I.IV. IV. — I)E LA MARCHE DES NATIONS
violentes et rudes; et telles nous les voyons dans Achille. Les troisièmes sont douces, et elles sont réglées par \& sentiment des devoirs civils.
Trois espèces de droits naturels.
Le ^premier droit a été divin, parce que les hommes crurent d’abord que leurs personnes et leurs biens appartenaient aux Dieux, substances ou auteurs de toutes choses!Le second droit .a été le droit héroïque, ou le droit de la force, maîtrisée pourtant par \a. religion, qui elle seule-suffit pour imposer k la /orce brutale. Quant aux lois humaines, elles sont impuissantes k cet effet. C’est pour cela que la Providence, jalouse d’empêcher que les hommes ne|se laissassent entièrement gouverner par la force, et qu’en l’absence de la raison, ils ne se soumissent a. Infortune comme à l’expression de la volonté divine qui se manifestait dans les auspices, c’est pour cela , disons-nous, que la Providence permit h la religion de toucher d’abord le cœur des hommes. Ce second droit de la force est le droit i' Achille, que ce héros place sur la pointe de sa lance. Le troisième droit est le droit humain, dicté par la raison humaine convenablement expliquée et entendue.
Trot» espèce» de Kouvernemens.
Les premiers gouvememens ont été divins, ou, comme diraient les Grecs, théocratiques ; les chefs de ces gouvememens croyaient recevoir directement les ordres des dieux, au moyen des oracles qui forment la plus ancienne autorité historiqtie. Les seconds ont été les gouvememens héroïques ou aristocratiques, ce qui signifie gouvernement des plus forts, ou, selon les Grecs, gouvernement des Héraclîdes ou des descendans èü Hercule, ou des nobles. Ceite forme de gouvernement, commune aux peuples de l’ancienne Grèce, se conserva à Sparte plus longtemps que par-
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ceux de la Saturnie, de la Crète et de l’Asie et les gouvememens desQuirites \\Rome; ou de prêtres armés dans les assemblées pu-
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TnOIS ESPÈCES DE CAUACTÈKES.
«rcZ?*esrfÿna»?s(iesAé'mçcomnieîiPeuxd()ntror/7mé’e7fl'<Yrf/î7iwe, taudis que plébéiens traités à Téf/a/ des bêtes n’avaient droit qu’aux nécessités de la vie, et ne jouissaient que de la liberté naturelle. Les troisièmes enfin sont les cjouvernemens humains; et dans ceux-ci, Yégalité de l’intelligence humaine, i\ü[ est dans Y essence de la nature humaine , rend tous les hommes égaux devant la loi. Tous les hommes y sont nés libres, dans des villes jouissant par conséquent A' nao liberté populaire, et dans lesquelles chaque titoyen exerce la force réglée par la loi , chacun d’eux étant le maître au nom de la liberté populaire. Les gouvernemens humains ont quelquefois la forme monarchique , et ce sont alors les monarques qui assujettissent avec égalité tous les hommes à la loi. Eux seuls y sont au-dessus des autres hommes, par la force des armes qu’ils tiennent en leurs mains.
Trois espèces de lansages.
Le premier langage a été mental et divin, formé düaetes tacitement religieux , ou de cérémonies sacrées ; d’où sont venues dans le droit civil des Romains les actions de la loi, au moyen desquelles les Romains réglaient toutes leurs affaires d’utilité civile. Cette langue convenait aux religions qui avaient plutôt besoin d’être respectées que comprises ; et elle était nécessaire aux peuples qui ne savaient pas encore prononcer les mots. Le second langage a été celui des entreprises héroïques. 11 a été parlé au moyen des armes, et il s’est conservé dans la discipline militaire. Le troisième langage par mots articulés est employé aujourd'hui par toutes les nations.
Trois espèces de caractères.
Les premiers caractères divins ont été appelés caractères hiéroglyphiques. Lesnations s’en servirent au commencement, et ils étaient comme des genres fantastiques dictés par ce penchant ■» vers iuniformité, dont la nature liumaine ne s’est jamais affranchie. Incapables d'abstraire les genres, les nations encore dan.s l’enfance tracèrent, k l’aide de Y imaginât ion, desportraits de cc% genres mêmes, (\vd devinrent comme des universaux poétiques,