‹ La science nouvelleChapitre 51 sur 106 · HÉROÏSME DES PREMIERS PEI PI.ES · texte numérisé non relu

HÉROÏSME DES PREMIERS PEI PI.ES

(l’un privilège divin, une aulorilè qu’elle ne saurait revendiquer par elle-même, toujours est-il que les récits en sont obscurs cl confus; toujours est-il que la raison lui est contraire.

COROLLAIRE

sur rtaérolsme des premiers peuples.

Il est impossible de parler de Vâge héroïque du monde , sans s’occuper de Vhéroïsme des premiers peuples; héroïsme bien différent de celui dont nous entretiennent les p/»7osojo/ies, abusés par \es philologues sur la signification de ces trois mots : peuple, roi, liberté. Les philosophes et les philologues ont compris les p/éôéieras dans cette réunion appelée par les anciens ; ils ont considéré les rois comme des monarques , et la liberté comme la garantie des droits de tous. S’obstinant à supposer dans les premiers habitans du monde les senlimens et les pensées propres à une société cMlisée, ils se sont figuré les anciens peuples capables de comprendre et d’admirer une justice, raisonnée selon les maximes de la morale socratique. Ils ont attribué aux rois un désir de gloire, c’est-à-dire qu’ils leur ont supposé l’ambition d’acquérir le nom de bienfaiteurs de l’humanité. Enfin, ils ont pensé que la constitution des premières sociétés était formée d’après des notions plus ou moins distinctes de Vimmortalité. Par suite de ces trois idées, ou pour mieux dire de ces trois erreurs, les philosophes ont imaginé que les rois ou autres grands personnages des temps anciens, consacraient leur personne, leur famille et leurs biens au soulagement des infortunés, toujours nombreux dans les villes et dans les campagnes.

Voyons toutefois comment Achille, le plus grand des héros grecs, se conforme, selon Homère, aux notions de justice, d’amour de la gloire et i'immortalité, que les philosophes attribuent aux anciens héros. Et d’abord, écoutons sa réponse à Hector qui lui demande de Y ensevelir pieusement , dans le cas où il succomberait en combat singulier; écoutons-le s’écrier avec férocité, sans égard à Y égalité des conditions et à la conformité des circonstances : « Depuis quand les hommes stipulèrent-ils avec les lions, et quel jour les loups et les agneaux eurent-ils la même volonté? Si je te tue , je te traînerai pendant trois

25i I IV. II. — DF, l.\ SAf.FSSF, POÉTIOrE.

jours autour des murs de Troie, nu, attaché à mon char; et après cela, tu serviras de repas à mes chiens de chasse. > Quant a la gloire, Achille en a si peu de souci, qu’il relire ses troupes e\ ses navires de l’armée des confédérés ; qu’il se plaint des hommes et des dieux; qu’il contemple le carnage fait par Hector dans les rangs des Grecs; qu’il s'écrie, avec Patrocle, que le spectacle du dernier des Grecs et du dernier des Trojens s’entre-tuant lui serait agréable , pourvu qu’il survécût seul , avec Patrocle, à tous les autres. Et cela pour se venger A'Agamemnm qui lui a enlevé Briséis, c’esl-h-dire pour une offense personnelle, pour xmedoideur privée. Enfin, cet Achille faisait si peu de cas du bonheur de l’immortalité, qu’interrogé par Ulysse s’il se plaisait dans les enfers, il répondit : Je préfère la vie terrestre et souhaite de retourner sur la terre, lors même que je ne devrais m’y retrouver que dans la condition d’un misérable esclave. Voilà, ce /zéros irréprochable, selon Homère, ce héros qu’il propose aux peuples grecs comme le modèle de la vertu héroïque. 11 ne faut voir dans la vertu dont parle Homère que de Vorgueil, et croire qu’elle n’exige , de ceux qui la pratiquent , d’autre effort que de n’oublier aucune injure, si légère qu’elle soit. C’est la même vertu pointilleuse qui distinguait les duellistes du moyen âge, et qui donna naissance à des lois vaines et cruelles, ainsi qu’aux satisfactions vindicatives des chevaliers errans célébrés par les romanciers.

Réfléchissons maintenant au serment dont nous parle Aristote, et par lequel les héros s’engageaient à garder une haine éternelle aux plébéiens. Voyons aussi quels avantages résultaient pour les plébéiens des actes de magnanimité accomplis avant le temps de la guerre avec Pyrrhus, selon Tite-Live qui dit : Ntdla ætas virtutum feracior, et avant la seconde guerre carthaginoise, selon Salluste cité par saint Augustin, dans la Cité de Dieu ; actes qui méritèrent à la nation romaine le renom de vertu qu’elle a conservé depuis. Brutus consacre sa maison à la liberté, en versant le sang de ses deux fils ; Scsevola étonne et met en fuite Porsenna, en brûlant sa propre main pour la punir de n’avoir pas su immoler ce roi ; Manlius , surnommé \’ Impérieux, fait trancher la tête à son fils pour corriger l’heureuse faute de discipline qui lui a valu la victoire; Curtius se précipite

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dans le fatal cratère; les deux Décius se dévouent au salut de l’armée ; Fabricius et Cwîus refusent l’or des Samnites et les provinces oiTcrtes par Pyrrlius ; Régulas marche à une mort certaine plutôt que de violer la sainteté du serment romain. Mais quels fruits les plébéiens romains tirent-ils de ces actes généreux? YM. sont-ils moins décimés par la guerre, ruinés par l'usure, enseoelis dans les prisons, opprimés et déchirés k coups de fouets par les nobles, leurs maîtres ou leurs créanciers? El s’il se trouve un novateur hardi, tel que iVan/îiis Capitolinus, qui essaie d’adoucir leur sort par une loi frumentaire ou par une loi agraire, Rome, qu’il a sauvée par ses victoires , le condamnera et le fera mourir. C’est ainsi que les Spartiates, ces Romains de la Grèce, livrent leur roi Jgis aux éphores , qui ïétranglent, pour le punir d’avoir imaginé une nouvelle loi des comptes, et mie loi testamentaire propre à soulager les plébéiens de Lacédémone.

Une faut pas perdre de vue que les noblesses anciens peuples se croyaient d’une nature supérieure k la nature des plébéiens, ce qui explique pourquoi ils maltraitaient si fort ces derniers. Comment sans cela mettre d’accord la vertu de ces anciens Romains et leur orgueil, leur tempérance et leur avarice, leur douceur et leur cruauté, leur justice et une si grande inégalité dans les conditions?

Voici les causes, selon nous, de la réunion des élémens contradictoires qui composent la constitution sociale des temps héroïques : 1" Véducation rude et barbare des enfans, qui succombaient mainte fois sous les coups dont leurs parens .les accablaient, dans le but de les accoutumer k la douleur. Tant il est vrai que l'amour des enfans, ce sentiment qui fait aujourd’hui nos plus chères délices, est précisément la source d’où notre nature lire toute sa délicatesse et sa suavité; 2” Vachat des femmes au moyen des dots héroïques, usage qui ne fai.sail desfeimnes que des instrumens nécessaires k la propagation de l’espèce , tandis que les dots apportées maintenant par les femmes k leurs maris, sont comme un aveu implicite de l’impossibilité où se trouvent les maris de subvenir aux besoins de leurs familles; 5" le travail des enfans et l’économie des femmes : ceux-ci amassaient du bien pour leurs pères , celles-lk le gardaient pour leurs maris;

25C LIV. II. — DE LA SAGESSE POÉTiatE.

— maintenant les choses se passent tout autrement ; 4® la nature fatigante et dangereuse des jetcx et des plaisirs , tels que la lutte et la course, les combats en champ-clos, et la chasse, qui donnaient au corps plus de vigueur et d’agilité , k l’àme plus d’énergie et d’insouciance de la vie ; 5“ le défaut absolu de luxe, de recherche et d'aisance; 6° le principe religieux qui était au fond de toutes les guerres héroïques, et qui les rendait, comme cela lui est propre, très-cruelles; 7<* l’e-îc/oragie auquel étaient réduits les vaincus, considérés qu’ils étaient comme des hommes sans dieux, de sorte qu’après avoir perdu la liberté civile, ils perdaient aussi la liberté naturelle. N’oublions pas que celle-ci assure en général les choses nécessaires a la vie; celle-là s’attache plutôt aux choses superllucs. N’oublions pas que tout cela contribua à rendre les républiques aristocratiques extrêmement sévères. Elles accordaient les honneurs civils k un très petit nombre de pères nobles, qui avaient k cœur la conservation de l’ordre public, comme de la chose qui affermissait entre leurs mains le pouvoir monarchique sur les familles. C’est ainsi que le motjoa^rte signiûa une chose qui intéressait seulement quelques pères ou quelques patriciens. Ces natures, ces coutumes, ces républiques, ces ordres et ces lois furent donc la cause de l’/icroisme des premiers peuples. Des causes toutes contraires ont amené la formation des républiques libres et populaires ou démocratiques, ainsi que des monarchies; institution d'origine humaine plus encore que les républiques démocratiques. C’est pourquoi le retour de Yhéroïsme est désormais impossible.

Pendant la longue durée de la liberté popidaire de Rome, Caton cCUtique fut le seul qui mérita le titre de héros, et encore le dut-il k son dévouement à l’aristocratie ; dévouement qui le porta, après la mort de Pompée, k accepter le rôle de chef du parti de la noblesse. Cette position était d’ailleurs si difficile, que ne pouvant s’y maintenir et ne voulant pas eéder k César, il préféra se donner la mort. Dans les monarchies, les héros sont ceux qui se dévoilent volontairement à la gloire et à la grandeur de leur souverain. Ces hommes, désirés par les peuples malheureux qui les appellent eu vain, conçus par l’intelligence des philosophes qui font k leur sujet de grands discours, enfantés [>ar l’imagination des poètes, qui les représentent, sont

, RÉSUMÉ DE l’histoire POÉTIQUE.

un bienfait que la nature civile ne coraporle pas. L’/iéroï5wie romain ne s’est pas prolongé au delà du règne de l’aristocratie romaine. Nous examinerons les rapports qui existent entre l’/ieroïsme romain, {'héroïsme athénien du temps de l'aréopage, et {'héroïsme de Sparte pendant la puissance des nobles connus sous le nom d’Héraclidcs.

Résamé de l’histoire poétique.

I. Toute {'histoire divine et hércüque des poètes théologiens se trouve contenue dans la fable de Cadmus. Ce héros tue le grand serpent, c’est-à-dire qu’il abat la grande forêt de la terre; il en sème les dents, ce qui signifle qu’il trace des sillons dans la terre au moyen de morceaux de bois durs et recourbés; il lance une grande pierre, qui représente la terre durcie que lescliens ou tes serviteurs ne voulaient plus cultiver pour le compte de leurs maîtres ; des hommes sortent tout armés des sillons de la terre, c’est-à-dire que les héros sortent en armes de leurs terres pour s’opposer à l’établissement de la première loi agraire ; et t/s combattent, non pas entre eux, mais contre les cliens révoltés. Les sillons représentent les ordres dans lesquels les nobles s’étaient constitués pour fonder les cités. Cadmus est métamorphosé en serpent, parce que les événeraensque nous venons de rapporter, comme étant cachés dans son histoire , donnèrent naissance aux sénats aristocratiques. C’est pour cela que les anciens Latins auraient fort bien pu dire: Cadmus fundusfactus est. I.es Grecs racontent que Cadmus iwlmétamorphosé en dragon, et ils parlent ailleurs d’un Dragon ou Dracon dont les lois étaient écrites avec du sang. Tout cela vient h l’appui de ce que nous avons déjà dit des quelques siècles d’histoire poétique, enfermés dans la fable, de Cadmus. M.iis celte histoire seiMil-elle cachée d'une manière si bizarre sous des fables, si Cadmus avait apporté ilc Phénicie, en Grèce, la connaissance des lettres vulgaires? Désiré Érasme, le l arron chrétien, suppose, ])ar un tour d'esprit indigne de sa sagacité ordinaire, que la fable qui vient d'être rapportée contient précisément le récit de la découverte de l’art rf’ècr/ue.Consenlira-t-on pourtant à supposerque Cadmus eût caché, avec tant de soin, la découverte d’une science

258 LIV. U. — DE LA SACESbE l•OLllülE.

qui devait faire un si grand bruit dans le monde, et qui devait, à cause de sa simplicité incomparable cl de son utilité immense, être adoptée par l’univers entier; si bien que les lettres dont elle SC compose portent le nom de lettres vulgaires. — 11. Homère nous raconte eu peu de mots, dans Vhiéroglyphe du sceptre d’Jgamemnon , Yhistoire même de Cadmus. f 'ulcain fabrique ce sceptre pour Jupiter, parce que Jupiter établit son empire sur les hommes et sur les dieux, au moyen du coup de foudre qiii éclata dans le ciel après le déluge. Voilà les premières £/îi?tncs

qui régirent le monde dans l’étal de famille. Jupiter fait présent à Mercure de ce sceptre qui devient aussitôt le caducée, avec lequel ce dieu apporte aux plébéiens la première loi agraire. Voilà les gouvernemens héroïques qui furent établis dans les premières cités. Mercure remet ensuite le sceptre aux mains de Pélops, Pélops à celles de Thyeste, Thyestc à celles èC Alrée , et enfin celui-ci en fait hommage à ^ÿaMienîîzon lui-même. Ceci est la succession de la maison royale d’Argos.

III. Homère nous raconte encore la même histoire du monde, mais d’une manière plus étendue, en nous faisant la description du bouclier (T Achille : l"Ony voyait d’ahord, dit-il, le ciel, la terre, la mer, le soleil, la lune et les étoiles. C’était Y époque de la création du monde. 2“ Deux villes y étaient ensuite représentées. On célébrait dans l’une les noces et les mariages par des chants, ce qui indique Yépoque des familles héroïques composées d’individus nés dans le mariage. On ne voyait dans l’autre aucune dê ces choses, ce qui a rapport aux familles héroïques des serviteurs, dont les unions naturelles avaient lieu sans l’accompagnement des cérémonies pratiquées par les nobles. Ces deux villes représentaient donc Yétat de nature et Yétat de famille. C’est sans doute h ces deux villes qp'Eumée, l’intendant d’Ulysse, fait allusion, lorsqu’il nous parle de deux villes autrefois gouvernées par son père, et dont les citoyens s'étaient constitués sans conserver entre eux, d’une ville à l’autre, ni lien, ni droit commun. I^a ville où n’avaient pas lieu les mariages solennels était donc habitée, pour nous servir de l’expression employée par Télémaque au sujet des d’Ithaque, par Yaidre peuple. Achille lui-

même se plaint des procédés iTAgamemnon, cl dit qu’il a été traité par ce roi comme aurait pu l’être un journedier, un

Dt: LA PUYSIQl'E POÉTIQUE.

homme n’ayant aucune part dans le gouvernement. S® Plus bas dans larj7/e aux noces solennelles, on voyait des parlemens , des lois, Acs jugemens, des peines, toutes choses dont les patriciens romains, dans leurs disputes avec les plébéiens, prétendaient avoir le privilège exclusif. C’était l’époque des cités héroïques fondées sur le droit des maîtres, sur l'esclavage, et régies par une forme de gouvernement strictement aristocratique. 4® Vautre ville était assiégée par une armée, et les habitans des deux villes se battaient et se dépouülaîent, à l'envi, les uns les autres. C’est alors que la ville destituée des cérémonies religieuses, ville qui représente les plébéiens des cités liéroïques, se constitue en ville proprement dite, et devient Yennemie de la première. Cela confirme merveilleusement l’existence des premiers étrangers ou hostes, considérés comme les plébéiens des peuples héroïques, contre lesquels, selon Aristote, les héros professaient une inimitié étemelle; de sorte que les villes entières , étrangères les unes aux autres , exerçaient réciproquement le brigandage, et persévéraient dans leur hostilité. 5° Vhistoire des arts était aussi représentée sur le bouclier d’Achille. C’était d’ahord le père-roi qui présidait, le sceptre à la main, à la distribution du bœuf rôti entre les moissonneurs. On apercevait plus loin des vignes, puis Aestroupeaux, des bergers, des cabanes, et enfin des danseurs et des danseuses. Tout cela représentait avec une admirable exactitude l'ordre des découvertes humaines. En premier lieu , les arts nécessaires, la culture du blé et de la vigne; en second lieu, les arts utiles, le soin des troupeaux; les arts commodes ensuite, l'architecture urbaine; enfin, les arts d'agrément, tels que la danse.

De la pliyslqae poétique.

Nous voilh maintenant arrivés a cette branche de l'arbre métaphysique poétique, dont découle la sève de la science poétique pour se répandre dans la physique, dans la cosmographie cl Y astronomie , dans la chronologie et la géographie. Ajirès avoir averti que ces deux dernières sciences dérivent des trois premières, nous commencerons à parler de la physique.

I.es recherches auxquelles se sont livrés les /locfes théologiens

UV, n. — DE LA.' SAGESSE POÉTIQUE.

sur \si physique du monde des nations, les ont amenés à donner du chaos la délinilion suivante : La confusion des germes humains dans Vétat infâme de la communion des femmes. Les physiciens adoptèrent non seulement la pensée des poètes théologiens, mais aussi le mot dont ils se servaient pour l’exprimer, et ils nommèrent chaos, la confusion des germes universels de la nature. Ce mot signifiait confusion, parce qu’en efl’et il n’y avait aucun ordre dims l’humanité; il signifiait oftscîiriïé, parce que la lumière civile n’avait pas encore éclairé le monde: d’où vint le nom d'inclyti que portaient les héros. Le chaos était aussi pour les poètes, un monstre informe dé\ordal toute chose, parce que les hommes, dans l’élat infâme de la communauté des femmes, n’avaient rien qui les distinguât de la brute et étaient absorbés parle néant ; car dans l’impossibilité où ils se trouvaient de discerner et de reconnaître leurs enfans , ils ne pouvaient rien laisser après eux. Ce monstre dévoratcur représentait aux yeux des physiciens, la matière première des choses naturelles, matière avide de formes et qui dévore toutes celles dont elle parvient U s’emparer. Les poètes renfermèrent aussi l’idée du chaos sous le symbole de Pan, dieu sauvage, chef et patron des satyres , habilans des bois; image des hommes impies errons dans la grande forêt de la terre, à l’aspect humain, aux mœurs brutales. Trompés par le motTrâv, qui signifie tout, les philosophes virent dans le dieu Pan le représentant de Yunivers formé. Les savons ont supposé aux poètes l’intention de représenter, par la fable de Protée luttant sous teau avec Ulysse, la matièr» première des choses naturelles, qui échappe par ses ^ronsformatîons successives aux efforts que nous faisons pour la saisir et pour la connaître. La fable de Protée n’a pas une signification aussi élevée, et elle est plutôt le résultat de la simplicité lies |»reniiers hommes. Semblables aux enfans qui se regardent dans une glace et croient apercevoir un étranger, ces premiers hommes prenaient fimage mouvante dont ils apercevaient les contours au fond de l’eau, pour un homme se transformant à son gré.

Le premier coup de foudre se fit entendre enfin , et en amenant les hommes h faire effort, c’est-k-dire un a.ç,\.e propre d’un esprit libre, Jupiter leur ouvrit la scène du monde. Le monde naturel commença donc parle mouvement, qualité propre des

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