‹ La science nouvelleChapitre 73 sur 106 · LIV. IV. — DE LA UARCIIB DES NATIONS · texte numérisé non relu

LIV. IV. — DE LA UARCIIB DES NATIONS

justice à laquelle les héros seulsparliclpalent, c’était le fas deorum du temps où les héros s’arrogeaient le nom de dieux. C’est de là aussi que vient l’emploi du mot fatum., pour signifier l’ordre immuable des causes qui produit les choses naturelles, ordre qui n'est autre chose que le langage de Dieu ; d’où les Itorliens ont conservé le mot ordonner pour commander ou donner ^ les lois. Ce fut pour ne pas se soustraire à cette espèce d’ordre, appelé, en langage judiciaire, formule solennelle d action , que les Décemvirs se virent forcés d’appliquer une peine honteuse et cruelle au grand Horace dont l’innocence avait pourtant été proclamée, tandis que le peuple, auquel il en appela, le renvoya absous, comme nous le dit Tite-làoe .- magis admiratione virtutis, quant jure caussæ. Cette espèce de jugemens était bien nécessaire, dans le temps q\i' Achille plaçait le droit dans la force, ainsi que Plaute nous dit qu’agissent les puissans ; pactum non pactum, non pactum pactum. Aussi la Providence voulant épargner aux hommes des disputes et des violetices continuelles, décida-t-elle qu’ils tiendraient pour jwste et légitime ce qui leur aurait été présenté comme tel, au moyen des formules solennelles. Ce droit naturel des genls héroïques a souvent fourni à Plaute le sujet de ses comédies, où nous voyons des entremetteurs dépossédés de leurs esclaves par des jeunes gens qui en sont épris, et qui découvrent dans la conduite des enlremclleurs quelque infraction aux termes de la loi; de sorte que les entremetteurs, loin d’aller porter plainte, remboursent au jeune acheteur le prix de l’esclave vendue, ou bien le conjurent de se contenter de la moitié de l’amende qu’il leur faudrait payer s’ils étaient dénoncés, ou bien enfin prennent la fuite pour se soustraire aux dangers qui les menacent. Ce droit naturel et rigoureux n’élait pas seulement observé parmi les hommes ; miùs ceux-ci attribuaient aux dieux un égal respect pour les termes de la loi. Aussi voyons-nous Junon jurer k ter quelle n’a pas engagé Nephme à déchaîner la tempête contre les Troijens, parce qu’en elfet elle en a fait parler par l’entremise du dieu Somno; Mercure, caché sous les tt'aits de Sosie, dit à Sosie lui-même que s’il le trompe il consent ii avoir Mercure pour son ennemi. Si nous voulons supposer que Plaute se plaît ù recommander par l’exemple des dieux, les faux sermçns à ses

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