‹ La science nouvelleChapitre 52 sur 106 · BE LA PHYSIQUE POÉTIQUE. 2Ü · texte numérisé non relu

BE LA PHYSIQUE POÉTIQUE. 2Ü

corps, en lanl qu’ils sont agens nécessaires; car ce qui revct quelquefois dans les corps l’apparence de V effort, n’est, à proprement parler, qu’un mouvement insensible. Ce premier effort qui suivit chez l’homme la vue du premier éclair donna naissance à la lumière civile, dont Apollon est le symbole; lumière qui rayonna aussitôt sur la beauté civile. C’est de cette beauté, dont t énus fut aussi le symbole, que brillèrent les héros. Les physiciens se trompèrent donc, lorsqu’ils considérèrent rénus comme représentant la beauté de la nature, ou, pour mieux dire, la nature organisée qui renferme toutes les formes sensibles, et qui en est parée. Le monde des jioètes théologiens se composait de quatre élémens sacrés : Vair, où se tient Jupiter foudroyant ; Veau des sources inépuisables, dont Diane est la déesse tutélaire; le feu que Vulcain mil aux forêts; la terre cultivée, représentée par Cybèle ou Bérécynthie. 11 est facile de retrouver ces quatre élémens dans les cérémonies sacrées où ils remplissent, pour ainsi dire , le même rôle que dans le monde , sous la forme des auspices, de Veau, du feu et du blé, que t esta , c’est-à-dire Cybèle ou Bérécynthie, est chargée de garder. Celle déesse est couronnée de tours, parce que les fortifications des villes ernt été construites sur le modèle des haies qui entouraient les premières terres cultivées, de sorte que les l.alins auraient j)u la nommer exterris, et qu’ils la nommèrent extorris. Sa couronne renferme le monde des hommes ou orbis terrarum.

Eu attribuant à ces quatre élémens, ainsi qu'aux choses spéciales qui en découlent à l’infini, des formes animées et pour la plupart humaines, les poètes théologiens créèrent une foule de divinités. Platon pensa que tous ces dieux cl toutes ces déesses représentaient Yesprit ou Yàme de chaque chose; que Jupiter, par exemple, était l’dmede V éther ; Vulcain celle du/c«, cl ainsi de suite. Mais les poètes théologiens élaientsi peu en état de s’élever ilia compréhension des substances intelleetucllcs, (xa' Homère lui-méme, loin d’attribuer à rin/e//iÿewce /mmainc la faculté de combattre les sens par la réflexion, donne à plusieurs reprises à cette conseillère naturelle le nom de force sacrée ou de force occulte (1).

(l) Odyssée.

De la physique poétique de rbomme ou de la nature héroïque.

La plus grande , comme aussi la plus importante partie de la physique, est assurément la contemplation de la nature humaine. Nous avons dit ailleurs que les auteurs des Gentils ont, en quelque sorte, produit et engendré leur propre forme humaine dans ses deux parties ; c’est-k-dire qu’ils ont extrait notre taille moyenne et notre âme humaine de leur corps gigantesque et de leur âme brutale, au moyen d’une discipline économique composée de religions eflrayanics , du pouvoir paternel et d'ablutions sacrées. Nous essaierons maintenantdcmieux développer cette proposition.

Les poètes théologiens, guidés par une physique grossière, appliquèrent a l’homme les deux notions métaphysiques, détre et de subsister. Les héros latins conçurent sans doute en mangeant la notion de Y être, et c’est pourquoi le verbe sum dut signilier, d’abord, manger, et plus tard, manger et être. De nos jours encore les paysans ont coutume de dire, en parlant d’un malade, qu’il mange encore, pour dire qu’il n’est pas encore expiré. Sum, dans la signification dêtre, exprime assurément une pensée très abstraite , puisqu’elle s’étend au delk de tout ce qui est; très subtile, puisqu’elle pénètre dans tout ce qui est; très immatérielle , puisqu’elle n’est circonscrite par aucun objet. Les poètes théologiens donnèrent au mot substance le sens d’une chose placée au-dessous d’une autre et qui la soutient, c’est-à-dire qui est dans les talons, parce que Yhomme se soutient sur \& plante des pieds. Si Achille portait sa destinée dans ses talons, c’est que sa vie y était enfermée.

Le corps, selon les mêmes poètes théologiens, était composé de solides et de liquides. On entendait par solides les viscères ou chairs, ce qui explique pourquoi les Romains appelaient visceratio la distribution de la chair des victimes faite au peuple par les prêtres. signifia se nowrrir. De ars , qui signifiait, chez les

Latins, la force de corps, on fit le mot artus, os, ou articulations, d’où est venu artitus ou robuste. Cette même racine (ars) servit plus tard k exprimer un ensemble de préceptes, ou la règle d’une des facultés de l’espril. Les premiers hommes encore muets, s'exprimant au moyen de corps ou d’hiéroglyphes, prirent les nerfs

I>E I,A IMIYSIOI E POfvTIQDF.. 2firt

pour la force elle-même : cl’où il arriva que le nerf étant appelé ,/irfesdans la signification de corde, la force qui vient de Dieu reçut le nom de fides ou de foi. C’est de ces nerfs, de ces cordes, de cette /orcc ou de cette foi qu’a été formée la lyre d’Orphée. La moe//edes os enfin fut considérée comme contenant le principe vital lui-même, et c’est pour cela que Yamant donne à sa maîtresse le nom de medulta. Medullitus signifie amoureux de tout ccmr, et un amour forcené brûle, dit-on, jusqu’à la moelle des os. Le sanq était le seul liquide qui concourût à la composition du corps humain, csa \& substance nerveuse ou spermatique était considérée comme une modification du sang , ainsi que nous 1e prouve la locution poétique de sanguine creiusi pour engendré. Celte opinion n’était pas erronée, non plus que l’autre qui définit le sang : le suc des fibres composant la chair. Aussi les Latins disaient-ils d’un homme bien nourri, qu’il était succi plenus ou rempli de bon sang.

Les poètes théologiens ayant placé Yâme dans l’atr, les Latins confondirent Tune et l’autre sous une même dénomination. L’âme fut à leurs yeux le véhicule de la vie, et c’est pour cela qu’ils dirent anima vivimus ( les poètes disaient : Ferri ad vitales auras) pour, naître ; ducere vitales auras , vivre ; vitam referri in auras, mourir. En latin vulgaire, animant ducere signifiait aussi vivre; animam trahere, être à l’agonie; animam efflare ou emittere, mourir. Ce fut peut-être d’après ces notions que les physiciens placèrent Yâme du monde dans l’air, tandis que les poètes théologiens persistèrent à rattacher le cours de la vie au cours du sang, dont le mouvement régulier constitue la vie. Les uns et les autres distinguèrent sans doute l’df«e des sens, et la considérèrent comme étant \e véhicule de ceux-ci; d’où est venue l’expression latine : Anima sentinms. Les Latins ont distingué deux sortes d’àmes : l’une du genre féminin, anima; l’autre du genre mascidin, animus. L'animus, qui opère dans Yanima, est Yigneus vigor de Urgile. 11 a pour inslrumens les nerfs et la substance nerveuse { nervea ). Vanima agit par le moyen des veines et du sang. Le premier a pour véhicule Yéther ; le second, l’air. Les esprits animaux sont très mobiles, mais les esprits vitaux le sont moins. C’est pourquoi Ya7iima est la cause du mouvement, et Yatiimus

26t LIV. II. — DE I.A SAGESSE POÉTIQUE.

est Itt oftiiso de X'effort. Voilà donc la définition de cet igmus vigor de Virgile, dont les/)oéfe.? théologiens ne savaient pas se rendre compte, et qu’ils appelèrent, d’après Homère : force sacrée, vigueur occulte,dieii inconnu. Lorsque, guidés par imprincipe supérieur, les Grecs et les Latins sentaient qu’ils venaient d’accomplir quelque chose de grand, ils avaient coutume de dire : Telle a été la volonté d’un Dieu inconnu. Les Latins nommèrent ce principe supérieur, inens animi; mais la théologie naturelle des métaphysiciens , dans ses combats contre les Épicuriens qui donnent les mouvemens des corps pour cause des idées, interpréta bien plus dignement que ne l’avaient fait les poètes tliéologiens celte proposition : Les idées viennent de Dieu à l'homme.

Les poètes théologiens ont si bien compris l’œuvre de la génération, que nous ne savons si les savans ont jamais donné de ce phénomène une meilleure explication. Us l’ont définie par le mot concipere ; mot analogue à concapere, et qui exprime l’usage que les formes physiques font de leur nature ou de leurs forces naturelles, lorsque, s’emparant des corps placés en dehors, elles en soumettent la résistance et parviennent à se les assimiler. Cette explication a fait place aujourd’hui au système de la pesanteur de U air. Les poètes théologiens ont donné aussi une savante interprétation du mot corruption, qu’ils ont tiré de corrumpi, rupture ou séparation de toutes les parties dont un corps est compose. I.e mot sanum est l’opposé du mot corrumpi; parce que la vie ne saurait se maintenir sans la santé ou l’intégrité de toutes les parties du corps. C’est pour cela que la corruption des solides a été considérée comme la cause de la mort.

Les poètes théologiens coxifi&icoi Y action intérieure de làme ( animus ) ii ces trois parties du corps la tête , la poitrine itle cœur. Ils placèrent dans la tête toutes les connaissances qui sont le produit de Vimaginalion; et la mémoire qui est, à vrai dire, la source de toutes les connaissances, a été souvent confondue par les Latins avec la fantaisie ou Yimagination. Dans le moyen âge, le mot de fantaisie ou A'imaginatioH était employé dans le sens élesprit ou ù'intelligence, comme nous le voyons dans la vie de Cola da Rienzi, écrite par un de ses con-

DE LA PHYSIQUE POÉTIQUE

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temporains; ouvrage où l’on peut voir plusieurs usages et coutumes antiques, ce qui prouve que Yhumanité trace toujours le même sillon. Mais Vimagination n’est, a proprement parler, que le réveil des souvenirs, et Vesprit est ce qui travaille sur les choses dont on se souvient. Dans les premiers temps du monde, Yintelligence humaine que la connaissance de {écriture n’avait pas encore rendue subtile, ni Yarithmétique et Yhabitude du raisonnement, spirituelle, ni l’introduction dans 1e langage d’un grand nombre de mots abstraits, capable d! abstraction , l’intelligence humaine n’exereait que trois facultés appartenant toutes a sa première opération , c’est-à-dire à l’imagination. La topique règle l’imagination, comme la critique règle le jugement qui est la seconde opération de l’intelligence. La première enseigne à découvrir ; la seconde, à juger. Il était donc naturel que le monde, encore enfant, exer(;àt la première des facultés de l’esprit humain, et qu’il s’occupât à rfe'coMtTir les choses nécessaires ou seulement utiles à la conservation de Yespèce humaine; choses qui toutes étaient découvertes auani la venue des philosophes , ainsi que nous le prouverons à l’occasion de nos recherches sur le véritable Homère. Les poètes théologiens ne SC trompèrent donc pas lorsqu’ils considérèrent la Mémoire comme la mère des Muses ou des arts de la civilisation. Reconnaissons aussi \d. difficulté, pour ne pas dire l’impossibilité, de se représenter la marche singulière de {esprit de ces premiers hommes , fondateurs du monde des Gentils , (\\i\ attrihuaient à un changement de nature chaque changement de forme , ainsi que nous l’avons vu au sujet de Protée. Chaque passion nouvelle leur semblait sortir d’un nouveau cœur, d’une nouvelle poitrine, d’une àme nouvelle ; et c’est ce qui donna lieu à ces locutions poétiques : ora, vultus, animi, pectora, corda, qui exprimaient différens degrés de passion ou de sensibilité. La poitrine fut, pour les poètes théologiens , le siège de toutes les passions, auxquelles ils attribuèrent d’ailleurs deux sources ou deax principes, savoir: Y irascibilité et \0i concupiscence , l’.iversion ou le désir. Ils placèrent le principe irascible dans l’es/omac, comme dans l’organe qui reçoit plus directement la bile; et la concupiscence dans le foie ou \es, précordes , organes qui passaient à cette époque pour l’alambic du sang. Ils attribuaient

26(i I IV. H. — DE LA SAr.F-SSE POÉTIOUE.

('onfiisémcnl ii la concupiscence toutes les passions qui circulent dans nos humeurs. Le cœur élail le centre de la réflexion, et l’on disait en effet, en parlant des héros: Agitabant, versabant, volutabant corde curas, parce qu’ils n’étaient censés concevoir de pensées qu’après avoir reçu Y avertissement de la passion. Les Latins donnèrent aux sages l’épithète de cordati; et celle devecordes aux hommes simples. Les résolutions furent appelées parce que les jugemens étaient portés selon

le sentiment de celui qui jugeait; de sorte que si les jugemens héroïques furent quelquefois erronés dans le fond, ils étaient au moins toujours vrais dans la forme.

Corollalret des sentences héroïques.

Les plus anciens des Gentils étaient doués d'un jugement si individuel et si particulier, qu’il se rapprochait de celui des bétes. Chaque nouvelle sensation effaçait la sensation précédente, de sorte qu’il leur était impossible de comparer ou de raisonner, et que leurs pensées ne pouvaient être que particulières à celui qui les avait conçues. Aussi , ce passage cité par Longin et traduit par Catulle, dans lequel Sapho parle ainsi de l’amant qui contemple sa bien-aiméc :

llle mî par esse Deo videtur,

manque de grandeur et d’élévation, parce qu’il ne saurait être, comme cette phrase de Térence :

Yitam Deorum adepti sumus,

appliqué singulièrement k celui qui p.arle. Ici le sujet du discours est un pluriel, mais il est évident que ce n’est qu’une forme élégante et propre k la langue latine. I.e même poète arrive enfin, dans une autre pièce, au dernier degré du sublime, ou de l'individuel, lorsqu’il dit :

Ucus factus sum.

Ces sentences abstraites conviennent aux philosophes, parce

DESCHIPTI0K8 UÉROÏQCES. 267

qu’elles contiennent des idées générales; les réflexions sur les passions humaines conviennent seulement k de faux et de froids poètes (1).

COROLLAIRE

de* descriptions liéroiqnes.

Les pocfea <Ae'o/oÿ?e»s réduisaient les fonctions extérieures de l'dme (animus)a«Æ cinq sens corporels, 11 va sans dire qu'îi 1 époque où la raison humaine était absorbée par l’imagination, les sens devaient être robustes et actifs. Les noms donnés aux sens par les premiers hommes, viennent k l’appui de notre assertion. Âudire, qui ressemble fort k haurire, signifia entendre , parce que les oreilles boivent l’air percuté par les corps ; cernere oculis, voir distinctement, d’où vient peut-être le jcernere des Italiens, représente les jeux comme un ran, et les prunelles comme deux trous. Deux bâtons ou deux rayons de lumière sortent de ces trous et vont toucher les objets que nous voyons distinctement; de môme que deux bâtons ou deux rayons de poussière sortent du van et vont tomber k terre. La réalité de ce bàion ou rayon visuel, dont les Stoïciens ont parlé, a été de nos jours heureusement démontrée par Descartes. On dit aussi usurpare oculis, pour voir, comme si au moyen de la vue on s’emparait des objets. Le mot tangere signifiait k la fois toucher et dérober, parce qu’en touchant les corps on leur enlève nécessairement quelques-unes de leurs parties : fait dont les physiciens de nos jours ont peine k se rendre compte. L’orfora^ fut appelé olfacere, comme si les odeurs étaient réellement faites par celui qui les aspire; et cette opinion a obtenu plus tard le consentement des philosophes naturels, qui ont découvert dans les sens la cause des qualités dites sensibles, faussement attribuées aux objets. Le mot sapere signifia goûter, c’est-k dire prendre connaissance de la saveur des choses ; comme science ou sapienlia signifia l’art de faire usage des choses d’après leur propre nature et non pas d’après l’opinion. Il faut encore une fois admirer la sagesse de la Providence divine , qui donna d’.sbnrd k

{ t) Voir, sur ce passage, uug note i la Cb du volume.

Y homme des sens exquis, vigoureux, semblables à ceux des animaux, el qui les lui relira graduellement, à mesure que le développement de sa raison le mettait en étal d'éviter les dangers.C’estii celle/orce elii celle délicatesse exquise des sens qu’il faut attribuer la clarté des descriptions héroïiiues d’Homère; mérite que nul poète après lui n’a pu surpasser ni même égaler.

COROLLAIRE

des coûtâmes héroïques.

Les coutumes s’établissent , conformément ii la nature el aux sens des peuples qui les pratiquent. X'intetlîrjence de ces hommes, dont lesjoéres avaient été des géans, était bornée , leur imagination vaste, el leurs passions violentes. Aussi leur conduite fut -elle brutate , cruelte et hautaine, el leur obstination ne sufOt-ellc pas à les garantir de V inconstance ; car la faiblesse de leur raison les exposait toujours à embrasser le parti qui se présentait en dernier lieu. Ne vojons-nous pas de nos jours les paysans de nos campagnes se rendre volontiers aux raisonnemens qui les surprennent , et oublier en un instant le parti qu’ils avaient embra.ssé? Le même défaut de réflexion rendait CCS hommes, /rancs, magnanimes, généreux, susceptibtes de ressentiment, tels enfin x[\Y Jchilte , le plus grand des héros grecs, nous est représenté par Homère. C’est d’après la connaissance de ces coutumes héroïques ixa' Aristote nom avertit, dans ion poétique , de ne jamais attribuer aux héros d’une tragédie, ni un cieur parfait, ni un naturel entièrement corrompu, mais plutôt de grands vices, tout à la fois, cl de grandes vertus. I.k-1 vertu parfaite habite la pensée des philosophes, et fuit l’imagination des poètes. A ceux-ci, ou pour mieux dire à ceux d’entre les poètes qui succédèrent à Homère , appartiennent la délicatesse et la recherche dans les sentimem. Ils se sont emparés des fables graves cl sévères des temps antérieurs pour les altérer et les corrompre, ou bien ils ont inventé des fables nouvelles plus conformes à leur propre délicatesse. Voilà pourquoi .ichille nous est représenté importunant le ciel et la terre de ses plaintes, bouleversant les étals, remplissant l'Iliade de son désespoir à cause de Venlévement de sa Briséis, qui ne lui arrache pour-

DE LA COSMOCUAriüE DOÉTUIUE. 2(i‘J

tant pas un seul mouvement de tendresse passionnée. Voilà pourquoi Ménélas, qui soulève la Grèce entière contre Troie pour punir le ravisseur d'Hélène, ne semble ni se souvenir, ni se soucier de Tamour de cette même Hélène pour son ravisseur Pâris auquel elle est unie.

Tout ce que nous venons de dire au sujet des sentences, des descriptions et des coutumes héroïques , appartient au livre suivant qui traite de la découverte du véritable Homère,

De U cosmographie poétique.

Après avoir considéré les causes physiques comme des substances divines, \es poètes théologiens composèrent une cosmographie conforme à leur physique. Ils supposèrent que le monde était composé de dieux célestes, de dieux infernaux et de dieux intermédiaires entre le ciel et la terre , c’est-à-dire , pour les Latins, des dii superi, dii inferi, dû medioxumi.

Ils observèrent au commencement le ciel, et ils en nommèrent les phénomènes, d'abord fx«6ïifi«Ta ou choses sublimes, et ensuite ou choses divines ofTertes àla contemplation. Le mot contemplation fut adopté par les Latins d’après les régions du ciel appelées templa cceli, où les augures lisaient les auspices. De là, le nom de Zoroastre donné en Orient, si l’on en croit Bochart,\\cc\\x i\m contemplaient les astres pour interrogerle jîflssage des étoiles tombantes. Les poètes pensèrent d’abord que le ciel n’était pas plus élevé que la cime des hautes montagnes, où s’arrêtèrent les géans frappés parle premier coup de fondre. C’était là ce ciel qui régnait sur la terre, et dont la bienfaisance protégeait le genre humain. Ce fut d’après retic croyance que lt!S Lalins ap|)clèrent cœlum le burin dont on se sert pour graver sur pierre et sur métaux ; car les rochers q^ointus leur semblaient, comme eela paraît encore aux enfans , les colonnes du ciel. Les colonnes d’ Hercule n’étaient en effet , au commencement, que des rochers appelés ro/îime« ou so«êtV«. Dans l’Iliade, Thétis apprend à Achille que Jupiter a quitté l'Olympe pour se rendre à un banquet qui avait lieu sur l'Atlas. La fable des géans qui entassèrent Ossa sur Pélion, et l'Olympe sur Ossa

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