; car l’Aén7ier se trouve être un légat ou

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légataire qui représente, vis-à-vis de l’héritage, le père de famille défunt. Les enfans et les esclaves étaient compris sous les mots de rei su.e et pecuni.e : ce qui s’explique par la puissance monarchique que les pères avaient exercée sur leurs familles dans Vétat de nature , et dont l’état aristocratique des cités héroïques ne les dépouilla pas, puisque nous les voyons lutter encore pour la conserver, lors même que les républiques sont devenues populaires, de seignetiriales qu’elles étaient. Toutes ces choses, du reste, seront ailleurs démontrées plus au long. Junon impose de grands travaux à l’Hercule thébain, c’est-à-dire à V Hercule grec , car chaque nation en reconnaît un pour son fondateur. Elle lui ordonne d’accomplir de grands travaux, ce qui signifie que Và.pîétéo\x l’obéissance aux dieux, dont les mariages ont été le premier résultat, est \ école où s’apprennent les premiers rudimens de toutes ces grandes vertus, qu’Hercule dépassa moyennant la protection de Jupiter, sous les auspices duquel il était né. C’est pour cela qu’Hercule fut appelé ou Hpàx^oç, gloire de Junon,

en interprétant comme Cicéron le mot gloire. Quant au renom d'avoir bien mérité du genre humain , Hercule pouvait revendiquer à bon droit sa part de gloire ainsi entendue , car il avait fondé les nations par scs travaux. Mais le temps ayant enveloppé de ténèbres ces austères significations, et rendu les mœurs efféminées et dissolues , la stérilité de Junon , sa jalousie des amours adultèresàe Jupiter, la naissance illégitime d’ Hercule, tous ces symboles et bien d’autres encore reçurent une interprétation directe et naturelle. Hercule accomplissant ses travaux, grâce à la faveur de Jupiter et en dépit de Junon et de sa haine, devint une source à’ opprobre pour cette déesse, qui fut dès lors considérée comme la plus mortelle ennemie de la vertu. Les mythologues s’efforcèrent en vain d’expliquer Yhiéroglyphe ou la fable de Junon pendue par le cou d’après l'ordre de Jupiter, fable qui renferme une allusion à la sainteté du mariage. La déesse est pendue en l’air, ce qui signifie que les mariages ne peuvent être contractés sans l’observation des auspices; c’est pour cela qu’iris remplit auprès d’elle les fonctions de messagère, et que le paon dont la queue ressemble à Varc-en-ciel est l’oiseau qu’elle préfère. Elle a une corde au cou pour exprimer lavio-

UE LA MOBALK UOÉTIQIIE.

leuce que les géans exercèrent envers les premières femmes ; ses mains sont attachées avec une corde qui s’est depuis changée cliez toutes les nations en anneau nuptial, pour témoigner de la soumission de la femme h son mari ; deux grosses pierres pendent à ses pieds pour indiquer la stabilité du mariage, que f^irgile appelle en eiïcl conjugmn stabile.

Ce fut d’après de semblables considérations que Platon, suivant en cela l’exemple d&Manéthon, refusa d’admettre l’interprétation naturelle , mais contraire aux mœurs, des fables grecques, et préféra les plier à ses propres pensées. Jupiter qui, au dire des poètes théologiens, ne s’élevait pas au-dessus de la cime des montagnes et de la région où se forme la foudre, ne fut pour lui que V éther qui circule et qui pénètre partout; explication qu’il appliqua au mol :

Jovis omaia plena.

Junon représentait pour Platon Mair respirable. Mais l’union de Jupiter et de Junon est demeurée stérile, tandis que celle de V éther e\. de Yair respirable produit des effets nombreux: tant il est vrai que les poètes théologiens comprenaient aussi peu la vérité physique de la circulation de ü éther, que la vérité métaphysique de Vubiquité de Dieu. Platon fonda sa doctrine de Vhérefisme philosophique sur Yhérolsme poétique ; car il établit que le héros est autant au-dessus de Y homme que Y homme est audessus de la brute. En effet , la brute est esclave de ses propres passions; l’Aomwielescombat, etle/iéros prend plaisirix les vaincre; d’où il mW (\\ie\a.nature héroïque se trouve placée entre lana/7/rc humaine et lanafare divine. Platon ne rejette pas Y amour noble des poètes avec scs ailes et ses yeux bandés, dont le nom Éfwç a la même origine que celui de H/suc, héros, non plus que l’amxmr plébéien sans ailes et sans bandeau. 11 voit dans celuilà Yamour divin, dédaigneux des choses des sens ; dans celui-ci, Yamour brutal exclusivement occupé d’elles. L’un s’élève sur des ai/es jusqu’à la contemplation des cA oses intellectuelles; privé de ce secours, l’autre demeure enseveli dans les choses sensibles. P/oiojx prit aussi sous son puissant patronage ce Ganymède enlevé dans les deux par [aigle de Jupiter, qui n’était

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aux yeux des poètes sévères qu’un contemplateur des auspices de Jupiter, et que la corruption des temps nous a représenté comme infâme des obscènes caresses de ce dieu. L’es-

prit délicat de Platon fil de ce Ganj mède le contemplateur de la métaphysique qui, au moyen de la contemplation de VÉtre-Suprême et par la voie que Platon appelle synthétique ou de concentration, serait arrivé à une union intime avec Jupiter.

C’est ainsi que la piété et la religion enseignèrent la prudence aux premiers hommes en les obligeant h consulter les auspices de Jupiter; elles les rendirent justes envers Jupiter d’abord qui donna son nom à \& justice, et envers les hommes ensuite, en leur cnseignanlànepointse mêler des affaires d’autrui. Polyphème en effet, parlant à Ulysse des géans qui habitent les antres de la Sicile, les représente peu soucieux des affaires de leurs voisins. Celle justice apparente n’était pourtant que l’effet d’une farouche indifférence. La piété et la religion rendirent les hommes tempérans, car elles les amenèrent à se contenter d’une seule femme pour toute la durée de leur vie. La force, l’industrie et la magnanimité qui répandirent leur éclat sur l'âge d'or, furent aussi des dons de la religion et de le. piété. Il ne faut pas entendre par l'âge d’or celle époque à laquelle, selon les poètes efféminés, tout plaisir était permis. Car à l’époque des poètes théologiens, les hommes trop lourds et trop grossiers pour se livrer à une dépravation raffinée, ressemblaient plutôt à nos paysans d’aujourd’hui, etne désiraient que ce qui était utileel pemis. C’est de Ihque vientlaloculion latine^Muai pour exprimer qu’une chose est belle. Il ne faut pas non plus, comme les philosophes l’ont fait, entendre par l'âge d’or un temps où les hommes lisaient écrites sur la poitrine de Jupiter les lois de la justice éternelle : loin de là, ces hommes ne lisaient dans le ciel d’autre langage que celui de la foudre; ce qui rendait leurs vertus assez semblables à celles des Scythes dont la coutume est d’enfoncer un couteau dans la terre, et de F adorer ensuite comme une divinité. Ces vertus étaient un curieux mélange de piété et de cruauté, dispositions qui ne sont pas aussi antipathiques qu’on le croit, et qui cohabitent souvent dans le cœur des sorcières.

La coutume de sacrifier aux dieux des victimes humaines est

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