AUTRES PREUVES
Tirées dn mélange des constltntlons des répnbliqaes de la seconde espèce, avec les gonvernemens des premières.
Nous avons démontré avec évidence que la vie des nations s’écoule k travers trois espèces de républiques ou d'états civils qui prennent leur source dans les gouvememens divins; ce sont les républiques des nobles, les républiques popidaires et les monarchies; ce qui fit dire k Tacite, qu’en dehors de ces trois formes d'états publics ordonnés par la nature des peuples, il n’y avait de possibles que certains mélanges de ces divers gouvernemens opérés par les hommes eux-mêmes, et qu'il était plus naturel de souhaiter ces mélanges qu’il n’était raisonnable d’e.spérer qu’ils se réalisassent d’une manière durable. Plus
mi^lànge des constitutions. 555
heureux que Tacite, nous prouverons que dans celle succession, d'états politiques ou civils, les républiques confondent souvent leurs institutions; cl quoiqu’elles n’adoplcnl pas deux /onwes opposées qui rendraient monstrueux l’assemblage, elles allient souvenues fonnes imwelles aux (jouvernemens anciens; car, avons-nous dit dans les axiomes, tout en subissant la loi de transformation, les hommes obéissent pendant quelque temps à ta tyrannie des premières habitudes.
Ainsi, nous dirons que si les premiers pères des Gentils ont conservé leur férocité natice en passant de la vie brutale à la vie civile, les pères de famille ont gardé dans les premières républiques aristocratiques leur empire souverain et privé tel qu’il était dans Vétalde nature ;el \cuT07'gueil ne leur permettant pas de se sotanettre les uns aux autres, ils ont maintenu leur égalité en se censtiluant en une aristocratie, et en s’assujettissant à Y empire souverain et public de leur ordre même. La haute domination privée de chaque père de famille servit à comj)Oscr la haute domination publique des sénats, tandis que la puissance souveraine et privée exercée par les pères sur leurs familles donna naissance à la puissance souveraine et civile de ces mêmes ordres. Il est impossible d’expliquer comment les familles ont formé les cités, si l’on refuse d’admettre que tout en SC constituant en républiques aristocratiques, les cités conservèrent quelques restes de l’empire souverain des pères de faîiiille. Aussi longtemps que le pouvoir demeura (grâce aux ordres régnans) aux mains des pères, aussi longtemps que les 'jo/ebéiens se virent exclus de tous les droits attachés h la propriété des champs, du droit de connubium cl de parvenir soit au sacerdoce et par là à la science des lois, soit aux dignités civiles et militaires, les républiiiues demeurèrent aristocratiques. Mais lorsque \ciplébéiens, devenus plus nombreux et aguerris, menacèrent et elTniyèrenl les pères, lorsqu’ils promulguèrent des lois sans la participation du sénat, \es, républiques cessèrent bientél d’étre arislocratiques cl devinrent populaires; car elles ne 1K)Uvaienl contenir un seul instant deu.x puissances souveraines et législatrices, sans distinction de sig'efs, de temps cl de tendtoire. Aussi la loi Plublilia du dictateur Philon ne lit que constater que la république romaine était devenue populaire
Di. = , ■ îor, >Ie