LIV. 11. — 1)11 L\ SAGtSSE POKTiUUE
Grecs. Cela prouve jusqu’il l’évidence que le genre humain a eu ses commencemem en Orient, et qu’il s’est répandu de là dans les autres parties du monde, au moyen d’abord de la vie errante et sauvage des premiers hommes, du droit héroïque exercé sur terre et sur mer ensuite, et enfin du commerce maritime entrepris par les Phéniciens. Voilà une opinion sur les migrations des premiers peuples, qui nous semble préférable à celle que fFolfgang-Latius a voulu nous imposer.
Mais s’il est vrai que les nations suivent dans leurs développemens une marche uniforme, il faut supposer qu’il s’écoula autant de temps de Zoroastre à Ninus et à la grande monarchie des Assyriens qu’il fonda, que de Mercure Tristnégiste h Sésostris (le Ramsès de Tacite), et à la grande monarchie égyptienne qui lui dut son existence. Les nations égyptienne et chaldéenne étaient Yune et l’autre des nations méditerranéennes. C’est pourquoi elles passèrent du gouvernement sacerdotal ou divin, au gouvernement héroïque , et elles n’arrivèrent à la monarchie, dernière forme des gouvememens humains, qu’à travers la liberté populaire. Nous nous proposons de démontrer que les monarchies s’établissent nécessairement sur les ruines entassées par la liberté effrénée des peuples émancipés des seigneurs, dont ils s’approprient lentement le pouvoir. Mais ce pouvoir môme se divise et s’affaiblit tellement dans les mains du peuple , que s'en emparer en flattant les partis divers devient chose facile pour les hommes adroits et sages, fondateurs des monarchies. La nulioü phénicienne maritime et commerçante, à la différence des nations égyptienne et chaldéenne, dut demeurer fidèle à la liberté populaire, première forme des gouvememens humains (1).
Nous voilà donc parvenus, à l’aide de V intelligence et sans le secours de la mémoire, faculté qui ne peut agir si les sens ne lui fournissent des matériaux ou des faits; nous voilà donc parvenus à établir les principes de rhistoire universelle; les principes de l’histoire du vieil Égypte et de V Orient, plus ancien encore, et les principes enfin de l’hisloire de la monarchie assynenne. Celte monarchie , qui succède selon nous à deux aiilres formes de gouvememens, semblait jusqu’ici, et d’après les récils de ions les historiens , surgir tout d'un coup, comme par
(I J Voir les notes.
CANON CnnONOCOGIUCC.
enchanlemcnt , el comme um grenouille après une pluie d’été.
Nous prétendons établir avec certitude notre chronologie en l'appuyant sur la connaissance de la marche progressive du développement et des mœurs du genre humain; si bien que cette science n’ait qu’un point de départ avec le sujet dont elle traite. Elle commence avec Saturne, appelé Kpovo; jmr les Grecs , qui nomment aussi xfrivo;, le temps mesuré par les moissons; avec Uranie, contemplatrice du ciel , et interprète des augures ; et ü\cc. ZorocLstre , qui lit les oracles dans le trajet des étoiles tombantes. Les astres ont donc été les premiers , les premiers c’est-à-dire les premiers objets sublimes ou dU
vins de l’observation des hommes. Ce ne fut que plus tard, lorsque Saturne se trouva relégué dans la septième sphère, ({u’Uranie devint à son tour la contemplatrice des planètes et des astres.
Les Chaldéens, habitant de vastes plaines, mesurant les mouvemens des astres, considérant leurs aspects divers, et essayant d’apprécier l’influence qu’ils devaient exercer non seulement sur les corps sublunaires, mais encore sur la volonté essentiellement libre des hommes, se livrèrent bientôt ii l’étude de l'astronomie et de l'astrologie. Ces sciences ont conservé les noms qu’elles avaient reçus d’abord, comme étant conformes à leur nature. hn science qui enseignait les lois des oestres s' a.'çtgola. astronomie, celle qui s’appliquait à entendre leur langage prit le nom d'astrologie, et le nom de théologie servit à désigner la science du langage des dieux ou des oracles, rendus par les auspices el par les augures. La principale des sciences mathématiques, la géométrie, apprit à mesurer la terre. Scaliger, dans son livre de Emendatione, et Denis Petau, dans sa Doctrine des temps, n’ont contribué qu’iraparfaitement, malgré leur prodigieuse érudition, à établir les origines de l'histoire xiniverselle, el cela parce qu’ils n’ont pas donné une seule et unique base à leur science el au sujet dont elle traite, cl qu’ils ont au contraire pris leur point de départ de la découverte de l’année astronomique, découverte qui eut lieu mille ans après le déluge, et qui , tout en informant les hommes des conjonctions el des oppositions survenues parmi les planètes el les constellations dans le ciel , ne jmuvait leur apprendre les événemens accomplis sur la terre.