TROIS ESPÈCES DE JÜGEMENS
miers, et Vhabîtude de conserver le secret des lois sous la sau- ' regarde de la religion subsista; si bien que ce mystère devint comme Vâme des républiques aristocratiques. Le respect des lois inspiré par la religion est le fondement de la plus rigoureuse équité civile, conservatrice des aristocraties. Les républiques populaires dont la nature est ouverte, généreuse, magnanime, comme celle de la multitude qui y commande, et où Véquité naturelle est seule connue, parurent bientôt sur la scène du monde, accompagnées des langages et des lettres vulgaires. Dès lors, les lois étant rédigées au moyen de V écriture, le secret ’ s’en trouva dévoilé, et les plébéiens de Rome ne voulurent plus souffrir ce que Pomponius appelle \ejus latens; mais ils exigèrent que les lois fussent désormais inscrites sur des tables, îi l’aide des lettres vulgaires apportées par les Grecs. Cet état de choses ouvrit la route aux monarchies dont les chefs administrent les /où selon Véquité naturelle, c’est-à-dire conformément à Vidée de la multitude, et établissent l’égalité entre les hommes puissans et les hommes faibles , ce qui ne peut avoir lieu que dans les monarchies, où Véquité civile et la raison d’état ne sont connues que du petit nombre et demeurent cachées dans le conseil du roi.
Trois espèces de jagemens.
Les premiers jugemens divins se passaient directement de l’bomme h Dieu. En l’absence des lois civiles, les pères defa^ mille se plaignaient aux dieux des injures qui leur étaient adressées; et cela s’appelait : Implorare Deorum jidem. Ils invoquaient les dieux en témoignage de leurs droits; ce qui s’appelait : Deos obtestari. Ces accusations et ces défenses ont été les premières oraisons du monde, d’où les Latins ont conservé oratio pour accusation et pour défense, comme nous le voyons dans Plaute et dans Térence, et dans la Loi des XII Tables, où il est dit ; Furto orare, et Pacto orare (non pas adorare, comme le éôi Juste Lipse) pourayere dans le premier cas, et j)0ur excipere dans le second. Les oratores, en effet, étaient ceux qui plaidaient devant les juges. Les Gentils, dans leur simplicité première, adressaient leurs idaintes aux dieux, qui de-