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LA POLITIQUE UES UÉKOS

putes héroïques au sujet des auspices. Marsyas, ce satyre SECUM iPSE DiscoRS, csl uo moustre (ou un plébéien) écorché par Âpollon pour avoir été vaincu dans l’art du chant ; car telle était, U cette époque, la cruauté des châtimens! JÂnusXe plébéien, qu’il ne faut pas confondre avec Lînus, \o poète héroïque dont il est fait mention en môme temps que éi Orphée, A'Amphion et de Musée, Linus est tué par Apollon après une semblable lutte. C’est toujours Apollon qui combat et qui triomphe dans ces sortes de querelles, parce qu’il est à la fois le dieu de la divination ou de la science des auspices , et le dieu de la noblesse ii laquelle appartenait exclusivement le droit de consulter les auspices et de les comprendre. Les Syrènes plongent, par leurs chants, les passagers dans le sommeil et les égorgent ensuite ; le Sphinx propose des énigmes aux voyageurs et les déchire, lorsqu’ils ne peuvent en pénétrer le sens ; Circé, enfin, métamorphose, par ses enchantemens, les compagnons d’Ulysse en pourceaux ; si bien que le mot cantare est demeuré dans le sens de faire des sortilèges, comme nous le voyons dans ce passage :

Cantando rompitur anguis.

La science magique , qui consistait d’abord, chez les Persans, dans la .vdence des auspices divins, fut ensuite confondue avec la sorcellerie et les enchantemens. Ces passagers, ces voyageurs, ces hommes errans et égarés dont nous parlent les fables sont les étrangers des cités héroïques, c’est-k-dire les plébéiens qui s’efforcent d'arracher aux héros le droit Ae participer aux auspices, et qui, vaincus dans la lutte établie par eux, subissent Xsl peine de leur révolte. Pan le satyre veut s’emparer de la nymphe Syrinx, chanteuse habile , et il n’étreint que des roseaux. Ixion , follement épris de /«non, déesse des mariages solennels, croit la tenir dans ses bras, et il n’embrasse qu’un nuage. Les roseaux sont l’image de la fragilité des unions naturelles; le nuage représente leur vanité : aussi nous raconte-t-on que les Centaures naquirent de ce nuage, cc qui signifie qucles/)/ei»é/ens, représentés par les Centaures, étaient d’une nature monstrueuse , ou, pour mieux dire, qu’ils étaient composés de deux natures entre etles discordantes. Le,%épouses AesLapithes furent enlevées par ces Cen-

laurcs.3//e?a* le plébéien cache scsoreilles d’âne, qui sont pourtant découvertes, grâce k ces mômes roseoMÆ saisis jadis par le satyre Pan. C’ôlait par de semblables moyens que les patriciens rojpains s’efforcaient de prouver que les plébéiens étaient des monstres : QUIA AGiTAiiANT coNA'UBiuH MORE FERARuu. Fulcahi, qui est aussi plébéien, veut intervenir dans une dispute entre Jupiter elJunon, et il reçoit un coup de pied qui le précipite sur la terre et le rend boiteux; c’est-a-dire que les plébéiens insurgés pour obtenir la participation aux auspices de Jupiter et de Junon, sont vaincus et demeurent boiteux ou humiliés. Phaèton, membre de la famille d’Apollon, ce qui lui valut le faux titre de fils du Soleil, veut conduire le char doré de son père; char qui, d’après notre définition de l’o/- poétique , n’est qu’un char rempli de froment. Pliaëlon se détourne de la route tracée qui conduisait au grenier de son père; il prétend obtenir pour lui-méme le domaine des champs, et il csl précipité du ciel.

Mais h pomme de la discorde tombe du ciel sur la terre. Nous avons dit plus haut que cette joowune représente le domaine des terres; or ce domaine fut l’occasion des premières discordes suscitées p;ir les plébéiens dans le but de jouir des chaTups qu’ils avaient fertilisés. Vénus plébéienne veut obtenir de Junon le droit des noces, et de Minerve le droit à la souveraineté. Pltdarque nous avertit que les deux vers sur le jugement de Pâris, placés k la fin de \' Iliade, ne sont pas d'Homère et qu’ils ont été ajoutés k son poème par im écrivain plus moderne. Atalante jette ses pommes d’or aux prétendans qui la poursuivent, et f emporte sur eux à la course. De même, les Romains concédèrent d’abord MW plébéiens , par première loi agraire de Servius Tullius,

le domaine bonitaire des champs ; et plus tard , par la seconde loi agraire des XII Tables, ils communiquèrent aux plébéiens le domaine quiritaire de ces mômes champs, tout en se réservant, parles paroles suivantes, le des noces : connubia incom- MUNicATA PLEBi su.NTü; cc qui était la conséquence de celte autre loi : Ai si'ir.iA iNCOMiuMCATA l’i.Eiii st.NTO. Cclto conlcslation dura troLs ans Oise, termina kravantagedes/i/éieïens. hes prétendans de Pénélope envahissent la demeure royale â'Llysse, c’est-àdire qu’ils s’emparent de la puissance des héros. Ils prennent le litre de rois, et ils pillent les trésors royaux, ce qui signifie qu’ils

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Là POLITIQUE DES UÉEOS.

s’arrogent le domaine des champs. Ils veulent forcer Pénélope à épouser Hun d’eux, c’esl-h-dire qu’ils prétendent obtenir le droit des noces. Il court, sur le compte de Pénélope, deux histoires bien diverses. Les uns disent qu’elle garda sa chasteté et qu’f/lysse,'às(mxe,\.0üx, pendit les prétendons coinme des grives prises dans un de ces fiels dont Fvicain enveloppa Mars et Vénus : ce qui signifie, selon nous, qu’il les attacha à la glèbe , leur faisant cultiver la terre aux mêmes conditions que les journaliers de Romulus. Ulysse se bat avec Irus le mendiant, querelle qui représente une dispute agraire entre Ulysse et les plébéiens qui voulaient s’emparer de ses richesses. Selon d’autres, Pénélope se prostitua à ses prétendans, ce qui revient à dire qu’elle les fit participer aux droits des mariages solennels. Pan aurait été le fruit de cette union illégitime , et il aurait rassemblé en lui deux natures discordantes : la nature humaine et la nature animale. Les patriciens romains se servaient de cet exemple pour dégoûter les plébéiens de participer aux mariages solennels, et ils leur disaient qu’il ne naîtrait de semblables unions que des monstres tels que Pan- La fable de PasiphaC se livrant à un taureau et donnant le jouràup monstre moitié homme et moitié bête, qu'on appelle Mnotaure, renferme sans doute le récit de l’arrivée en Crète d’un navire étranger, dont les passagers obticimcnt deshabitans du pays la parlicipationaux noces solennelles. Le iawreaM représente, cette fois encore , un navire , comme dans la fable de l’enlèvement d'Europe par Jupiter et dans celle du monstre dévorant les jeunes filles et les jeunes garçons. C’est de la même manière qu’il faut expliquer \a. fable d’io : Jupiter devient amoureux de cette jeune fille, c’esl^-dire qu’il lui accorde la participation aux noces solennelles. Junon s’en montre jalouse, mais c’est d’une jalousie civile, ayant pour but de conserver aux héros le droit exclusif des noces; elle s’empare d’io et la donne à garder d Argus aux centyeux, représentant des pères Ârgiens, qui tous possédaient un antre et un champ cultivé. Mercure, type des plébéiens mercenaires, endort * Argus au moyen de la musique; ce qui signifie qu'il l’emporte sur les pères et qu’il leur arrache le privilège des mariages, sidenncls. IQ est enfin métamorphosée en vache ; elle peut s’acoou{dcr au taureau de Pasiphaê, et elle va errer dans les plaines do P^u'ini cesËg)ptieoEétnagcis qui avaient aidé Odndüs

248 UV. II. — DE LA SAGESSE rOÉTIUEE.

k expulser d’Argos les Inachides. Après une vie glorieusement remplie et laborieuse, Hercule devient efféminé et file aux pieds A'Omphale, sous les ordres A'Iole, c’est-à-dire qu’il accorde aux plébéiens le droit héroïque des champs. Le mot viri des Latins remplaçait le mot â/îmî, des Grecs. C’est pour cela que Virgile commence ainsi son Énéide :

Arma virumque cano,

et qu’//orace traduit le premier vers de VOdyssée de la façon suivante :

Die mihi , musa, virum.

Le mot VIRI était employé chez les Romains pour désigner les maris légitimes, les magistrats, les prêtres et \es juges, parce que ces /oweitoTM étaient l’apanage des Aéros ou viri. Les patriciens romains communiquèrent le droit quiritaire des champs mx plébéiens par la seconde loi agraire des XII Tables, comme les héros grecs avaient accordé le droit héroïque des champs aux plébéiens de leurs cités. A l’époque du retour de la barbarie, on appelait biens de la lance \e% propriétés féodales, et biens DU FUSEAU les propriétés du bourgeois, ce qui se voit encore dans les lois anglaises. Les arntoirtes royales de France sont soutenues par deux anges couverts dune dalmatique et tenant une lance k la main. Leur devise, Lilia non nent, signifie que les femmes sont exclues du trône par la loi salique. Baldus appelle, en effet, la loi salique : Juscentium Gallorum. La loi des XII Tables, qui réglait k Rome tout ce qui avait rapport aux successions aô tnéestoé, y appelait d’abord le?,parens du défunt, et scs a///és ensuite ; ce qui nous autorise k donner k cette loi le nom de : Jus GENTiUM Romanorum. Nous nous réservons d’examiner plus lard s'il existait, avant la/oï des XII Tables, un moyen pour le% filles d’obtenir leur part de la succession de leur père, mort intestat.

Hercule devint furieux pour s’être trempé dans le sang du Centaure Nessus, de ce représentant des plébéiens de natures diverses ou de sang mêlé ; c’esl-k-dire, qu’au milieu des discordes civiles, Hercule fait participer les plébéiens aux droits provenant

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